Crevette grise et bouquet

Pandalus borealis

Crangon crangon

Palaemon serratus / Pandalus montagui


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  • Atlantique Nord-Est, des côtes norvégiennes à celles d’Afrique occidentale
  • Filet
  • Chalut de fond
  • Chalut à perche
  • Casier

 


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Dernière mise à jour : juillet 2018

 

Les crevettes grises et bouquets trouvent toujours leur place sur la table des consommateurs français et belges même si elles ont été dépassées (en termes de volume commercialisé) par les crevettes tropicales (voir fiche suivante). Par ordre d’importance, en termes de volumes commercialisés en France, citons :

 

Pandalus borealis, petite crevette de pêche des eaux arctiques, également pêchée en mer du Nord en hiver et dans les eaux plus profondes. Cette crevette est rose à l’état naturel ;

Crangon crangon, crevette grise capturée sur le littoral de la Manche et en mer du Nord ;

Palaemon serratus, c’est le « bouquet » pêché le long du littoral français, anglais et irlandais ;

Pandalus montagui, pêché artisanalement au Royaume-Uni.

 

 

 

Crevettes de pêche

Toutes ces espèces sont issues de la pêche, aucune ne fait l’objet d’élevage.

 

• Pandalus borealis arctique, qui vit à des profondeurs variant de 20 à 1 300 mètres, est capturée au chalut de fond. Les stocks de l’Atlantique Nord (Est et Ouest) de Pandalus borealis sont exploités à un niveau durable. Les scientifiques recommandent aux pêcheurs de ne pas accroître l’effort de pêche et de diminuer les rejets. Des efforts de sélectivité (grille sélective) ont été mis en place dans la zone du Skagerrak depuis février 2013. Cette espèce est principalement pêchée au Canada avec 127 135 tonnes débarquées en 2015, où les efforts de sélectivité permettent également de réduire les prises accessoires d’espèces non désirées.

• Crangon crangon est principalement capturée en mer du Nord par les pêcheurs allemands, néerlandais et danois par des chalutiers à perche ou par des pêcheurs à pied munis de haveneaux. Ces trois pays sont responsables de plus de 90 % des captures européennes qui s’élèvent à 36 677 tonnes en 2015. Les bateaux belges débarquent 1 100 tonnes annuelles dont 650 tonnes sont débarquées aux Pays-Bas. En raison d’une forte demande du marché belge, 3 000 tonnes supplémentaires sont importées depuis les Pays-Bas. En Belgique, on estime que les prélèvements par la pêche récréative à pied sont aussi élevés que ceux de la pêche professionnelle. En octobre 2014, les scientifiques ont conseillé la mise en oeuvre d’un plan de gestion en mer du Nord de Crangon crangon avec le besoin d’une réduction de l’effort de pêche afin d’assurer une exploitation maximale durable de la ressource. En 2017, ce plan de gestion n’a toujours pas été mis en place par les autorités, tandis que l’effort de pêche continue d’augmenter. L’état du stock de Palaemon seratus, pêché le long du littoral français, n’est pas connu. 246 tonnes ont été débarquées par la flotte française en 2016. Certaines mesures de gestion sont mises en place localement : fermeture saisonnière en Irlande, licence de pêche spécifique au Royaume-Uni, engins sélectifs en France…

 

Des crevettes voyageuses

Après leur capture dans les mers du Nord, une partie des crevettes sont envoyées dans les pays du Maghreb pour y être décortiquées avant d’être conditionnées dans les pays du Nord de l’Europe. 

 

Insatiable appétit

La consommation de crevettes a explosé au cours des dernières décennies, alors que les productions d’élevage de crevettes se développaient dans les zones subtropicales et que les cours mondiaux de cette denrée de luxe chutaient remarquablement.
En parallèle, la disponibilité de cette nouvelle matière première a stimulé l’imagination et le savoir-faire des industriels français et belges qui, aujourd’hui, proposent des gammes complètes de produits incorporant ces crustacés. Entière, crue ou cuite, décortiquée, en queue décortiquée, en brochette, marinée ou fumée, ou encore en sauce, la crevette se décline de mille et une façons.

 

 

 

À RETENIR

  • Les stocks de Pandalus borealis sont exploités à un niveau durable. L’achat de cette espèce peut être recommandé. 
  • La crevette Crangon crangon est actuellement surexploitée. Évitez sa consommation.
  • Les données manquent pour évaluer l’état des stocks de Palaemon seratus. À consommer avec modération.
  • Onze pêcheries de crevette nordique (P. borealis, P. jordani et P. montagui) sont certifiées MSC : trois canadiennes, une estonienne, une groenlandaise, une danoise, une aux Îles Féroé, une suédoise, une américaine (Oregon) et deux norvégiennes.

À SAVOIR

Les pratiques de production, et notamment les critères de durabilité, varient grandement d’une pêcherie à une autre, et ce, au niveau mondial.

En Europe, les bateaux côtiers sont soumis aux règles de la Politique Commune de la Pêche et sont équipés d’engins sélectifs. En France, sur les côtes normandes et dans les estuaires de la côte Atlantique, les captures de crevette grise ne sont autorisées au chalut dans cette zone qu’avec un chalut sélectif qui laisse échapper les juvéniles et limite les prises accessoires à 35 % du poids total des prises.

 

 

Les pêcheurs flamands cuisent directement les crevettes pêchées à bord de façon traditionnelle.