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Dernière mise à jour : août 2018

 

 

Gilles Bernard

Animateur de l’association des ligneurs de la Pointe de Bretagne (Seafood Champion 2009)

 

 

En 1993, quelques pêcheurs, confrontés à la montée en puissance progressive de l’aquaculture méditerranéenne et menacés par l’irruption sur leurs pêcheries traditionnelles de grands chalutiers, prennent l’initiative d’une démarche collective.

 

Refusant la disparition annoncée de leurs pêcheries traditionnelles, ils décident de se démarquer auprès du consommateur en s’imposant sur le segment très particulier de la restauration festive.
Les ligneurs de la Pointe de Bretagne sont près de 200, répartis sur l’ensemble des côtes bretonnes. Ils ciblent une espèce principale, le bar et quelques espèces accessoires : dorade, lieu jaune et merlan.

Ils ne pêchent qu’à la ligne et aux palangres et naviguent le plus souvent seuls à bord de leur bateau qui doit faire moins de 12 mètres. Les poissons font l’objet d’un marquage individuel à vocation commerciale et plus de 500 000 poissons sont identifiés chaque année pour un chiffre d’affaires de l’ordre de 10 millions d’euros.


« La démarche des ligneurs ne doit pas être une affaire d’argent mais une affaire de coeur. Vouloir gagner sa vie au XXIème siècle avec un bout de fil et quelques hameçons est en soit une gageure, et faire ce choix, c’est inscrire sa démarche dans un rapport intime avec la nature : ne rien prendre à la mer qu’elle ne veuille nous donner. »


Le collectif ne se satisfaisant pas de dénoncer les abus, il met en place ses propres efforts de gestion : arrêt biologique de 45 jours non indemnisés pendant la période de frai.
Ce collectif rapproche les pêcheurs entre eux, mais rapproche aussi le producteur du consommateur : grâce à cette étiquette fixée à l’ouïe du poisson, le consommateur accède en trois clics sur internet à une information complète lui permettant de savoir QUI a pêché le poisson, OÙ et COMMENT.


L’association s’est délibérément placée hors du domaine du fonctionnement aidé, et hormis le cas d’investissements lourds tels que la conception du site internet, les pêcheurs assument seuls le coût de leur démarche. « La démarche produit aujourd’hui ses effets, et alors que les effectifs de petite pêche déclinent, la corporation des ligneurs renforce régulièrement ses effectifs. Le collectif est plus fort que l’individuel. »

 

« Pendant des années encore, les ligneurs devront se battre pour que les idées avancent, pour que petit à petit la raison l’emporte.
Il est important que la gestion soit adaptée à la dimension de la flotille et soit basée sur de bonnes pratiques. La petite pêche permet une régulation naturelle : si le stock va mal, le pêcheur n’y va pas. De plus, être organisé en collectif permet une auto-régulation entre pêcheurs : chacun respecte naturellement les règles de l’association ; le regard des collègues est plus fort que tout contrôle. »