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Dernière mise à jour : juillet 2018

 

Les engins de pêche actifs

 

 

• Les engins traînants: les chaluts

Le chalutier traîne un chalut (filet en forme d’entonnoir fermé). Il existe des chaluts remorqués par un seul navire, et d’autres tractés par deux chalutiers (en boeufs). Lorsque le chalut a été tracté pendant une durée suffisante, il est sorti de l’eau (« viré ») ; la poche contenant le poisson capturé est ensuite vidée sur le pont ou dans la cale du bateau. Deux chaluts peuvent aussi être tractés par un seul chalutier ; on parle dans ce cas de chaluts jumeaux.

 

Impacts potentiels des chaluts sur l’environnement :

- capture des individus de trop petite taille appartenant aux espèces cibles ;

- capture d’organismes marins de petite taille et d’espèces non ciblées ;

- les animaux capturés au début du trait de chalut peuvent être écrasés dans le cul du chalut et ne plus être commercialisables (perte).

 

Impacts potentiels des chaluts en contact avec le fond marin :

- détérioration des fonds marins et destruction des habitats selon leur nature plus ou moins sensible ;

- dégradation et prélèvement d’organismes marins sédentaires tels que les algues, les coraux.

 

• Le chalut de fond

 

Le chalut de fond est couramment utilisé pour la pêche au large. Il capture l’ensemble des espèces présentes sur et à proximité du fond.

Espèces cibles : cabillaud, lieu, églefin, merlan, poissons plats (chalut à panneaux et chalut tracté en boeufs) ; langoustine et crevette (double chalut/chaluts jumeaux).

 

Certains efforts ont déjà été réalisés pour atténuer les impacts du chalut de fond sur l’environnement : la taille du maillage peut être augmentée ; des dispositifs sélectifs d’échappement des captures non désirées (panneaux en mailles carrées, grilles, nappes séparatrices...) sont utilisés ; la forme et l’ouverture du chalut peuvent être modifiées afin de limiter le nombre de captures de trop petite taille. Des matériaux plus légers peuvent être utilisés dans la fabrication des chaluts, les panneaux divergents qui permettent d’ouvrir le chalut horizontalement peuvent être optimisés pour limiter l’impact sur les fonds et économiser du carburant. Le « bourrelet », qui traîne sur le fond peut être doté de disques en caoutchouc afin de réduire son impact physique sur le fond et permettre à certaines espèces benthiques non ciblées d’échapper à la prise.
La pêche au chalut de fond au-delà de 800 mètres de profondeur est interdite en Europe en raison de son impact sur les écosystèmes fragiles des grands fonds.

 

 

 

 

• Le chalut pélagique

Le chalut pélagique est utilisé pour pêcher les espèces qui vivent en pleine eau.

Espèces cibles : hareng, maquereau, bar, anchois, sardine…

 

Chalut pélagique et chalut de fond : l’électronique et les sondeurs permettent aux pêcheurs d’être plus précis dans les captures. Ils peuvent ainsi cibler plus précisément les bancs de poissons et éviter les prises accessoires. Ils peuvent également jouer sur la longueur de câbles ou sur la vitesse du navire. Les chaluts sont conçus en fonction des espèces ciblées et des lieux de pêche. Les poissons sont soit conditionnés dans des bacs avec de la glace en écailles et stockés en cale réfrigérée, soit conservés dans des cuves réfrigérées à l’eau de mer pour être ensuite transformés à terre, soit transformés et congelés en mer dans le cas de bateaux de pêche hauturière adaptés.

 

 

• Le chalut à perche

Le chalutier tire un chalut (filet en forme de sac) de chaque côté du bateau. Ce chalut est fixé sur une armature rigide, la perche. Celle-ci maintient l’ouverture horizontale et verticale du chalut. Les chaluts sont lestés pour assurer le contact avec le fond.
Les chaînes de l’engin remuent le sable devant le chalut, et soulèvent le poisson pour le capturer.

Espèces cibles : poissons plats (tels que la plie, la sole), crevette grise…

 

De nouvelles méthodes sont à l’essai et visent à réduire l’impact de la pêche au chalut à perche. Les nouvelles perches sont munies de roues et sont en forme de voilure hydrodynamique (à la place du tube en acier originel) afin de réduire les raclements sur le fond. Les mailles sont réorientées et favorisent ainsi la fuite des poissons non ciblés.

 

 

 


Pêche électrique

 

Interdite depuis 1998 par l’Union européenne, la pêche électrique a fait l’objet de vifs débats en 2017 et 2018.
La pêche électrique a été autorisée en 2007, à titre expérimental, en mer du Nord pour les chaluts à perche, à hauteur de 5 % de la flotte de chaque pays membre de l’UE. Les Pays-Bas et la Belgique ont ainsi équipé leurs bateaux afin de développer et tester en milieu réel cette méthode de pêche.


La Commission pêche du Parlement européen, réunie afin de faire évoluer cette réglementation à la demande des Pays-Bas, a voté le 21 novembre 2017 en faveur d’un développement de la pêche électrique en Europe en proposant d’établir un seuil de 5 % de pêche électrique pour tous les types de pêche (et non plus seulement pour les chaluts à perche) dans toutes les eaux européennes (et non plus seulement en mer du Nord). De surcroît, au bout de quatre ans, la limite de 5 % serait levée, si les études ne démontrent pas un effet délétère pour les écosystèmes.


Cette proposition a fait l’objet d’une importante mobilisation (ONG et professionnels). Le texte a été examiné en séance plénière par le Parlement européen le 16 janvier 2018. Les députés ont rejeté cette proposition et ont majoritairement voté en faveur de l’interdiction de cette pratique de pêche (402 voix favorables, 232 contre, 40 abstentions).


La prochaine étape sera la confirmation de cette interdiction, au moment de la réunion du trilogue associant Parlement, Commission et Conseil des Ministres.


Une technique qui suscite de nombreuses interrogations

 

• Les avantages.

Cette technique utilisée pour les poissons enfouis dans les sédiments, tels que la sole, permet, en envoyant de légères décharges électriques, de débusquer les poissons sans avoir à racler le fond des océans. Les chaluts à perche, utilisés majoritairement en mer du Nord, ont en effet un impact environnemental très néfaste sur les fonds marins.
L’utilisation de cette technique permet également de réduire de moitié la consommation de carburant des navires de pêche.

 

• Les inconvénients.

L’impulsion électrique utilisée dans le milieu marin pourrait avoir des impacts irréversibles sur la faune marine, en particulier sur les juvéniles et larves de poisson. Elle entraîne également des blessures sur les poissons pêchés. Les scientifiques du CIEM (Conseil International pour l’Exploration de la Mer) mettent en avant le principe de précaution et poursuivent leurs travaux pour évaluer l’impact à long terme de la pêche électrique sur les écosystèmes marins. Ils estiment que l’utilisation d’engins de pêche électrique est potentiellement dommageable à l’environnement et nécessite des recherches pour évaluer les impacts sur les espèces ciblées et non ciblées, ainsi que sur l’écosystème associé. Le CIEM recommande de ne pas étendre l’utilisation du chalut à perche électrique en dehors des zones et des pêcheries actuellement autorisées.


 

 

• Les sennes de fond danoise et écossaise

Il s’agit d’engins proches d’un chalut de fond mais caractérisés par l’immersion de cordages de grande longueur (au moins 2,5 km de chaque côté) qui assurent le rabattage du poisson vers l’ouverture du filet. Le bateau tracte le filet à l’arrêt ou à plus faible vitesse qu’un chalut de fond.

La différence entre les sennes danoise et écossaise réside dans le virage effectué sur un point fixe pour la senne danoise, à la seule force des treuils, alors que pour la senne écossaise, le virage se fait avec le navire en marche avant.

Espèces cibles : démersales telles que le grondin, le rouget ou le mulet.

 

Impacts potentiels des sennes de fond sur l’environnement :

- capture des individus de trop petite taille appartenant aux espèces cibles ;

- capture d’organismes marins de petite taille et d’espèces non ciblées ;

- détérioration des fonds marins et destruction des habitats selon leur nature plus ou moins sensible ;

- dégradation et prélèvement d’organismes marins sédentaires tels que les algues, les coraux.

 

 

Ces engins sont caractérisés par la qualité des poissons capturés et par leur faible consommation de carburant. Leur inconvénient principal est l’occupation d’un espace important lors de l’opération de pêche.

 

 

 

• La senne tournante non coulissante

La senne tournante non coulissante est constituée d’une nappe de filet de faible maillage mais de grande résistance, prolongée aux extrémités par des ailes. Ce type de filet, dont la poche centrale est en forme de cuillère, permet de retenir le poisson le temps que les deux ailes soient hissées simultanément à bord.

Espèces cibles : sardine, anchois, thon...

 

 

• La senne tournante coulissante

Elle est appelée « bolinche » sur la côte Atlantique. Les poissons sont encerclés par un filet, pouvant atteindre plusieurs centaines de mètres de long. La base du filet est fermée pour former une « poche » où les poissons sont capturés. Cette méthode permet de capturer de grandes quantités de poissons.
La senne tournante coulissante est également utilisée pour capturer les thons rouges vivant en mer Méditerranée ; ils sont ensuite placés en cage d’engraissement (embouche). Dans l’océan Indien, les thons rouges capturés sont destinés à la congélation.
Espèces cibles : thon, hareng, maquereau... 

 

Impacts potentiels des sennes tournantes sur l’environnement :

- capture accidentelle d’espèces non ciblées, en particulier les mammifères marins, les tortues et les requins ;

- capture des individus de trop petite taille appartenant aux espèces cibles.

 

 

Des observateurs scientifiques à bord des thoniers étudient différents moyens pour diminuer les prises accessoires (requins, dauphins…) : trappe d’échappement, répulsif acoustique ou remise à l’eau (guide de bonnes pratiques) pour augmenter les chances de survie des individus.

 

• Les dragues

Des filets en forme de poche sont fixés à une armature métallique en croisillons. La barre de traction peut comporter jusqu’à quatorze poches fixées. Deux barres peuvent être tractées derrière ou sur les côtés d’un bateau.
Pour les coquillages posés sur le fond (coquilles Saint-Jacques), la barre de dragage est équipée d’une lame formant un racloir. Pour les coquillages enfouis, la barre est munie de dents métalliques qui ratissent le fond et font sortir les coquillages du sable ou du gravier. Les coquillages sont capturés dans la poche. La drague est soulevée au palan puis vidée sur le pont.

Espèces cibles : coquille Saint-Jacques, palourde, praire...

Impacts potentiels des dragues sur l’environnement :

- capture d’organismes marins de petite taille et d’espèces non ciblées ;

- le poids de l’engin entraîne un contact brutal avec le fond marin et la détérioration des fonds. Plus les dragues sont lourdes, plus l’impact sur le fond est important ;

- les dragues sont filées et virées au treuil. Elles sont assez dangereuses à utiliser en raison de leur poids et de la résistance qu’elles offrent en présence d’obstacles. Les plus récentes sont munies de ressorts.

 

 

Les efforts portent sur l’emploi de nouvelles dragues sans dents, qui réduisent l’impact de l’engin sur les fonds marins.