Pangasius | Guide des espèces

Pangasius

Pangasius hypophthalmus

Pangasius bocourti


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  • Asie du Sud-Est
  • Cage flottante
  • Étang
  • Enclos

 


Dernière mise à jour : juin 2020

 

 

Le pangasius (poisson d’eau douce), appelé couramment « panga » chez les poissonniers ou sur la carte des restaurateurs, est un poisson d’élevage de l’ordre des siluriformes, originaire du Mékong principalement. Il appartient à la famille des poissons-chats.

Deux espèces distinctes sont importées et commercialisées sous cette dénomination :

 

• Pangasius bocourti aussi appelé « Basa », élevé en cage flottante dans le delta du Mékong, est historiquement l’espèce la plus importante ;

• les progrès de la recherche aquacole (disponibilité en alevins, amélioration des caractéristiques de la chair) sur  Pangasius hypophthalmus appelé « Tra », à la croissance plus rapide que « Basa », ont stimulé le développement de l’élevage intensif de cette espèce, aujourd’hui première espèce exportée par le Vietnam.

 

 

Un prix compétitif

La production vietnamienne de Tra et de Basa est en moyenne de 1,18 million de tonnes annuelles. A l’échelle mondiale, la production de pangasius a atteint un record en 2017, avec 1,85 million de tonnes.

En Europe, en raison de son prix compétitif, cette famille d’espèces a pénétré le marché (259 000 tonnes de filets congelés importés en 2015) au détriment de la perche du Nil, du lieu noir et d’autres poissons offrant des filets bon marché. Les importations ont cependant diminué ces dernières années au sein de l´Union européenne (105 320 tonnes en 2016 contre 215 000 tonnes en 2010 (51,5 %). Cette diminution a été la conséquence des préoccupations concernant le cycle de production du pangasius et la pollution dans les piscicultures au Vietnam. Les poissons-chats qui arrivent sur nos tables sont perçus comme des alternatives aux traditionnels poissons blancs de mer souffrant de surexploitation. Avec le succès de l’exportation de panga, de nouveaux pays s’intéressent également à l’élevage de cette espèce : l´Inde et l’Indonésie ont produit respectivement 540 000 tonnes et 110 000 tonnes en 2018. La demande croissante en Chine ainsi que la proximité géographique a favorisé l’entrée du produit vietnamien sur le marché chinois ces dernières années. 

 

 

Un élevage intensif

Les pratiques ancestrales des Vietnamiens du Delta du Mékong consistaient à capturer des juvéniles dans le milieu naturel, à les placer en étang, en rivière délimitée par des filets ou dans des cages flottantes sous les habitations lacustres et à les nourrir de déchets organiques et d’aliments fabriqués artisanalement. Aujourd’hui, les techniques modernes d’élevages intensifs assurent la production d’alevins en écloserie. Un à deux mois après éclosion, quand ils mesurent environ 3 cm, les alevins sont transférés dans des fermes d’élevage dans des bassins profonds (4 mètres) de densité élevée en poissons. Ils sont alors nourris à base d’aliments industriels (granulés composés). Ces espèces à forte croissance peuvent mesurer 1,3 mètre et peser jusqu’à 44 kg. Ils sont cependant commercialisés dès l’âge de 6 mois (Tra) ou de 1 an (Basa) lorsqu’ils pèsent entre 1 et 2 kg. 

 

 

Succès de l'élevage

La toute première reproduction en captivité de P. bocourti intervient en 1995 au Vietnam dans le cadre d’un programme de coopération scientifique mené par le CIRAD (Centre de recherche agronomique pour le développement), l’IRD (Institut de recherche pour le développement), l’Université agronomique de Thu Duc, l’Université de Can Tho et l’entreprise semi-publique Agifish. Appliquée à l’espèce Pangasius hypophthalmus, la filière a été totalement révolutionnée, avec l’explosion de la production.

 

 

Enjeux pour l’industrie vietnamienne

L’explosion de la production de l’élevage du pangasius dans un pays aux normes environnementales, sociales et sanitaires différentes des normes européennes, alimente les inquiétudes chez les acteurs du marché. Les autorités vietnamiennes ont compris les enjeux de cette nouvelle industrie et souhaitent promouvoir de nouvelles pratiques dans ce secteur en pleine croissance : le strict respect des conditions sanitaires et les pratiques d’élevage permettant un développement durable en font partie. Aujourd’hui, les méthodes diffèrent d’une ferme d’élevage à une autre. Certaines d’entre elles se rapprochent des standards européens en matière de développement durable. 

 

 

En Belgique, 7 775 tonnes de pangasius sont importées chaque année dont 93 % surgelées et 7 % frais, transportées par avion. Plus de la moitié est ensuite réexportée après transformation (4 300 tonnes).

 

 

Filet bon marché

Le pangasius est disponible en France et en Belgique sous forme de filet sans peau décongelé ou frais. Des produits plus élaborés commencent à apparaître (filets panés, filets enrobés). Importée aux alentours de 2,30 euros/kg (filet), cette espèce occupe la niche bon marché de l’univers des produits aquatiques.

 

 

Certification des fermes d'élevage de panga

Le programme privé de certification des productions agricoles et aquacoles Global G.A.P. garantit aux acheteurs professionnels le respect de méthodes de production minimisant les impacts sur l’environnement, la faible utilisation de produits chimiques et l’attitude socialement responsable des producteurs. Actuellement, plus de 40 fermes d’élevage de pangasius au Vietnam sont certifiées GLOBALG.A.P. et 43 fermes d’élevage au Vietnam sont certifiées ASC (Aquaculture Stewardship Council). La certification ASC est issue des dialogues initiés par le WWF avec les parties prenantes (producteurs, exportateurs et pouvoirs publics). La certification GLOBALG.A.P. s’adresse aux acheteurs professionnels (B-to-B : Business to Business) tandis que le logo ASC atteint également le consommateur final (B-to-C : Business to Consumers). 
La certification Global G.A.P. s’adresse aux acheteurs professionnels (B-to-B : Business to Business) tandis que le logo ASC atteint également le consommateur final (B-to-C : Business to Consumers).

 

 

 

En France et en Belgique, pangasius, clarias et silures sont  les espèces de poissons-chats les plus fréquentes sur nos marchés. Elles se caractérisent par leur régime omnivore, leur excellent  cœfficient de conversion nourriture/poids, et la grande variété  de leurs systèmes d’élevage.

 

 

 

 

 

À RETENIR

  • Les éleveurs de pangasius ont pleinement profité du phénomène de mondialisation qui rapproche les produits bon marché de lointains marchés très demandeurs. Quelques années après son introduction en Europe, cette espèce est aujourd’hui largement diffusée.
  • Le pangasius offre une alternative aux espèces marines surexploitées mais faites connaître à vos fournisseurs vos exigences en matière de durabilité.
  • Du pangasius produit au Vietnam certifié Global G.A.P. ou ASC est disponible sur le marché.

À SAVOIR

Mille poissons-chats

Les scientifiques ont à ce jour recensé plus de 2 700 espèces appartenant à l’ordre des Siluriformes (poissons-chats). D’eau douce ou d’eau de mer, ces poissons se caractérisent par la présence de barbillons autour de la bouche. Les principales familles d’intérêt commercial au niveau mondial sont les Pangasiidae, les Ictaluridae, les Clariidae, et les Siluridae.