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Dernière mise à jour : juillet 2018

 

LES REJETS

Entre 2004 et 2013, les rejets de merlan étaient très importants et avoisinaient en volume et poids les captures qui étaient effectivement commercialisées et consommées. Les rejets sur cette espèce sont interdits depuis le 1er janvier 2016.
À ce jour, les mesures techniques de conservation de la ressource comprennent une taille minimale de commercialisation fixée à 23 cm dans les zones Skagerrak, Kattegat et Sound, et à 27 cm dans les autres zones.

 

Les navires de pêche européens rejettent une partie non négligeable des poissons, crustacés et mollusques qu’ils capturent, soit parce que ces prises ne sont pas ou plus autorisées (quota atteint), soit parce que ces animaux sont sous la taille légale de commercialisation, soit parce qu’ils n’ont, aux yeux des pêcheurs pas assez de valeur marchande, ou tout simplement parce qu’ils sont impropres à la consommation.

 

Ces animaux rejetés entiers à la mer n’ont que peu de chance de survie. Certains navires en rejettent plus que d’autres (les chalutiers de fond rejettent plus que les fileyeurs, et ces derniers plus que les ligneurs), même si aucune pêcherie n’en est exempte. Si le fait est avéré, sa quantification est difficile (en France, il existe des campagnes d’observateurs embarqués). D’après une étude de 2005 publiée par la FAO, les rejets dans l’Atlantique Nord étaient estimés à plus de 1,3 million de tonnes par an, soit 13 % du volume des prises. En 2008, une étude évaluait à 7,3 millions de tonnes par an les rejets moyens au cours de la période 1992-2001 au niveau mondial, soit en moyenne 8 % des prises mondiales. 

 

La Politique Commune de la Pêche en Europe (votée en 2013) interdit désormais les rejets en mer et impose le débarquement de toutes les captures des espèces soumises à quotas.

 

• Depuis le 1er janvier 2014, les rejets sont interdits (avec une tolérance de 5 % de la capture totale) pour les espèces pélagiques (maquereau, hareng, anchois, sardine…) et les espèces de grands fonds (grenadier, sabre noir…).

• Depuis le 1er janvier 2015, lles rejets sont interdits pour le cabillaud et la sole.

• Depuis le 1er janvier 2016, ils sont interdits pour la plie, le turbot, le flétan, le merlu (Atlantique) et le merlan.

• Depuis le 1er janvier 2017 ils sont interdits pour la langoustine, l’églefin, le lieu jaune, la baudroie ainsi que pour le merlu et le rouget de vase de Méditerranée.

•Depuis le 1er janvier 2018, les plans de rejets par pêcheries et zones ont été définis pour l’ensemble des autres espèces soumises à quotas ou aux tailles minimales.

 

L’obligation de débarquement est appliquée pêcherie par pêcherie. Les modalités de mise en oeuvre englobent les espèces couvertes, les dispositions relatives aux informations de captures, les tailles minimales de référence de conservation et les dérogations (poissons capables de survivre après le rejet en mer et autorisations de minimis dans certaines conditions). La gestion des quotas est également adaptée afin de remplacer les quotas de débarquement (espèces ciblées sans rejets) par des quotas de captures (toutes espèces capturées dont les prises accessoires non rejetées).

 

L’amélioration de la sélectivité des engins de pêche va devenir un enjeu clef pour limiter ces rejets. Il faudra développer de nouveaux systèmes de stockage sur les bateaux ainsi que de nouveaux systèmes de transformation de ces produits à terre.