Sébaste

Sebastes mentella

Sebastes norvegicus


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  • Atlantique Nord-Est
    • Zone septentrionale baignant la Norvège
    • Islande
    • Groenland
  • Chalut de fond
  • Filet maillant
  • Palangre
  • Senne
  • Ligne 

 


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Dernière mise à jour : juillet 2018

 

Deux espèces très proches mais cependant différentes sont appelées « sébaste » : Sebastes norvegicus et Sebastes mentella. Chez les individus de grande taille, la robe de S. norvegicus est plutôt orangée quand celle de S. mentella est plus rouge franc. Ces deux espèces fréquentent les eaux froides du Nord de l’océan Atlantique. Sebastes norvegicus se retrouve entre 100 et 500 mètres de profondeur tandis que Sebastes mentella fréquente les eaux entre 300 et 1 400 mètres de profondeur.
Ce sont des poissons à croissance lente et de remarquable longévité. Ils atteignent leur maturité sexuelle lorsqu’ils mesurent entre 38 et 41 cm et peuvent vivre plus de 60 ans. Les plus gros individus de S. norvegicus (la plus grosse des deux espèces) peuvent atteindre 15 kg pour 1 mètre de long. Ces caractéristiques biologiques les rendent sensibles à toute surexploitation.

 

Le sébaste est vivipare. Les oeufs sont fertilisés et se développent dans le corps de la femelle. L’accouplement a lieu en septembre - octobre et les jeunes naissent entre avril et juillet. Ils mesurent alors environ 7 mm.

 

 

Sébaste n’est pas rascasse

Un sébaste n’est pas une rascasse. Cependant, la tentation est forte pour les restaurateurs de faire passer ce poisson du Grand Nord, le sébaste, pour la perle de la Méditerranée, la rascasse. La réglementation en matière d’appellation commerciale est claire. Sur les étiquettes des poissonniers et les menus des restaurateurs, le sébaste peut être « grand », « petit », ou encore être appelé « dorade », mais si on souhaite l’appeler « rascasse », seule S. mentella est concernée et l’appellation doit mentionner « rascasse du Nord ».

 

 

 

De petite taille, le sébaste est la plupart du temps commercialisé entier, ou parfois sous forme de filet, frais ou surgelé.

 

 

Forte pression de pêche

S. norvegicus et S. mentella font l’objet d’une capture ciblée par des chalutiers de pêche fraîche ou des chalutiers surgélateurs. Les juvéniles sont ciblés par les filets maillants et les lignes dans les fjords et baies côtières. Depuis une dizaine d’années, les stocks de ces deux espèces subissent une forte pression de pêche qui les a affaiblis. On pêche en moyenne 60 000 tonnes annuelles de S. norvegicus et 60 000 tonnes de S. mentella en Atlantique Nord-Est.
La pêche illégale de sébastes est estimée à 20 % de son commerce, soit entre 20 000 et 25 000 tonnes.

 

Dans les eaux sous juridiction européenne, il n’y a pas de taille minimale de capture.
Les Norvégiens appliquent une taille commerciale minimale de 32 cm et depuis janvier 2006, la taille des mailles des filets doit être égale ou supérieure à 120 mm.

 

 

Sébastes du Nord en danger

Dans les eaux de la mer de Norvège et de la mer de Barents :

 

• Le CIEM estime que les mesures mises en place pour la protection des juvéniles de Sebastes mentella sont efficaces. Il préconise, dans le cadre d’une approche de précaution, que les prises 2018 soient de 32 658 tonnes (34 000 tonnes débarquées en 2016).

• En revanche, les scientifiques du CIEM recommandent une fermeture de la pêcherie de Sebastes norvegicus dont le stock de reproducteurs est fortement affaibli en raison d’un effort de pêche trop intensif (3 600 tonnes débarquées en 2015).

 

Dans les eaux autour de l’Islande, au large des côtes du Groenland :

 

• Les scientifiques distinguent trois stocks de S. mentella dans la mer d’Irminger en fonction de leur profondeur (pélagique profond, pélagique de surface, talus continental islandais). L’état de ces stocks est globalement dégradé :

  • pour le stock pélagique profond, les captures, qui s’élevaient à 27 000 tonnes en 2015, doivent être réduites au maximum. Le stock est en déclin et surpêché depuis 1993. Les scientifiques recommandent l’arrêt total des captures ainsi que la mise en place d’un plan de gestion. La Russie fixant ses quotas unilatéralement, le quota total sur ce stock est trois fois plus élevé que les recommandations de la NEAFC (Organisation régionale de gestion de la pêche en Atlantique Nord-Est) ;
  • les prises du stock du pélagique de surface ont été suspendues, conformément aux recommandations des scientifiques depuis 2010. La Russie a cependant établi ses propres quotas pour continuer de pêcher dans cette zone (5 600 tonnes pêchées en 2015) ;
  • les prises du talus islandais sont limitées à 12 922 tonnes en 2017. L’état du stock est inconnu mais la biomasse est globalement stable depuis 2003.

• Le stock de S. norvegicus d’Islande et Groenland jouit d’une pleine capacité de reproduction et la biomasse est en augmentation depuis 2005. L’effort de pêche est compatible avec le Rendement Maximum Durable. Les scientifiques recommandent des prises de 50 800 tonnes pour 2018 (59 700 tonnes débarquées en 2016).

 

Depuis 2009, la Belgique ne bénéficie plus de quota de sébastes mais en importe chaque année près de 1 125 tonnes dont 58 % provenant d’Islande.

 

 

 

À RETENIR

  • Souvent appelé à tort « rascasse » en raison de leur ressemblance, le sébaste a ses qualités propres. Sa chair est bien blanche et une cuisson juste révèle sa fermeté.
  • Les différents stocks des deux sébastes sont exploités intensivement depuis les années 80. Les stocks de S. mentella semblent plus fragiles que ceux de S. norvegicus.
  • S. norvegicus d’Islande et Groenland et S. mentella de Norvège et mer de Barents peuvent être consommés en raison du bon état de leurs stocks.
  • Évitez les autres stocks de sébastes qui sont globalement affaiblis.
  • Renseignez-vous sur la provenance de votre poisson, afin d’éviter les produits issus de pêche illégale.
  • La pêcherie islandaise de S. norvegicus est certifiée MSC.

À SAVOIR

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