Sabre noir

Aphanopus carbo


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  • Atlantique Nord
  • Mer Méditerranée

  • Palangre (en zone profonde)
  • Chalut de fond (en zone profonde)

 


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Dernière mise à jour : juillet 2018

 

Le sabre noir doit son nom à la forme très effilée de son corps plat (il dépasse communément 70 cm) et les reflets de sa peau sans écaille. Sa mâchoire en pointe est armée de dents acérées.


Il se reproduit dans la région des Açores puis migre vers l’Écosse. Le sabre noir atteint sa maturité sexuelle lorsqu’il mesure 80 cm (à l’âge d’environ 6 ans). Espèce bentho-pélagique, il évolue entre 200 et 1 600 mètres de profondeur. Il chasse les poissons qui se regroupent dans les mélanges d’eau chaude et froide sur les pentes des volcans sous-marins et s’aventure plus près de la surface pour chasser lorsque les nuits sont claires. Espèce dite de grands fonds, sa biologie est cependant proche de celle des gadidés du plateau continental (cabillaud, lieu noir).


La zone Atlantique Nord-Est est considérée comme un seul et unique stock pour la population de sabre noir. Ce stock est suivi scientifiquement. Il est composé principalement de la zone ibérique et de la zone celtique, et est entouré de zones adjacentes.
Deux pêcheries très différentes opèrent dans cette zone et capturent cette espèce :

 

une pêcherie Nord, au large des Îles Britanniques jusqu’en Islande. Le sabre noir y est capturé comme prise accessoire de chalutiers ;

une pêcherie palangrière ciblée, au large du Portugal autour de l’Île de Madère.

La production européenne a baissé progressivement de 15 000 tonnes à 7 000 tonnes de 2002 à 2013. Ces pêcheries sont soumises à des TAC depuis 2003. Pour 2017 et 2018, les scientifiques du CIEM considèrent que les prises de sabre noir peuvent se maintenir au niveau de captures de 2013 soit 5 894 tonnes annuelles.

 

 

 

L’état du stock de sabre noir s’améliore depuis 2000 selon les scientifiques du CIEM. Cependant la pêche d’espèces de grands fonds pose des problèmes en termes d’impact sur les écosystèmes de grande profondeur, notamment les risques élevés de captures accessoires de requins lors de la pêche du sabre à la palangre.

 

La peau du sabre noir, sans écailles et très fragile, ne résiste pas aux frottements dans le chalut. Le sabre noir ne se trouve sur les marchés que sous forme de filets. La tête du sabre noir, effrayante, est coupée à bord des navires de pêche.

 

 

 

À RETENIR

  • Le sabre mis en filet et vendu en frais est apprécié pour l’absence d’arêtes.
  • L’état des stocks s’améliore mais continuez de limiter l’achat de cette espèce, en raison de sa fragilité biologique et de l’impact de la pêche en eau profonde.
  • Privilégiez les individus matures (> 80 cm) pêchés à la palangre.
  • La pêche au chalut en eau profonde est interdite au-delà de 800 mètres en Europe mais perdure au niveau international. Évitez l’achat de poisson pêché au chalut de grands fonds.

À SAVOIR

Le sabre argenté (Lepidopus caudatus)

Une espèce voisine du sabre noir se retrouve sporadiquement sur les marchés du frais : il s’agit du sabre argenté Lepidopus caudatus qui se distingue du sabre noir par sa peau plus claire et une tache noire au niveau de la tête. Sa production est faible et évolue de 500 tonnes à 4 500 tonnes depuis 2000. En raison de sa fragilité biologique, évitez l’achat de cette espèce. [En lire plus]

 

Interdiction de la pêche au-delà de 800 mètres, pour protéger les espèces d’eaux profondes

Depuis les années 80, les espèces de grands fonds ont représenté une opportunité pour les pêcheurs face à la réduction des stocks des principales espèces de l’Atlantique Nord-Est. Ces espèces de grands fonds sont mal connues ; leur lente croissance les rend très vulnérables à l’exploitation par la pêche et leur exploitation a un impact sur la biodiversité et les écosystèmes marins des grands fonds quasiment inexplorés à l’heure actuelle. [En lire plus]