Sardine

Sardina pilchardus


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  • Atlantique Nord-Est : de la Norvège au Sénégal
  • Mer Méditerranée
  • Chalut pélagique
  • Senne (bolinche et lamparo)
  • Filet droit

 


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Dernière mise à jour : juillet 2018

 

Le corps fuselé, le ventre bien blanc, ce petit pélagique argenté est très connu et apprécié des Européens, en particulier des Espagnols et des Portugais, en raison de sa forte abondance historique au large de la péninsule Ibérique. Grégaire, la sardine forme de grands bancs près des côtes, aux alentours de 50 mètres de profondeur. Elle remonte à la surface la nuit pour se nourrir de plancton. On la reconnaît à ses ouïes à l’aspect d’éventail et à sa peau très friable dès qu’elle est hissée hors de l’eau. La maturité sexuelle est atteinte à l’âge d’un an, entre 10 et 20 cm en fonction du groupe concerné. Dans les zones plus froides, les individus deviennent matures plus tard et vivent plus longtemps. La période de reproduction varie selon les zones et est très étalée dans le temps : dans le golfe de Gascogne, elle atteint son maximum au printemps, décline ensuite pour reprendre en automne et en hiver. En mer du Nord et Manche, la reproduction a lieu pendant les mois d’été. Les principales pêcheries sont basées en Angleterre (Cornouailles d’où elles sont salées puis exportées pour le marché italien), en France (en Bretagne par les bolincheurs), en Espagne, au Portugal et au Maroc. La sardine a joué un rôle très important dans la structuration économique et sociale de la façade Atlantique de la France à la fin du XIXème siècle et dans la première moitié du XXème siècle.

 

L’industrie française, non compétitive en termes de coût de production, s’est récemment relancée dans la bataille en visant le segment haut de gamme. Les produits de grande qualité proposés au cours de la dernière décennie, avec un fort soutien marketing (sardines millésimées, packaging artistique, « label rouge »), rencontrent un réel succès.

 

 

Stocks : situation variable

• Le stock du golfe de Gascogne (zones VIIIa-b-d) est surexploité depuis 2011 mais cela ne semble pas affecter les capacités de reproduction du stock. Le CIEM recommande pour 2018 un maintien du niveau de captures annuelles à 30 579 tonnes (30 181 tonnes ont été pêchées en 2016).

• Le stock de Manche, mer Celtique (zone VII) : les scientifiques manquent de données pour établir l’état du stock et recommandent, par approche de précaution, pour 2018 et 2019 de réduire les captures de 20 % par rapport aux captures moyennes de la période 2014-2016.

• Le long des côtes espagnoles et portugaises (zones VIIIc et IXa), le stock est à son plus faible niveau historique (en lien avec les faibles recrutements observés dans la zone) alors que les captures chutent depuis le milieu des années 80. Les scientifiques recommandent une fermeture de la pêcherie pour 2018 (22 700 tonnes débarquées en 2016).

• Au large des eaux marocaines, les stocks du Nord et du Centre sont surexploités. Le stock C, celui du Grand-Sud, est sous-exploité.

• Le stock de Méditerranée : la capacité de reproduction du stock et son potentiel à supporter une activité économique sont sévèrement diminués. Il est essentiel de maintenir des niveaux bas de mortalité par pêche. Le déclin de ce stock est lié à des raisons environnementales, notamment à la baisse d’abondance de plancton qui lui sert de nourriture, mais également à une pression de pêche deux fois plus élevée que le niveau de durabilité du stock.

 

 

La poutine, consommée en Italie (bianchetti) et dans le Sud-Est de la France regroupe l’ensemble des juvéniles de petits pélagiques (sardine, anchois) consommés frits. La pêcherie de poutine est ouverte du 15 janvier au 15 mars. A noter que ces poissons n’ont pas encore eu le temps de se reproduire.

 

 

Le rebond d’un marché ancien

Le poisson est acheté soit entier frais (les ventes de poissons surgelés sont faibles en raison de son goût prononcé après décongélation), soit en conserve. Les ventes de filets (frais ou en conserve) ont connu un développement remarquable ces dernières années. Le secteur de la restauration s’est montré particulièrement ouvert à ce produit facile d’utilisation, bon marché et savoureux. Gardez les conserves de qualité pendant quelques années : avec le temps, les sardines se bonifient, leurs chairs se confisent et leurs cartilages fondent dans l’huile. 

 

Quelques mesures nationales

La pêche à la sardine n’est pas soumise à un TAC européen. Les mesures de régulation comprennent la taille minimale (fixée à 11 cm dans l’ensemble de l’UE) et la limitation du nombre de jours de pêche. En Espagne, une prise maximale de 7 tonnes par jour de pêche et une limitation de 5 jours par semaine sont imposées. Au Portugal, la pêche à la sardine est limitée à 180 jours par an, interdite le week-end et des prises maximales par jour de pêche ont été instaurées dans le cadre d’un quota national.

 


 

 

En 2016, la France a importé 18 917 tonnes de conserves de sardine, en majorité en provenance du Maroc. La Belgique en a importé 2 700 tonnes de sardines et sardinelles en 2016 (dont 45 % en provenance du Maroc, 20 % de France et 12 % du Portugal).

À RETENIR

  • La sardine est l’un des poissons les moins chers. Sur le marché du frais, l’offre de filets a relancé la demande pour ce produit parfois boudé des consommateurs en raison de son goût et de son odeur prononcés.
  • Les sardines en conserve représentent une entrée de choix : à la fois savoureuses, fondantes et riches en oméga 3. Les produits dits millésimés (travaillés avec soin à partir de sardines fraîches et d’huile de qualité supérieure) apparaissent sur les cartes de restaurants prestigieux.
  • Certains stocks de sardine sont épuisés le long de la péninsule Ibérique et dans le golfe du Lion (Méditerranée). Évitez l’achat de sardine provenant de ces zones.
  • Privilégiez les achats de sardines provenant du golfe de Gascogne et des côtes ouest-africaines.
  • Trois pêcheries de sardines Sardina pilchardus sont certifiées MSC en Grande-Bretagne et en France (sardine à la bolinche de Bretagne et du golfe de Gascogne), ainsi qu’une pêcherie mexicaine du golfe de Californie de Sardinops sagax.

 

À SAVOIR

En 2015, la France a importé 28 165 tonnes de sardine dont 15 254 tonnes en conserve, en majorité en provenance du Maroc.

 

Vingt deux espèces sont commercialisées dans le monde sous le terme sardine, incluant certaines espèces de sardinelles, de sprat ou de jeunes harengs.

 

Les sardines adultes sont parfois commercialisées sous le terme « pilchard » en France et Belgique.