Sardine | Guide des espèces

Sardine

Sardina pilchardus


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  • Atlantique Nord-Est : de la Norvège au Sénégal
  • Mer Méditerranée
  • Chalut pélagique
  • Senne (bolinche et lamparo)
  • Filet droit

 


Dernière mise à jour : juillet 2020

 

Le corps fuselé, le ventre bien blanc, ce petit pélagique argenté est très connu et apprécié des Européens, en particulier des Espagnols et des Portugais, en raison de sa forte abondance historique au large de la péninsule Ibérique. Grégaire, la sardine forme de grands bancs près des côtes, aux alentours de 50 mètres de profondeur. Elle remonte à la surface la nuit pour se nourrir de plancton. On la reconnaît à ses ouïes à l’aspect d’éventail et à sa peau très friable dès qu’elle est hissée hors de l’eau. La maturité sexuelle est atteinte à l’âge d’un an, entre 10 et 20 cm en fonction du groupe concerné. Dans les zones plus froides, les individus deviennent matures plus tard et vivent plus longtemps. La période de reproduction varie selon les zones et est très étalée dans le temps : dans le golfe de Gascogne, elle atteint son maximum au printemps, décline ensuite pour reprendre en automne et en hiver. En mer du Nord et Manche, la reproduction a lieu pendant les mois d’été. Les principales pêcheries sont basées en Angleterre (Cornouailles d’où elles sont salées puis exportées pour le marché italien), en France (en Bretagne par les bolincheurs), en Espagne, au Portugal et au Maroc. La sardine a joué un rôle très important dans la structuration économique et sociale de la façade Atlantique de la France à la fin du XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle. 

 

 

Vingt-deux espèces sont commercialisées dans le monde  sous le terme sardine, incluant certaines espèces de sardinelles,  de sprat ou de jeunes harengs.

 

 

Stocks : situation variable

• Le stock du golfe de Gascogne  (zones 8.a-b et 8.d) est surpêché depuis 2014, la biomasse de reproducteurs est relativement stable depuis une dizaine d’années, à un niveau cependant inférieur à celui du début des années 2000, mais toujours supérieur au seuil de durabilité. Les scientifiques du CIEM recommandent pour 2020 une baisse du taux d’exploitation; la biomasse augmentant sous l’effet d’un bon recrutement, cela se traduit par des captures au plus égales à 34 905 tonnes (32 289 tonnes ont été pêchées en 2018). 

 

• Le stock de Manche, mer Celtique  (zones 7.d-e et 7.g-h) : les scientifiques manquent de données pour établir un diagnostic sur ce stock et ne sont pas en mesure de proposer des recommandations pour 2020-2021. Une situation similaire a été observée en 2018 et 2019. Dans ce contexte, ils ont recommandé, par approche de précaution, une réduction des captures de 20 % par rapport aux captures moyennes de la période 2014-2016. 

 

• Le long des côtes espagnoles et portugaises (zones 8.c et 9.a), le stock est, depuis 2011, à un niveau très faible (en lien avec les faibles recrutements observés dans la zone). Le taux d’exploitation est en forte baisse depuis 2011, mais encore audessus du niveau permettant le RMD (Rendement Maximum Durable). Après avoir recommandé de fermer la pêcherie en 2018 et 2019, les scientifiques proposent de ne pas dépasser 4 142 tonnes en 2020 (15 062 tonnes débarquées en 2018). 

 

• Au large des eaux marocaines, les stocks du Nord et du Centre sont surexploités. Le stock C, celui du Grand-Sud, est sous-exploité. 

 

• Le stock de Méditerranée : la capacité de reproduction du stock et son potentiel à supporter une activité économique sont sévèrement diminués. Il est essentiel de maintenir des niveaux bas de mortalité par pêche. Le déclin de ce stock est lié à des raisons environnementales, notamment à la baisse d’abondance de plancton qui lui sert de nourriture. On parle de déséquilibre écologique. 

 

 

 

La poutine, consommée en Italie (bianchetti) et dans le sud-est  de la France regroupe l’ensemble des juvéniles de petits pélagiques (sardine, anchois) consommés frits. La pêcherie de poutine est ouverte du 15 janvier au 15 mars. A noter que ces poissons n’ont pas encore eu le temps de se reproduire.

 

 

Le rebond d’un marché ancien

Le poisson est acheté soit entier frais (les ventes de poissons surgelés sont faibles en raison de son goût prononcé après décongélation), soit en conserve. Les ventes de filets (frais ou en conserve) ont connu un développement remarquable ces dernières années. Le secteur de la restauration s’est montré particulièrement ouvert à ce produit facile d’utilisation, bon marché et savoureux. Gardez les conserves de qualité pendant quelques années : avec le temps, les sardines se bonifient, leurs chairs se confisent et leurs cartilages fondent dans l’huile. 

 

 

Les sardines adultes sont parfois commercialisées  sous le terme « pilchard » en France et Belgique.

 

 

Quelques mesures nationales

La pêche à la sardine n’est pas soumise à un TAC européen. Les mesures de régulation comprennent la taille minimale (fixée à 11 cm dans l’ensemble de l’UE) et la limitation du nombre de jours de pêche. En Espagne, une prise maximale de 7 tonnes par jour de pêche et une limitation de 5 jours par semaine sont imposées. Au Portugal, la pêche à la sardine est limitée à 180 jours par an, interdite le week-end et des prises maximales par jour de pêche ont été instaurées dans le cadre d’un quota national.

 

 

 

L’industrie française, non compétitive en termes de coût de production, s’est récemment relancée dans la bataille en visant le segment haut de gamme. Les produits de grande qualité proposés au cours de la dernière décennie, avec un fort soutien marketing (sardines millésimées, packaging artistique, « label rouge »), rencontrent  un réel succès.

 

 

 

 

À RETENIR

  • La sardine est l’un des poissons les moins chers. Sur le marché du frais, l’offre de filets a relancé la demande pour ce produit parfois boudé des consommateurs en raison de son goût et de son odeur prononcés.
  • Les sardines en conserve représentent une entrée de choix : à la fois savoureuses, fondantes et riches en oméga 3. Les produits dits millésimés (travaillés avec soin à partir de sardines fraîches et d’huile de qualité supérieure) apparaissent sur les cartes de restaurants prestigieux.
  • Certains stocks de sardine sont épuisés le long de la péninsule Ibérique et en Méditerranée. Évitez l’achat de sardine provenant de ces zones.
  • Les sardines du golfe de Gascogne  et de Manche et mer Celtique sont  à consommer avec modération.
  • Privilégiez les achats de sardines provenant du stock du sud du Maroc, actuellement sous-exploité. 
  • Trois pêcheries de sardines Sardina pilchardus sont certifiées MSC en Grande-Bretagne et en France (sardine à la bolinche de Bretagne et du golfe de Gascogne), ainsi qu’une pêcherie mexicaine du golfe de Californie de Sardinops sagax.

 

À SAVOIR

En 2018, la France a importé 30 212 tonnes de sardine dont 17 251 tonnes en conserve, en majorité en provenance du Maroc.  La Belgique a importé 2 553 tonnes (dont 53 % en provenance  du Maroc, 12 % du Portugal et 13 % de France).