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Dernières mise à jour : juillet 2018

 

 

 

Thierry Evain

 

 

« Engagé pour une pêche plus sélective. »

Thierry Evain pêche au Croisic depuis plus de 30 ans. Après une formation au lycée maritime d’Etel, il devient matelot à l’âge de 16 ans, puis second avant d’acheter son premier bateau en 1998, le « Petit Quentin ».

Il fera construire son nouveau bateau en 2006, le « Quentin Grégoire ». Thierry travaille depuis plusieurs années avec l’AGLIA, Association du Grand Littoral Atlantique (qui promeut les activités liées aux cultures marines et à la pêche du golfe de Gascogne) afin d’améliorer la sélectivité des engins de pêche.

« La langoustine est pêchée entre 70 et 120 mètres de fond dans la Grande Vasière qui s’étend du Guilvinec à l’île d’Oléron. Nous avons commencé à mettre en place un programme de sélectivité au début des années 2000 car nous prenions beaucoup de merlus et merluchons dont les stocks étaient affaiblis d’après les évaluations scientifiques. Nous avons donc travaillé avec l’Ifremer afin de trouver un outil sélectif laissant passer les petits merlus. » C’est ainsi qu’est né le panneau à mailles carrées de 100 mm sur la partie dorsale du chalut, rendu obligatoire en 2004 par les professionnels eux-mêmes.

« Ensuite, nous avons souhaité améliorer la sélectivité pour éviter la capture des langoustines sous-tailles. Nous avons testé de nouveaux outils. Plusieurs ont été développés pour s’adapter aux bateaux, selon leur force motrice ou leur vitesse de travail ».

 

En 2008, la crise du gasoil frappe le secteur. L’allègement du matériel de pêche devient une priorité afin de réduire la consommation des navires. Les mailles de la gueule du chalut sont alors agrandies afin de mieux filtrer l’eau et par la même occasion améliorer encore la sélectivité de l’engin.

En 2013, la nouvelle Politique Commune de la Pêche en Europe prévoit une obligation de débarquement de tout produit capturé. L’objectif est d’éviter les prises accessoires d’espèces soumises à quotas, pêchées sous la taille réglementaire, et qui ne seront pas commercialisées. Cette obligation vise à éviter le gaspillage en transformant notamment les rejets en farine animale à destination de l’alimentation des animaux d’élevage. « Afin d’éviter le stockage à bord de ces prises accessoires non ciblées, il faut améliorer la sélectivité pour en pêcher moins. »

 

Le projet REDRESSE (Réduction des rejets et amélioration de la sélectivité) est alors mis en place par l’AGLIA entre 2014 et 2016 avec des tests de différents engins sur les bateaux qui opèrent entre l’Aquitaine et la pointe bretonne. Le projet aboutit à la mise à disposition d’une « boîte à outils » de 4-5 engins plus sélectifs.
 

« Depuis quelques années la ressource revient. Cela s’explique par deux phénomènes : nous avons réduit la flotte française, il y a donc aujourd’hui moins de bateaux en mer. Ainsi l’effort de pêche a
baissé. Les pêcheurs travaillent également de plus en plus avec les scientifiques pour préserver la ressource et laisser le temps à l’écosystème de se réguler. Désormais, l’enjeu est de mieux valoriser notre métier pour que les jeunes puissent assurer la relève. »