Introduction | Guide des espèces

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Dernière mise à jour : juin 2020

 

Les ressources marines ne sont pas illimitées. Nous connaissons aujourd’hui leur grande fragilité face aux modifications de l’environnement et à la pression de la pêche. L’extraordinaire capacité naturelle des espèces marines à se renouveler peut être réduite, voire anéantie, dans le cas de pêches intensives. Plusieurs populations d’espèces marines se sont déjà effondrées sous l’effet d’une exploitation humaine trop intensive (cabillaud de Terre-Neuve, empereur de l’Atlantique Nord-Est…).

 

Ces 10 dernières années ont été marquées par la mobilisation, au niveau européen, des acteurs de la filière pour faire évoluer les pratiques (de pêche et d’approvisionnement), et par une réforme ambitieuse de la Politique Commune de la Pêche en Europe, en termes environnemental. L’année 2020 devait être l’année où l’ensemble des stocks européens devaient être exploités à des niveaux durables (objectif PCP) et où le bon état écologique du milieu marin devait également être atteint (objectif de la DCSMM*). Malheureusement, 38 % des stocks en Atlantique Nord-Est sont toujours surpêchés et le milieu marin n’a pas encore atteint le bon état écologique.

Au niveau mondial, de nombreux enjeux demeurent : 34,2 % des stocks sont surexploités, des techniques de pêche fort impactantes sur les écosystèmes subsistent, des pratiques de pêche illégales perdurent... Beaucoup reste encore à faire pour le maintien de la biodiversité marine, la préservation des ressources et par conséquent, la pérennité des métiers qui en dépendent.
 

L’aquaculture, qui représente une part croissante des approvisionnements mondiaux en produits aquatiques, semble offrir une solution et répondre à une demande spécifique sur certaines espèces. Pourtant, l’examen attentif de ce secteur montre que de nombreux paramètres sont à prendre en considération pour que les entreprises aquacoles s’inscrivent dans un mouvement durable à la fois au niveau environnemental, économique et social. 

 

Pendant ce temps, poissons, mollusques et crustacés continuent d’avoir la faveur des consommateurs. Au cours des trois dernières décennies, leurs qualités nutritionnelles ont été abondamment et efficacement mises en avant. La production mondiale est passée de 40,5 millions de tonnes dans les années 60 à plus de 170 millions de tonnes aujourd’hui. Comment répondre à la fois à la forte demande en protéines aquatiques de qualité et à la nécessité de préserver la faune halieutique et d’encourager les pratiques durables ? Quelles espèces choisir? 

 

 

Comment répondre à la fois à la forte demande en protéines aquatiques de qualité et à la nécessité de préserver la faune halieutique et d’encourager les pratiques durables ? Quelles espèces choisir ?

 

 

 

Données scientifiques

L’univers sous-marin recèle encore bien des mystères, même pour ceux qui l’exploitent quotidiennement. Quel est l’impact de la technique de pêche que pratiquent certains sur les paysages marins et les écosystèmes ? Quels sont les effets du prélèvement d’une grande quantité de juvéniles ou de reproducteurs sur une population de poissons ? La connaissance de cet univers mystérieux est imparfaite. Les scientifiques, pas plus que les pêcheurs, n’ont de certitudes sur leurs évaluations des stocks car la recherche est un processus continu d’amélioration de méthodes et de mesures d’interprétation (l’échantillonnage est-il satisfaisant ? Faut-il se fier aux données de marquage plus qu’aux données de captures ?). Cependant, les éléments objectifs sur l’état de nombreux stocks de poissons ne font pas défaut. Depuis un demi-siècle, les scientifiques (biologistes, halieutes et statisticiens) observent, comptent, mesurent et analysent ce qui est, parfois ce qui a été, et avec prudence ce qui sera.

 

Les espèces à forte valeur marchande ainsi que celles qui sont sujettes à une limitation réglementaire des prélèvements (TAC – Total Admissible de Captures – et quota) font l’objet d’études approfondies récurrentes. Malheureusement, 20 % des captures françaises correspondent à des stocks mal connus car non suivis scientifiquement. Ainsi leur exploitation pose des incertitudes en termes de durabilité.

 

 

Un guide destiné aux acheteurs professionnels

Ethic Ocean travaille avec les différents acteurs de la filière pour contribuer au développement d’un marché de produits de la mer durables. Sur la base des données scientifiques disponibles, ce guide présente les informations relatives aux principales espèces consommées par les Français, les Belges et les Suisses, sous l’angle de la durabilité. En plus d’une approche espèce par espèce, cet ouvrage présente l’état des différents stocks d’une même espèce, la taille de maturité sexuelle et l’impact environnemental des techniques de production (de pêche et d’élevage). Ce guide a pour objectif de répondre aux interrogations des acheteurs professionnels de produits aquatiques, de stimuler leur intérêt vis-à-vis des enjeux environnementaux, et de les orienter vers les produits les plus durables, ou les moins menacés.


Cet ouvrage est destiné aux mareyeurs qui achètent en criée, aux importateurs qui font venir du poisson du monde entier, aux grossistes, aux poissonniers, aux acheteurs de la grande distribution et aux responsables des rayons marée des supermarchés, aux industriels qui fabriquent des plats à base de poissons, aux chefs cuisiniers, aux restaurateurs, aux responsables de collectivités. Il s’adresse à tous ceux qui participent à la chaîne de distribution des produits aquatiques et qui, soucieux des questions environnementales, veulent en toute responsabilité contribuer à la pérennité des stocks de poissons et à la durabilité des activités d’exploitation ou de production. Ce guide leur permettra de découvrir ou de redécouvrir que la plupart - mais pas tous - des stocks de cabillaud souffrent de surexploitation, qu’il est judicieux d’éviter les achats de lots provenant de populations affaiblies et que tacaud, mulet et bien d’autres espèces sont des alternatives originales qu’ils peuvent proposer à leurs clients.

 

Ces dernières années la situation tend à s’améliorer en Atlantique Nord-Est grâce aux mesures de gestion prises en Europe. En revanche la Méditerranée est de plus en plus détérioriée et 92 % des stocks sont surexploités (source CSTEP 2020).