guidedesespeces.org/fr/m%C3%A9thodologie-de-ce-guide
  • Nederlands
  • English
  • Français

Dernière mise à jour : août 2016

Iconographie des fiches des espèces

Zones de pêche

- Atlantique Nord

- Manche Est

- Méditerranée

Techniques de pêche

- Casier

- Ligne

- Chalut

Techniques d’élevage

- Cage flottante

- Bassin

 

 

Quelles informations ?

Ce guide s’appuie sur les informations scientifiques disponibles les plus récentes, concer- nant trois principaux critères :

• l’état des stocks d’où proviennent les espèces commercialisées.

• les techniques de pêche et leur impact sur l’environnement.
• la taille de maturité sexuelle.

 

L'état des stocks

Cet ouvrage présente l’état des ressources marines sur la base de données scientifiques. Il tente de sensibiliser les acheteurs de produits de la mer sur l’état fragile des principales espèces consommées et de les orienter vers des espèces moins menacées. L’état des populations halieutiques (état des stocks) résulte du jeu complexe et dynamique d’un ensemble de facteurs. Si l’impact de la pêche sur l’état d’un stock ne fait aucun doute – le cabillaud du Canada en est un irréfutable exemple – d’autres variables influencent directement l’état de la faune marine.

Chaque espèce de pêche présentée dans cet ouvrage appartient, à l’état sauvage, à un stock ou à plusieurs stocks distincts, dont les états diffèrent. Les principaux stocks sont étudiés avec autant de précision que les éléments scientifiques disponibles le permettent. La pré- sentation par espèce facilite la lecture, mais il s’agit davantage d’une analyse par stock.

 

Les engins de pêche

Les techniques de pêche utilisées sont identifiées pour chaque espèce présentée. Les impacts des engins de pêche sur l’environnement et sur les écosystèmes sont présentés en fin d’ouvrage.

 

La taille de l’animal

Tout stock est formé de cohortes de différents âges et donc de tailles variables. Cette diver- sité est importante pour son équilibre. L’achat le plus responsable est celui qui se porte sur des animaux adultes. Lorsque l’information est disponible et pertinente, ce guide présente la taille de première maturité sexuelle, c’est-à-dire la taille à laquelle 50 % des individus sont aptes à se reproduire. Pour une même espèce, ces tailles peuvent varier d’une zone géographique à une autre. Dans nombre de cas, la taille légale de commercialisation est inférieure à la taille de première maturité sexuelle (voir tableau des tailles commerciales et tailles de première maturité).

Nous recommandons au lecteur de donner sa préférence aux individus ayant eu une chance de se reproduire. Le respect de la taille de première maturité sexuelle est particulièrement important quand les stocks sont fragilisés. Dans le cas d’espèces commercialisées sous des formes transformées (bloc surgelé par exemple), cette information peut permettre de faire remonter l’exigence en amont de la chaîne d’approvisionnement.

 

Mode de gestion

Les principaux instruments de gestion mis en place dans les pêcheries sont présentés. Cependant, cet ouvrage n’a pas pour objectif d’analyser leur efficacité, très variable d’une pêcherie à une autre.

 

Saisonnalité et durabilité

Les calendriers de consommation de produits de la mer abondent. Dans bien des cas, ils indiquent pour chaque espèce les saisons de production qui correspondent aux saisons de reproduction (frai), alors que les poissons se regroupent et forment des concentrations qui facilitent leur capture.

D’un point de vue biologique, une pêche pratiquée en période de frai ne pose pas de problème, à condition que le stock de poissons soit en bon état et que les quotas soient respectés. Cependant, le frai donne lieu chez de nombreuses espèces à des concentrations de poissons qui les rendent extrêmement vulnérables à l’activité de pêche (exemple du bar). La pêche au chalut, par exemple, peut entraîner de fortes mortalités sur les populations, puisque les poissons sont regroupés et faciles à capturer en grande quantité pendant cette période. En outre, certaines espèces sont de moindre qualité gustative lors de leur période de reproduction (cas de la sole et autres poissons plats : chair molle et femelles grainées sont moins appréciés des consommateurs), ce qui contribue à une plus faible valorisation économique et à un gaspillage en termes de produit avec perte de matière.

Enfin, les économistes notent que ces pêches sur concentration de frai représentent une captation de la rente économique au profit d’un petit nombre d’acteurs seulement. De plus, ces captures importantes conduisent à une baisse des prix et donc à une mauvaise valorisation de la ressource. D’une manière générale, la pêche au moment du frai doit être envisagée avec prudence. Elle est à bannir dans le cas de stocks fragilisés.

 

Les recommandations de consommation pour les produits de pêche

Une espèce provenant d’un stock sain, exploité au niveau du Rendement Maximum Durable (RMD), dont les impacts sur l’environnement (prises accessoires, impact de la méthode de pêche sur les écosystèmes) sont réduits et maîtrisés « Peut être recommandée ».

Une espèce provenant d’un stock dont les données scientifiques font défaut, dont la résilience de l’espèce est faible, et/ou dont l’impact de l’engin de pêche utilisé est non négligeable sur l’écosystème (taux de prises accessoires élevé, impact sur les fonds marins) mais dont les captures sont jugées stables dans le temps et dont le plan de gestion vise à atteindre le RMD et à réduire les impacts négatifs sur l’environnement, est « A consommer avec modération ».

Une espèce qui est en danger d’extinction ou provenant d’un stock identifié comme surexploité (surexploitation de recrutement), dont l’avenir de la pêcherie est incertain avec des captures en baisse ou une biomasse réduite est « A éviter ».

 

L'aquaculture

L’aquaculture joue un rôle de plus en plus important dans l’approvisionnement des marchés (plus de 50 % de la pro- duction de produits de la mer au niveau mondial, source FAO 2016). Cet ouvrage présente également les principales espèces d’élevage proposées sur nos marchés et issues de ce secteur. Les pratiques varient grandement d’une exploi- tation à une autre, et d’une zone géographique à une autre. Il ne nous est donc pas possible, dans cet ouvrage de portée générale, de les qualifier individuellement.

 

Les recommandations de consommation pour les produits d’aquaculture

Comme les pratiques d’élevage varient d’une exploitation à une autre, les recommandations de consommation pour les espèces aquacoles invitent à “se renseigner sur les conditions d’exploitation auprès de son fournisseur, en privilégiant les produits labellisés (Agriculture Biologique par exemple).”

 

Performances environnementales

Faute de données et d’instruments de mesure adaptés, ce guide ne présente pas l’empreinte écologique des modes de production, de transport, de valorisation (transformation, conditionnement, etc.) des produits disponibles sur nos marchés. Les critères d’évaluation retenus sont limités à des critères environnementaux et les données sont parfois manquantes. A l’avenir, les performances environnemen- tales des produits offerts sur nos marchés seront appréciées en fonction d’un ensemble plus complet de critères, avec l’aide d’instruments d’appréciation plus sophistiqués et sur la base de données plus riches. Chaque espèce portera très certainement une note environnementale complète d’Analyse de Cycle de Vie, mesurée en prenant en compte son origine, la technique de production et l’ensemble des traitements qu’elle aura subi tout au long de son cycle de vie.

Cet ouvrage se concentre sur le thème de la ressource : il permet de choisir les espèces provenant de stocks dont la pérennité est assurée afin de préserver celles qui sont aujourd’hui menacées.

Le centre de recherche ILVO (Belgique) développe actuelle- ment une méthode d’évaluation de la durabilité de chaque poisson débarqué en se basant sur des critères à la fois envi- ronnementaux, sociaux et économiques.

 

Sources d’information

Les informations décrivant l’état des stocks de chaque espèce étudiée proviennent des études publiées par les organismes de recherche chargés d’évaluer l’état des stocks dans chaque région du monde. Pour les espèces fréquentant l’Atlantique Nord-Est, les éléments proviennent du CIEM (Centre interna- tional pour l’exploration de la mer) complétés par les études menées par l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer). Le centre de recherche flamand ILVO a contribué aux ajouts de données concernant la Belgique. L’état mondial des ressources marines de la FAO sert également de référence. L’institut de recherche pour le déve- loppement (IRD), le Museum National d’Histoire Naturelle (MNHN), le Centre de Coopération International en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD), ainsi que le Comité Interprofessionnel des Produits de l’Aquaculture (CIPA) servent également de référence pour certaines espèces en particulier. L’ensemble des sources utilisées est présenté en fin d’ouvrage.