Anchois | Guide des espèces

Anchois

Engraulis encrasicolus

Engraulis japonicus

Engraulis ringens


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Dernière mise à jour : juin 2020

 

L'anchois est un petit poisson pélagique et grégaire présent dans plusieurs mers et océans du monde. De croissance rapide mais de vie brève, rares sont les anchois qui dépassent les 3 ans.

 

Plusieurs espèces d’anchois sont présentes sur les côtes Atlantique et Pacifique :

 

Engraulis encrasicolus vit en Atlantique Est, de la mer du Nord aux eaux d’Afrique du Sud et en mer Méditerranée jusqu’en mer Noire.

Engraulis anchoita vit au large des côtes de l’Argentine.

• Engraulis mordax abonde le long des côtes nord-américaines du Pacifique.

• Engraulis ringens (appelé anchois du Pérou), le plus abondant de tous, s’épanouit dans les eaux chiliennes et péruviennes.

Engraulis japonicus vit dans le Pacifique Ouest au large de la Chine, de la Corée du Sud et du Japon.

 

Si abondant… et si rare

En Atlantique Nord-Est, trois stocks distincts d’anchois (Engraulis encrasicolus) sont ciblés par les pêcheurs :

 

-le stock du golfe de Gascogne 

-le stock du Sud-Ouest de la péninsule Ibérique (baie de Cadiz) 

-le stock Adriatique et le stock du golfe du Lion en Méditerranée.

 

Au large des côtes d’Afrique du Nord, le stock commun des eaux mauritaniennes et des Îles Canaries fait également l’objet d’exploitation ciblée. Les migrations de ce petit pélagique sont peu connues à ce jour en raison de la petitesse et la fragilité de ce poisson argenté qui rendent son marquage difficile. De plus, les méthodes de pêche (poisson de petite taille et pêché par grande quantité) rendent impossible l’identification d’un poisson marqué.


La biomasse de ce poisson est extrêmement fluctuante. En raison de sa faible durée de vie, l’essentiel de la population (50 à 90 % des individus pour une année classique) est constitué d’individus âgés d’un an. Pour des raisons environnementales (entraînant aléatoirement une forte mortalité - ou survie - des oeufs, des larves ou des juvéniles), les recrutements sont extrêmement variables.

 

 

 Dans le golfe de Gascogne (zones 8.a-b), la pêche a été fermée entre 2005 à 2010 afin de protéger le stock qui était très affaibli. Les captures n’ont été à nouveau autorisées qu’en 2010, lorsque la biomasse est revenue à un niveau d’abondance suffisant. Le stock jouit, depuis, d’un niveau de biomasse reproductive durable. En 2019, 26 622 tonnes ont été capturées (les scientifiques recommandent de ne pas dépasser 33 000 tonnes pour ce stock). 

 

 A l'Ouest du Portugagl,  (zone 9), le stock exploité par les Portugais et les Espagnols est constitué de deux composantes dont les biomasses fluctuent d’une année sur l’autre. Seule la composante Sud fait l’objet d’un diagnostic qui estime la biomasse à un niveau durable. Les scientifiques recommandent, pour la période 2019-2020, des captures au plus égales à 2 662 tonnes (zone Ouest) et 6 290 tonnes (zone Sud). 

 

 En Méditerranée, (zone 37), l’anchois, tout comme les autres ressources halieutiques (sauf le thon rouge), n’est pas soumis à quota. Les populations d’anchois dans le golfe du Lion ainsi que dans le reste du bassin occidental de la Méditerranée, sont dans un état préoccupant avec une très faible abondance de poisson à taille commerciale principalement dû à un déficit de croissance des individus. Selon la CGPM (Commission Générale des Pêches pour la Méditerranée), le stock présente quelques signes d’amélioration depuis 2014 mais la pauvreté du milieu en éléments nutritifs ne permet pas d’améliorer la situation. En Adriatique, une période de fermeture de 144 jours par an, pendant la période de frai, est imposée par l’UE.

 

 En Atlantique Centre-Ouest, l’absence de données sur le stock d’anchois et l’incertitude sur l’identité du stock invitent les scientifiques à formuler une recommandation de précaution avec le maintien des captures au niveau actuel.

 

Les anchois (toutes espèces confondues) sont les poissons les plus exploités de l’histoire mondiale des pêches avec un record historique de captures établi à 14 millions de tonnes en 1970 et 1994. L’anchois du Pérou représente à lui seul environ 10 % du volume des captures mondiales.

Les petits pélagiques (anchois, sardine, hareng, chinchard, maquereau…) vivent en large banc, ils représentent un tiers des captures mondiales de pêche dont une partie est transformée en farine pour l’alimentation animale.


En France, la principale technique de pêche est le chalut pélagique.
En Espagne,  on utilise la pêche à la senne  (appelée également bolinche).

 

 

Filet d’anchois

L’anchois est commercialisé entier frais, en filet mariné, ou encore salé. Les filets salés présentés roulés ou allongés, constituent une garniture de choix pour les salades et les pizzas. Une part non négligeable du marché français est approvisionnée par des produits d’importation dont l’essentiel est acheté au Maroc (75 %), sous forme de conserve ou semi-conserve. Le marché belge est principalement approvisionné par la Turquie, la France, l’Italie et le Pérou.

 

Plan de gestion à long terme

Au-delà de la limitation des captures en Atlantique, la capture de l’anchois est assujettie à une taille minimale de commercialisation fixée à 12 cm en Atlantique et 9 cm en Méditerranée. Le stock du golfe de Gascogne est soumis depuis 2010 à un plan de gestion à long terme. Pour optimiser sa production, une des propositions relatives à la taille de capture vise à fixer le moule minimum à 60 individus/kg (aujourd’hui, avec une taille minimale de commercialisation de 12 cm, le moule est d’environ 80 individus/kg). La forte capacité de reproduction de ce petit pélagique a permis la reconstitution du stock du golfe de Gascogne qu’il est possible de maintenir à long terme si les limites de captures sont respectées et si les conditions environnementales sont favorables. 

 

Poisson d’été

En France, l’anchois est capturé principalement par des chalutiers pélagiques et en moindre proportion par des senneurs. Les captures des senneurs (bolincheurs) en zone Sud Bretagne (8.a) fluctuent grandement d’une année à l’autre. Traditionnellement, et pour des raisons de disponibilité du poisson le long des côtes, l’Espagne pêche au printemps et la France en été ou à l’automne.

À RETENIR

  • Les anchois sont très sensibles aux variations de leur écosystème ; leurs stocks subissent de très fortes fluctuations qui rendent leur gestion difficile.
  • La pêche de l’anchois a été interdite dans le golfe de Gascogne pendant 5 ans (de 2005 à 2010). Depuis, le stock s’est restauré à un niveau permettant une exploitation durable.
  • Cette espèce peut être recommandée si elle provient du golfe de Gascogne.
  • Les anchois provenant de la baie de Cadiz et d’Atlantique Centre-Est sont à consommer avec modération en raison du manque de données.
  • Les anchois provenant de Méditerranée sont à éviter en raison de leur faible abondance.
  • Deux pêcheries d’anchois sont certifiées MSC (E. encrasicolus en Espagne  et E. anchoita en Argentine). 

À SAVOIR

L’industrie marocaine de la semi-conserve d’anchois, première au monde, est en manque d’approvisionnement de poisson local et importe de plus en plus de poisson en provenance d’Argentine (E. anchoita) et du Chili (E. ringens) pour les travailler.


L’anchois de Collioure (E.encrasicolus) est une préparation alimentaire qui doit sa réputation à la qualité de la matière première et à un savoir-faire ancestral. Depuis 2004, l’anchois de Collioure, commercialisé sous forme d’anchois au sel, de filets d’anchois en saumure et de filets d’anchois à l’huile, est protégé par une Indication Géographique Protégée (IGP).

 

La pêcherie d’anchois du Pacifique Est (E. ringens) est caractérisée par une forte surcapacité de pêche. Les scientifiques considèrent que le stock pourrait s’effondrer. dans certaines régions comme le Pérou et le Chili. Le ministère péruvien des pêches a introduit en 2009 un système de quota individuel non transférable. Depuis, la biomasse est très fluctuante d’une année à l’autre, en raison de sa dépendance aux épisodes climatiques.