Baudroie (lotte) | Guide des espèces

Baudroie (lotte)

Lophius piscatorius

Lophius budegassa

Lophius americanus / Lophius litulon


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  • Atlantique Nord-Est, de la mer de Barents aux eaux baignant l’Afrique de l’Ouest
  • Mer Méditerranée
  • Chalut de fond
  • Filet maillant    
  • Chalut à perche

 


Dernière mise à jour : juin 2020

 

Deux espèces de baudroie fréquentent les eaux de l’Atlantique Nord-Est : la baudroie commune, Lophius piscatorius (la plus largement distribuée et la plus abondante) et la baudroie rousse, Lophius budegassa. Elles ne se distinguent guère que par la couleur de leur péritoine. La baudroie commune a un péritoine blanc, tandis que la baudroie rousse a un péritoine noir. La baudroie commune atteint sa première maturité sexuelle à l’âge de 6-7 ans pour les mâles (ils mesurent alors 50 à 70 cm) et à l’âge de 9-11 ans pour les femelles. La baudroie rousse femelle atteint sa maturité sexuelle vers 6 ans, quand elle mesure 65 cm. Ces deux espèces sont à croissance lente. Elles affectionnent les fonds entre 100 et 1 000 mètres de profondeur. Piètres nageuses, elles s’y font discrètes, ne laissant apparaître que leur gueule et leur filament pêcheur, qui n’est autre que le premier rayon allongé de leur nageoire pectorale, qu’elles dressent au-dessus de leur grande bouche pour attirer les proies. 

 

 

En anglais, la baudroie est appelée « monkfish », mais parfois également « anglerfish » (poisson pêcheur) en raison de sa technique de prédation. L’animal est doté d’un leurre au bout d’un filament qu’il déploie pour attirer ses proies.

 

Avec sa chair blanche et ferme qui se rapproche plus de celle du veau que de celle du cabillaud, dépourvue d’arêtes, la lotte est le poisson idéal pour ceux… qui n’aiment pas le poisson !

 

Pêche principalement chalutière

La baudroie est une espèce à forte valeur marchande. Elle fait l’objet d’une pêche ciblée par les chalutiers de fond de Bretagne Sud (pêcherie mixte associant d’autres espèces) et les fileyeurs en Bretagne Nord. La France est le premier pays pêcheur de baudroie en Europe, devant le Royaume-Uni, et est responsable de plus du tiers des captures. L’Union européenne impose à toute sa flotte un poids minimum de débarquement de 500 g par poisson entier. 

 

 

Différents stocks de baudroie

Lophius piscatorius et Lophius budegassa font l’objet de suivis scientifiques depuis les années 80, mais les données disponibles ne permettent pas toujours une évaluation précise des stocks et de leur exploitation. Sur ces deux espèces, les engins sont peu sélectifs et les juvéniles peu épargnés. L’absence de distinction entre les deux espèces, au débarquement et dans les statistiques, rend impossible des modes de gestion distincts par espèce ; le TAC (Total Admissible de Captures) est donc commun pour les deux espèces. Les décisions politiques établissant les TAC et quotas sont très proches des recommandations des scientifiques. 

 

En mer Celtique et dans le golfe de Gascogne  (zones 7, 8.a-b et 8.d), zones les plus riches en baudroie, les stocks des deux espèces sont exploités à un niveau assurant leur durabilité. Les biomasses reproductives sont en très forte augmentation et atteignent des niveaux jamais observés jusqu’alors. Pour la baudroie rousse, les scientifiques préconisent un niveau de captures de 12 959 tonnes pour 2020 (+20 % par rapport à 2019). Pour la baudroie commune, les scientifiques préconisent des captures au plus égales à 31 798 tonnes (+3 % par rapport à 2019). Le TAC commun a été fixé à 44 307 tonnes pour 2020 en zones 7, 8.a-b et 8.d (41 370 tonnes en 2019). 

 

En Ouest Écosse et mer du Nord (zones 3.a, 4 et 6), les données disponibles ne permettent pas de dresser un bilan précis de l’état des stocks. Cependant, les données d’une campagne scientifique montrent que la biomasse est en baisse après avoir augmenté entre 2012 et 2017. Dans le cadre d’une approche de précaution, les scientifiques indiquent que le niveau de captures ne doit pas dépasser 22 056 tonnes en 2020 pour les deux espèces (30 % de moins que pour 2019). Les captures en 2018 s’élevaient à 21 898 tonnes. 

 

Les stocks des côtes de l’Espagne et du Portugal  (zones 8.c et 9.a), sont en bon état et exploités au RMD (Rendement Maximum Durable). La recommandation de captures pour 2020 pour la baudroie commune est inchangée par rapport à celle de l’an dernier. Une légère baisse de la biomasse de baudroies rousses a conduit les scientifiques à une recommandation en légère baisse également pour ce stock. Le TAC commun pour 2020 a été fixé à 4 023 tonnes (soit 3 % de moins qu’en 2019). 

 

 

La baudroie des États-Unis, Lophius americanus,  vit dans les eaux orientales de l’Amérique du Nord.  Son exploitation s’est intensifiée au cours des années 1990 pour culminer à 27 500 tonnes en 1997. Actuellement,  le stock est exploité à un niveau durable avec cependant  une baisse des captures reflétant la réduction des quotas. Les importations françaises de baudroie américaines fraîches et surgelées se sont élevées à 262 tonnes  (pelées en queue et en filet) en 2019.

 

 

Queue, filet, joue, foie…

La baudroie est vendue sous forme de queue, avec ou sans peau, en frais ou surgelée et sous forme de filets. Les joues sont principalement vendues fraîches au détail. Le foie est une curiosité gastronomique, très apprécié au Japon et vendu en France en bocal appertisé. La baudroie est une espèce très appréciée sur le marché français et la production nationale ne suffit pas à satisfaire l’appétit des gourmets pour sa chair blanche, ferme et sans arêtes. 

 

En complément de la production nationale, la France a importé en 2019 :

 

• 4 269 tonnes de queues de lottes fraîches (en provenance du Royaume-Uni, d´Espagne, d´Italie, des Pays-Bas, de Belgique et d’Irlande) ; 

•  993 tonnes de queues congelées ; 

•  993 tonnes de queues congelées ;

•  D’autres espèces de baudroie dont 868 tonnes de baudroie japonaise (Lophius litulon) en provenance de Chine.

 

En Belgique, alors que les débarquements de 1 188 tonnes/an en moyenne sont liés aux prises accessoires des chaluts à perche (96 %) et des chaluts de fond (4 %), 2052 tonnes annuelles de baudroie sont également importées pour la consommation et l’industrie de transformation (en majorité congelées de Chine (58 %) et des États-Unis/Canada (10 %) ou fraîches de France (26 %) (données 2016). 

 

 

 

BAUDROIE CHINOISE 

Bien que peu de statistiques officielles de débarquement existent en Chine pour Lophius litulon, les pêcheurs chinois indiquent des captures décroissantes. Dans la mer de Chine orientale l’espèce est sous forte pression de pêche et les grands individus semblent se raréfier.

 

À RETENIR

  • Espèces à forte valeur marchande, les baudroies font l’objet d’une pêche ciblée. 
  • Baudroie rousse et baudroie commune sont les principales espèces présentes sur nos étals. 
  •  L’absence de distinction entre les deux espèces, au débarquement et dans les statistiques, ne permet pas de gestion par espèce. 
  • Les connaissances scientifiques se sont améliorées ces dernières années permettant d’évaluer plus précisément  les zones les plus riches en baudroies, en mer Celtique et dans le golfe de Gascogne : les stocks des deux espèces sont exploités à un niveau durable. 
  • La consommation de baudroie de mer Celtique et golfe de Gascogne peut être recommandée. 
  • Donnez votre préférence à des queues de lotte de plus de 30 cm, ce qui permet de s’assurer que les baudroies aient atteint leur taille de maturité sexuelle.
  • La pêche de baudroie américaine Lophius americanus est estimée durable. Sa consommation peut être recommandée. 
  • La baudroie chinoise Lophius litulon est sous forte pression de pêche et les grands individus semblent se raréfier. 
  • La pêcherie islandaise de Lophius piscatorius est certifiée MSC.