Baudroie (lotte)

Lophius piscatorius

Lophius budegassa

Lophius americanus / Lophius litulon


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  • Atlantique Nord-Est, de la mer de Barents aux eaux baignant l’Afrique de l’Ouest
  • Mer Méditerranée
  • Chalut de fond
  • Filet maillant
  • Chalut à perche

 


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Dernière mise à jour : juillet 2018

 

Deux espèces de baudroie fréquentent les eaux de l’Atlantique Nord-Est : la baudroie commune, Lophius piscatorius (la plus largement distribuée et la plus abondante) et la baudroie rousse, Lophius budegassa. Elles ne se distinguent guère que par la couleur de leur péritoine. La baudroie à péritoine blanc, baudroie commune, atteint sa première maturité sexuelle à l’âge de 6-7 ans pour les mâles (ils mesurent alors 50 à 70 cm) et à l’âge de 9-11 ans pour les femelles. La baudroie rousse femelle, à péritoine noir, atteint sa maturité sexuelle vers 6 ans, quand elle mesure 65 cm. Ces deux espèces à croissance lente sont sensibles aux effets de l’exploitation par la pêche. Les baudroies affectionnent les fonds entre 100 et 1 000 mètres de profondeur. Piètres nageuses, elles s’y font discrètes, ne laissant apparaître que leur gueule et leur filament pêcheur, qui n’est autre que le premier rayon allongé de leur nageoire pectorale, qu’elles dressent au-dessus de leur grande bouche pour attirer les proies.

 

En anglais, la baudroie est appelée « monkfish », mais parfois également « anglerfish » (poisson pêcheur) en raison de sa technique de prédation. L’animal est doté d’un leurre au bout d’un filament qu’il déploie pour attirer ses proies.

 

Avec sa chair blanche et ferme qui se rapproche plus de celle du veau que de celle du cabillaud, dépourvue d’arêtes, la lotte est le poisson idéal pour ceux… qui n’aiment pas le poisson !

 

 

Pêche chalutière

La baudroie est une espèce à forte valeur marchande et fait l’objet d’une pêche ciblée par les chalutiers de fond de Bretagne Sud. Elle est également capturée dans le cadre de pêcheries mixtes (associant d’autres espèces). La France est le premier pays pêcheur de baudroie en Europe, devant le Royaume-Uni, et est responsable de plus du tiers des captures. L’Union européenne impose à toute sa flotte un poids minimum de débarquement de 500 g par poisson entier.

 

Différents stocks de baudroie

Les stocks de baudroie font l’objet de suivis scientifiques depuis les années 80, mais les données disponibles ne permettent pas une évaluation précise des stocks et de leur exploitation (les deux espèces ne sont pas différenciées dans les données de capture). Sur ces deux espèces, les engins sont peu sélectifs et les juvéniles peu épargnés. L’absence de distinction entre les deux espèces, au débarquement et dans les statistiques, rend impossible des modes de gestion distincts par espèce. Les décisions politiques établissant TAC et quotas sont tout de même très proches des recommandations des scientifiques.

 

En mer Celtique et dans le golfe de Gascogne (zones CIEM VII b-k et VIII a,b,d), zones les plus riches en baudroie, l’état des stocks n’est pas précisément connu. Les informations disponibles indiquent cependant que l’abondance des stocks de baudroie commune serait fluctuante (en baisse de 2008 à 2010 puis en hausse depuis 2010). En l’absence de données complètes et fiables, notamment sur la croissance, les scientifiques préconisent de maintenir les captures à 26 691 tonnes pour 2017 et 2018. Pour la baudroie rousse, la biomasse du stock est également fluctuante mais en baisse depuis 2013. Les scientifiques préconisent de maintenir le niveau de captures à 10 757 tonnes pour 2017 et 2018. Le TAC commun de 2018 a été fixé à 33 516 tonnes en zone VII.

En Ouest Écosse et mer du Nord (zones CIEM IIIa, IV et VI), les faibles connaissances de la biologie de l’espèce, le manque de cohérence des zones de gestion par rapport aux zones d’évaluation et le manque de données détaillant les performances des pêcheries empêchent les biologistes de dresser un bilan précis de l’état des stocks, le niveau de biomasse reproductive semble augmenter depuis 2012. Les scientifiques indiquent que le niveau de captures peut atteindre 26 408 tonnes en 2018 dans le cadre d’une approche de précaution (les débarquements 2016 s’élevaient à 19 446 tonnes).

Les stocks des côtes de l’Espagne et du Portugal (zones CIEM VIIIc et IXa), sont en bon état et exploités au RMD (Rendement Maximum Durable).

 

La baudroie des États-Unis, Lophius americanus, vit dans les eaux orientales de l’Amérique du Nord. Son exploitation s’est intensifiée au cours des années 1990 pour culminer à 27 500 tonnes en 1997. Actuellement, le stock est exploité à un niveau durable avec cependant une baisse des captures reflétant la réduction des quotas. Les importations françaises de baudroie américaines fraîches et surgelées se sont élevées à 299 tonnes (pelées en queue et en filet) en 2016.

 

 

Queue, filet, joue, foie…

La baudroie est vendue sous forme de queue, avec ou sans peau, en frais ou surgelée et sous forme de filets. Les joues sont principalement vendues fraîches au détail. Le foie est une curiosité gastronomique, très apprécié au Japon et vendu en France en bocal appertisé. La baudroie est une espèce très appréciée sur le marché français et la production nationale ne suffit pas à satisfaire l’appétit des gourmets pour sa chair blanche, ferme et sans arêtes.

 

En complément de la production nationale, la France a importé en 2016 :

 

• 2 493 tonnes annuelles de queues de lottes fraîches (en provenance du Royaume-Uni, de Belgique et d’Irlande).

• 993 tonnes annuelles de queues congelées.

• d’autres espèces de baudroie dont 868 tonnes de baudroie japonaise (Lophius litulon) en provenance de Chine.

 

En Belgique, alors que les débarquements de baudroie (1 500 tonnes) sont liés aux prises accessoires des chaluts à perche, 2050 tonnes annuelles de baudroie sont également importées (en majorité congelées de Chine et des États-Unis ou fraîches de France) pour la consommation et l’industrie de transformation (qui en exporte une majeure partie : 2 083 tonnes).

 

 

 

Bien que peu de statistiques officielles de débarquement existent en Chine pour Lophius litulon, les pêcheurs chinois indiquent des captures décroissantes. Dans la mer de Chine orientale l’espèce est sous forte pression de pêche et les grands individus semblent se raréfier.

 

À RETENIR

  • La faiblesse des connaissances de la biologie des espèces de baudroie et l’imprécision des éléments décrivant la mortalité par pêche empêchent de dresser un bilan précis de l’état des stocks du nord de l’Europe.
  • Cette espèce à forte valeur marchande fait l’objet de pêche ciblée intensive.
  • Au niveau actuel d’exploitation, les deux espèces européennes de baudroie ne sont pas menacées. Leur consommation peut être recommandée avec modération (en raison du manque de données sur l’état précis des stocks).
  • Donnez votre préférence à des queues de lotte de plus de 30 cm.
  • La pêche de baudroie américaine est estimée durable. La consommation de Lophius americanus peut être recommandée.
  • La baudroie chinoise Lophius litulon est sous forte pression de pêche et les grands individus semblent se raréfier.
  • La pêcherie islandaise de Lophius piscatorius est certifiée MSC.