Bulot

Buccinum undatum


guidedesespeces.org/fr/bulot
  • Golfe normano-breton

  • Eaux irlandaises

  • Mer du Nord

  • Mer de Wadden

  • Casier
  • Chalut à perche

 


  • Nederlands
  • English
  • Français

Dernière mise à jour : juillet 2018

 

Gastéropode gris ambré, le bulot est également appelé « buccin » ou encore « ran » en Normandie, région de forte production. C’est son pied musculeux que l’on consomme.
Sa distribution couvre une bonne partie de l’Atlantique Nord, mais il est particulièrement concentré au large du rivage du Cotentin où il est capturé tout au long de l’année. Il est caractérisé par une coquille en spirale et a un régime alimentaire carnassier nécrophage. Le bulot atteint sa maturité sexuelle vers 2,5-3 ans, quand il mesure entre 40 et 45 mm. La longévité de ce gastéropode est remarquable et peut atteindre 10 ans. Sa lente croissance le rend vulnérable à une activité de pêche trop intensive. 

 

Plutôt cuit que vif

Les bulots sont parfois commercialisés crus (vivants ou parfois surgelés), mais plus fréquemment cuits. La vente du produit cuit croît en importance en raison de la facilité et du gain de temps qu’elle procure aux consommateurs et aux restaurateurs.

 

Casiers appâtés

Le bulot était utilisé comme appât pour la pêche au cabillaud depuis le Moyen Âge. C’est au siècle dernier qu’une pêche spécifique dédiée à l’alimentation humaine a démarré. Il se capture principalement par des casiers appâtés (avec crabe vert, tourteau, roussette…).
Cette pêche très sélective se pratique à partir de navires spécialisés (petits navires côtiers de moins de 12 mètres). Chaque navire pose plusieurs centaines de casiers en 24 heures. Les données de ventes sous halles à marée indiquent que Granville reçoit 50 % des débarquements français (en 2016) ; les bulots représentant 40 % des coquillages débarqués à Granville. 

 

La Belgique importe 265 tonnes annuelles de bulot dont 74 % en provenance de la France et 12 % des Pays-Bas, où le bulot est pêché en mer du Nord.
En Belgique, le bulot est souvent consommé cuit dans les ventes à emporter sous le nom de « caracole ».

 

Affaiblissement des stocks

Les populations de bulot ne font pas l’objet de suivi scientifique par les organismes officiels. Cependant, le Comité régional des pêches maritimes de Normandie et le syndicat mixte pour l’équipement du littoral (SMEL), suivent de près quelques indicateurs clefs (captures par unité d’effort, rendements, tailles), ainsi que l’évolution de l’activité.
Des ventes fortement rémunératrices (> 3 euros/kg) vers les marchés d’Extrême-Orient (Corée du Sud principalement) ont participé à la rentabilité de l’activité, à l’accroissement de l’effort de pêche et à la nécessité renforcée de son encadrement. Le stock a été affaibli en partie par la surpêche et par la modification du milieu (notamment par la pollution des eaux côtières), ce qui a entraîné une chute de la production en 2006-2007.

 

Sous surveillance

L’effort de pêche a diminué grâce à des mesures de conservation mises en place par les producteurs (réduction des quotas et des captures en période de reproduction pendant le mois de janvier). Le bulot est soumis à une réglementation spécifique dans les deux principaux départements producteurs, la Manche et le Calvados. Sa pêche nécessite la détention d’une licence, délivrée annuellement par le Comité régional des pêches. Afin de réduire l’effort de pêche, le nombre de ces licences a baissé ces dernières années. Dès 1983, une taille minimale de capture de 45 mm (correspondant à la taille de maturité sexuelle) a été instaurée au niveau local par les professionnels, puis en 2000 au niveau européen. Le tri doit s’effectuer à bord des navires sur zone (mesure nationale). En 2017, les efforts de gestion de la ressource ont permis l’obtention du label pêche durable MSC (Marine Stewardship Council) pour le bulot de la baie de Granville. 

 

 

En 2015, 36 341 tonnes de bulot commun (Buccinum undatum) ont été pêchées au niveau mondial.
Le Royaume-Uni et l’Irlande sont également des pays producteurs de bulot commun.

 

L’espèce Busycotypus canaliculatus est pêchée sur la côte ouest de l’Atlantique dans le golfe du Maine aux États-Unis où son stock est jugé dans un état extrêmement vulnérable (source NOAA). Au Canada (Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve-et-Labrador), Neptunea despecta est l'espèce la plus abondante mais est interdite à la consommation en raison de la bio-accumulation de polluants (PCB) dans sa chair.

 

À RETENIR

  •  Le bulot, grande spécialité normande, est devenu un incontournable des plateaux de fruits de mer.
  • Le stock normand est sous la surveillance du Comité régional des pêches maritimes de Normandie, qui, après l’altération du stock dans les années 80, a mené une politique de réduction de l’effort de pêche. Le stock est désormais géré à un niveau durable.
  • La consommation de bulot (Buccinum undatum) peut être recommandée.
  • La pêcherie française de la baie de Granville est certifiée MSC.
  • Les espèces de bulot pêchées en Atlantique Nord-Ouest sont à éviter en raison de la fragilité des ressources (Busycotypus canaliculatus) et de la concentration de polluants (Neptunea despecta).