Cabillaud | Guide des espèces

Cabillaud

Gadus morhua


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  • Atlantique Nord, des eaux canadiennes à la mer de Barents.
  • Chalut de fond / à perche
  • Filet droit
  • Ligne
  • Palangre
  • Cage flottante en mer

 


Dernière mise à jour : juin 2020

 

Le cabillaud, espèce la plus connue parmi les gadidés, vit en Atlantique Nord, des eaux canadiennes (à l’ouest) à la mer de Barents (à l’est). Poisson des eaux froides, il ne descend guère en-dessous du 48e parallèle Nord. La femelle atteint sa première maturité sexuelle lorsqu’elle mesure entre 40 (voire 30) et 70 cm selon les zones. La reproduction se fait à des températures comprises entre 4 et 6°C ; elle a lieu en mer du Nord, de février à avril. Le cabillaud peut exceptionnellement atteindre 2 mètres de long et peser jusqu’à 100 kg. Il peut vivre 25 ans. 

 

Au chalut ou à la ligne

Le cabillaud, poisson très demandé et à forte valeur marchande, fait l’objet d’une exploitation intensive. En France, il est principalement pêché au chalut dans le cadre de pêcheries ciblées ou de pêcheries mixtes (associant d’autres espèces). Il est principalement pêché à la palangre et au filet droit par les Norvégiens, à la palangre et au chalut par les Islandais. La pêche récréative est aussi très importante pour cette espèce. 

 

 

Gestion des stocks

Plusieurs stocks distincts fréquentent l’Atlantique Nord-Est, première zone d’approvisionnement du marché européen. Le stock le plus important est celui de la mer de Barents, géré par la Russie et la Norvège. Pour les Etats membres de l’UE, la capture du cabillaud est assujettie à une taille minimale fixée à 30 cm dans le Skagerrak et le Kattegat, à 38 cm en mer Baltique et à 35 cm dans les autres zones. Les Suédois appliquent une taille minimale de 40 cm. 

 

Le stock Nord-Est Arctique (zones 1 et 2 au large), de très loin le plus important de l’Atlantique Nord-Est, jouit d’une pleine capacité de reproduction avec une biomasse très élevée bien qu’en baisse ces dernières années. Son niveau actuel d’exploitation (partagée principalement entre la Norvège (mer de Barents) et la Russie), est en 2018 estimé légèrement supérieur à celui correspondant au RMD (Rendement Maximum Durable). Les scientifiques du CIEM recommandent, en suivant le plan de gestion en cours, des captures de 689  672 tonnes pour  2020 (778 627 tonnes ont été débarquées en 2018). Le Skrei est le nom porté par le cabillaud au moment du frai, pêché quelques semaines au cours de l’hiver au large des îles Lofoten (Norvège). La chair du cabillaud est différente pendant cette période et est appréciée par les Norvégiens. Les pêcheries ciblant le Skrei sont bien réglementées par le gouvernement norvégien ce qui assure une gestion durable même en pleine période de reproduction. 

 

Le stock des eaux littorales de Norvège (zones 1 et 2, le long du littoral) est difficile à évaluer car la frontière entre la zone littorale et la zone du large est floue et l’allocation des captures au stock correspondant est délicate. Une campagne scientifique indique que la population de reproducteurs est très faible depuis 20 ans. Un plan de restauration a été établi en 2011 par le gouvernement norvégien pour réduire progressivement le taux d’exploitation, afin d’atteindre, en 2019, 40% du niveau de 2009. Or les

captures, malgré une baisse récente, restent supérieures à celles de 2009 (49 075 tonnes en 2018, incluant près de 13 000 tonnes de captures récréatives). 

 

Le stock d’Islande (zone 5.b1) s’est récemment améliorée mais le taux d’exploitation est au-delà du niveau du RMD. Le CIEM recommande des captures d’au plus 11 679 tonnes en 2020. 

 

Le stock mer du Nord, Skagerrak et Manche Est  (zones 4, 7.d et sous-division 20) a connu une forte chute de biomasse entre 1970 et 2000 liée à une importante surpêche. Malgré quelques signes d’amélioration dans les années 2000 (forte baisse du taux d’exploitation, augmentation de la biomasse), ce stock est désormais considéré effondré (biomasse reproductive très faible et en baisse, faible recrutement depuis 1998). Les scientifiques recommandent une réduction des captures de 72 % pour 2020. Le TAC (Total Admissible de Captures) décidé pour l’Union européenne et la Norvège n’a cependant baissé que de 50 % (soit 17 679 tonnes).

 

Le stock de mer Celtique (zones 7.e–k), en limite sud de répartition de l’espèce, jouit d’une croissance plus rapide, avec une maturité sexuelle plus précoce que les autres stocks d’Atlantique Nord-Est, mais est également plus sensible au réchauffement climatique. Le taux d’exploitation est depuis le début des années 80 très supérieur au niveau du RMD et le niveau de reproducteurs est très faible et globalement toujours en baisse. Les scientifiques considèrent ce stock comme effondré et recommandent l’absence de captures en 2020. 
Le TAC pour 2020 a été fixé à 805 tonnes, soit une baisse de 50 % par rapport à 2019. 

 

Le stock Ouest de la mer Baltique (zone 3, sous-division 22-24) est considéré en 2019 comme étant en plein effondrement, après une forte surexploitation et une baisse de la biomasse reproductive depuis 2008. Les scientifiques considèrent ce stock comme étant (encore) surpêché et (toujours) dégradé, et recommandent des captures, en suivant le plan de gestion, entre 5 205 et 11 006 tonnes au total pour 2020 dont 2 140 tonnes pour la pêche récréative. 

 

Le stock Est de la mer Baltique  (zone 3, sous-division 24-32) est considéré comme effondré. La biomasse reproductive est en baisse depuis 2015, le recrutement de juvéniles est au plus bas en 2017 et la mortalité en 2018 n’a jamais été aussi haute. Les scientifiques recommandent aucune capture en 2020 dans cette zone. 

 

Le stock d’Écosse de l’Ouest  (zone 6.a) est considéré comme effondré. Il souffre d’une capacité reproductive réduite depuis les années 90. Le CIEM recommande qu’aucune pêcherie ne cible ce stock et que les rejets et prises accessoires soient réduits à leur minimum afin de laisser le stock se reconstituer. 

 

Le stock de mer d’Irlande (zone 7.a) est estimé exploité à un niveau durable. Le CIEM recommande pour 2020 une baisse de 20 % des captures, soit 116 tonnes (215 tonnes débarquées en 2018).

 

Dans le cabillaud, tout est bon

 

Le cabillaud est devenu, au fil du temps, l’une des espèces préférées des Français et des Belges. Ses filets sans peau, vendus frais ou surgelés, sont fort appréciés. Après salage, alors appelé morue, il est depuis toujours le roi des fêtes pascales. Salé et séché, vendu ouvert en deux ou en morceaux, il fait le régal des Portugais (bacalhau), des Espagnols (bacalao) et des Italiens (baccalà). Séché mais non salé, appelé alors stockfish à Nice ou dans l’Aveyron, il est plus rare mais non moins savoureux. Dans le pays niçois, le ragoût local appelé « estocaficada » est fait à base de cabillaud séché, de pommes de terre, de tomates et d’huile d’olive. Les joues, fraîches ou salées, offrent de délicieux morceaux fondants et sans arêtes. Les rogues (poches d’oeufs), charnues et fumées, sont transformées en tarama. Le foie, dont on extrait la fameuse huile pour ses vertus sur la santé, est également commercialisé en conserve. La langue est si savoureuse que les pêcheurs des pays producteurs la gardent pour eux. L’estomac est consommé en Espagne et au Portugal.

 

 

À RETENIR

  • Les stocks de cabillaud ont sévèrement décliné au cours des dernières décennies, en raison d’une pression par pêche trop forte, de la part des pêcheurs professionnels et des plaisanciers. 
  • Le stock islandais est considéré durable. 
  • Le stock Nord-Est Arctique, le plus  important de l’Atlantique Nord-Est,  est légèrement surexploité.
  • Les stocks de mer du Nord, Skagerrak, Manche Est, mer Celtique, Ouest Écosse sont considérés comme effondrés. 
  • Les stocks des îles Féroé, de l’Ouest mer Baltique, de mer de Barents et des eaux littorales de Norvège sont surpêchés. 
  • Évitez les achats de cabillaud  (Gadus morhua) provenant des stocks  qui sont surpêchés ou effondrés.
  • Seize pêcheries (en Islande, îles Féroé, Norvège, Danemark, Royaume-Uni, Espagne, France, Russie et Canada) de cabillaud de l’Atlantique Nord-Est, Gadus morhua, ainsi que deux pêcheries de cabillaud du Pacifique en Alaska,  Gadus macrocephalus, sont certifiées MSC. 
     

À SAVOIR

Les rejets de cabillaud sont interdits en Norvège et en Russie depuis 1987 et au sein de l’Union européenne progressivement entre 2016  et 2018 (Politique Commune de la Pêche).