Chinchard | Guide des espèces

Chinchard

Trachurus trachurus

Trachurus mediterraneus


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  • Atlantique Est
  • Mer Méditerranée
  • Mer Noire
  • Chalut de fond
  • Chalut pélagique
  • Senne
  • Filet
• Aucun élevage

Dernière mise à jour : janvier 2022

 

 

Biologie

Chinchard commun (Trachurus trachurus)

  • FAMILLE : Carangidae.
  • TRAITS DISTINCTIFS : Corps fusiforme et élancé, nageoire caudale très échancrée, ligne latérale arquée avec des scutelles osseuses dans la partie postérieure, tache noire au niveau des opercules.
  • HABITAT : Espèce pélagique qui vit entre 10 et 500 m de profondeur.
  • ALIMENTATION : Céphalopodes, crustacés et poissons.
  • MATURITÉ SEXUELLE : Manche et mer du Nord : 24 cm (4-5 ans/femelle) ; 18 cm (3 ans/mâle). Golfe de Gascogne et côtes Ibériques : 27 cm (4 ans/femelle) ; 22 cm (3 ans/mâle). Golfe du Lion : 20 cm.
  • PÉRIODE DE FRAI : Golfe de Gascogne et mer Celtique : de mars à août. Plus précoce plus au sud.
  • LONGÉVITÉ : 15 ans

Autres espèces de chinchard commercialisée sur nos marchés : 

  • CHINCHARD À QUEUE JAUNE (Trachurus mediterraneus). Maturité sexuelle : 20 cm.

 

Chinchard commun ou chinchard à queue jaune ? La tache noire sur l’opercule est arrondie chez le chinchard commun et allongée chez le chinchard à queue jaune ; ce dernier est aussi caractérisé par des nageoires jaunâtres.

 

Pêche

Le chinchard commun fréquente les eaux de l’Atlantique Est (du nord de la Norvège à l’Afrique du Sud), de la mer Méditerranée et de la mer Noire. Le chinchard à queue jaune est présent essentiellement dans le sud du golfe de Gascogne et en mer Méditerranée.

Les chinchards sont en général capturés dans le cadre de pêcheries mixtes (ciblant plusieurs espèces), principalement au chalut pélagique et à la senne tournante. La flotte européenne représente 95 % des débarquements mondiaux de chinchard commun (133 727 tonnes en 2018) ; la majorité de ces débarquements proviennent de l’Atlantique Nord-Est. La Turquie est le premier pays pêcheur de chinchard à queue jaune (14 222 tonnes en 2018).

La France débarque en moyenne 4 700 tonnes de chinchard commun par an. La flotte belge ne cible pas le chinchard ; cette espèce est capturée en prises accessoires des chalutiers à perche visant les poissons plats.

En Europe, les chinchards juvéniles (commun et à queue jaune) sont prioritairement ciblés pour approvisionner les marchés du sud de l’Europe. Les poissons plus âgés sont exportés vers le Japon et les poissons de grosse taille sont dirigés vers les marchés africains où cette espèce est très appréciée.

 

 

 

Gestion des stocks

La pêche au chinchard est encadrée par des TAC  (1) en Atlantique Nord-Est et une taille minimale de capture. Le taux de prises accessoires de chinchard (sous-tailles, hors TAC) est globalement faible (4  % pour le stock Ouest), mais peut varier entre 0 % et 90 % selon les pêcheries.

 

État des stocks de chinchard communs dans l'Atlantique Nord-Est et en Méditerranée. 

Vert : stocks jugés en bon état ; Rouge : stocks dégradés et surpêchés ;

Bleu : stocks non évalués.

 

TAC ET AVIS SCIENTIFIQUES : 

  • Stocks où les TAC suivent les avis scientifiques  :
    • Côtes Ibériques (Stock Sud) (a)
    • Skagerrak et Kattegat, Mer du Nord centrale et méridionale
    • Manche-Est (Stock Nord) (b)
    • Golfe de Gascogne, Mer de Norvège, Mer du Nord septentrionale, eaux des îles Féroé, ouest Écosse, mer d’Irlande, Manche Ouest, mer Celtique (Stock Ouest) (b)

Taille minimale de capture au sein de l’UE (chinchard commun et chinchard queue jaune) :

  • Atlantique Nord-Est : 15 cm
  • Mer Méditerranée : 15 cm

 

 

Etat des stocks

Côtes Ibériques - stock Sud

Biomasse reproductive en hausse, largement supérieure au seuil de durabilité. Taux d’exploitation stable, très largement inférieur au niveau permettant le RMD (2). Avis scientifique (approche au RMD) : limite de captures pour 2021 (≤ 128 627 t), en hausse par rapport à l’avis pour 2020.

 

• Skagerrak et Kattegat, mer du Nord centrale et méridionale, Manche Est - stock Nord

Niveau minimum de biomasse reproductive requis pour assurer la durabilité du stock inconnu et par conséquent biomasse considérée comme dégradée (principe de précaution). Indice d’abondance en baisse (niveau très bas). Stock estimé surpêché. Avis scientifique pour 2021 (approche de précaution) : même limite de captures qu'en 2020 (≤ 14 014 t), en diminution par rapport à l’avis pour 2020.

 

• Golfe de Gascogne, mer de Norvège, mer du Nord septentrionale, eaux des îles Féroé, ouest Écosse, mer d’Irlande, Manche Ouest, mer Celtique - stock Ouest

Biomasse reproductive en légère augmentation et très proche du seuil d’effondrement (risques forts de non-renouvellement du stock). Taux d’exploitation en hausse et supérieur au niveau permettant le RMD. Faible recrutement de juvéniles (qui dépend notamment des conditions environnementales). Avis scientifique (approche au RMD) : limite de captures pour 2021 (≤ 81 376 t), en diminution par rapport à l’avis pour 2020.

 

Chinchard à queue jaune (Trachurus mediterraneus) Peu de données sont disponibles sur l’état des stocks de cette espèce en Atlantique Nord-Est et en Méditerranée. Elle n’est pas considérée comme fortement exploitée et sa population semble variable, probablement selon les conditions environnementales.

 

 

Consommation

Contrairement à l’engouement des Espagnols et des Portugais pour cette espèce, le chinchard est très peu prisé en France et en Belgique. Il n’est pas consommé localement et les débarquements sont essentiellement exportés vers la péninsule Ibérique. Si la mode des sushis, pour lesquels le chinchard est très utilisé, stimule la visibilité de cette espèce, le chinchard reste à découvrir par une plus large frange des consommateurs. Préparé cru, en filet mariné ou encore grillé entier au barbecue, le chinchard est un poisson savoureux. Le faible intérêt des consommateurs pour cette espèce en fait l’un des poissons les moins chers à l’étal des poissonniers.

 

 

 

 

(1) Total admissible de captures

(2) Rendement Maximum Durable

 

(a) Analyse faite pour l’année 2021. Le TAC pour cette zone est combiné pour toutes les espèces appartenant au genre Trachurus.

(b) Analyse faite pour l’année 2020. En raison du Brexit, les TAC pour 2021 pour les stocks partagés entre le Royaume-Uni et l’UE n’ont pas encore été fixés. Les TAC de 2020 ont été reconduits jusqu’au 31 juillet 2021, en attendant les accords de pêche entre l’UE et le Royaume-Uni. Mises à jour disponibles sur www.ethic-ocean.org.

 

ÉLÉMENTS CLÉS

  • Le chinchard est un petit pélagique goûteux, bon marché, mais mal aimé des consommateurs français et belges.
  • Le chinchard commun est de moins et moins abondant en Atlantique Nord-Est en raison de la surpêche et d'un faible niveau de recrutement de juvéniles.
  • En Atlantique Nord-Est, seul le stock des côtes Ibériques de chinchard commun est en bon état. En Méditerranée et en mer Noire, cette espèce n’est pas suivie scientifiquement.
  • Peu de données sont disponibles sur l’état des stocks du chinchard à queue jaune.

RECOMMANDATIONS D'ACHATS

➜ À privilégier : Chinchard commun : stock Sud (côtes Ibériques).

➜ À consommer avec modération : Chinchard commun : stocks de la Méditerranée et mer Noire. Chinchard à queue jaune : tous stocks.

➜ Privilégiez les individus de chinchard commun ayant une taille > à 27 cm (côtes Ibériques), > à 20 cm (golfe du Lion).

➜ Privilégiez les individus de chinchard à queue jaune ayant une taille > à 20 cm.

➜ À éviter : Chinchard commun : stock Nord (Skagerrak et Kattegat, mer du Nord centrale et méridionale, Manche Est), stock Ouest (Golfe de Gascogne, mer de Norvège, mer du Nord septentrionale, eaux des îles Féroé, ouest Écosse, mer d’Irlande, Manche Ouest, mer Celtique)