Chinchard

Trachurus trachurus

Trachurus mediterraneus


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  • Atlantique Est : du nord de la Norvège à l’Afrique du Sud
  • Mer Méditerranée
  • Chalut de fond
  • Chalut pélagique
  • Senne
  • Filet

 


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Dernière mise à jour : juillet 2018

 

Poisson grégaire de la famille des carangidés, le chinchard est une espèce pélagique que l’on peut également trouver à proximité du fond. Il se distingue par une nageoire caudale très échancrée et la présence de scutelles osseuses (dans la partie postérieure de la ligne latérale) qui accentuent son éclat argenté. Le chinchard commun (Trachurus trachurus) fréquente les eaux côtières au cours de ses deux premières années, puis il s’éloigne sur le plateau continental. Il ne revient sur la côte qu’à l’âge adulte, au cours de sa migration d’été. Le mâle acquiert sa première maturité sexuelle à 3 ans, quand il mesure environ 20-22 cm, alors que la femelle l’acquiert à 4 ans, quand elle mesure 26-30 cm. Le chinchard peut vivre jusqu’à 15 ans. Comme tous les autres petits pélagiques, les populations de chinchard sont sensibles aux modifications environnementales.

 

En Europe, les chinchards juvéniles sont prioritairement ciblés pour approvisionner les marchés du sud de l’Europe ; les poissons plus âgés sont exportés vers le Japon et les poissons de grosse taille sont dirigés vers les marchés africains où cette espèce est très appréciée.

 

 

Etats des stocks

Trois stocks distincts de chinchard commun font l’objet de suivi scientifique :

 

• Le stock de la mer du Nord, Manche Est, Skagerrak-Kattegat, couvrant les divisions CIEM IIIa, IVb, c, Vlld, montre des signes d’amélioration de sa biomasse qui reste cependant à un niveau bas, sans pouvoir définir le niveau de durabilité correspondant. Les recommandations des scientifiques, qui préconisaient de réduire le niveau de captures, ont été suivies par les gestionnaires depuis 2015. Actuellement, le stock n’est pas surexploité.

• Le stock Sud au large du Portugal, couvrant la division IXa, est exploité durablement depuis 1990. Les scientifiques estiment qu’une augmentation des captures est possible sur ce stock à hauteur de 55 555 tonnes pour 2018 (sachant que 40 730 tonnes ont été capturées en 2016).

• Le stock Ouest couvrant les divisions IIa, IVa, Vb, VIa, VII a-c, e-k (mers Celtiques), VIII (golfe de Gascogne) d’où provient l’essentiel des captures de chinchard dans l’Atlantique Nord-Est (98 810 tonnes pêchées en 2016), est exploité au niveau du Rendement Maximum Durable. Le recrutement de juvéniles dans le stock de reproducteurs (qui dépend notamment des conditions environnementales) est faible depuis 2002 ce qui entraîne une baisse d’abondance du stock depuis 2010.

 

Les règles de conservation comprennent une limite quantitative des prises sous la forme d’un TAC établi pour chacun des trois stocks identifiés. Par ailleurs, une taille minimale de commercialisation a été fixée à 15 cm, taille très en deçà de celle de la première maturité sexuelle de l’espèce qui est aux alentours de 26 cm pour les femelles. Le taux de prises accessoires de chinchard (sous-tailles, hors TAC) est globalement faible (4 % pour le stock Ouest), mais peut varier entre 0 % et 90 % selon les pêcheries.

 

Le mal aimé

Contrairement à l’engouement des Espagnols et des Portugais pour cette espèce, le chinchard est très peu prisé en France et en Belgique. Il n’est pas consommé localement et ses débarquements sont essentiellement exportés vers la péninsule ibérique. Si la mode des sushis, pour lesquels le chinchard est très utilisé, stimule la visibilité de cette espèce, le chinchard reste à découvrir par une plus large frange des consommateurs. Préparé cru, en filet mariné ou encore grillé entier au barbecue, le chinchard est un poisson savoureux.
Le faible intérêt des consommateurs pour cette espèce et sa relative abondance (quelque 4 000 tonnes sont vendues annuellement dans les criées françaises) en font l’un des poissons les moins chers à l’étal des poissonniers. Le prix payé aux pêcheurs par les mareyeurs s’établit aux alentours de 1 euro/kg sous criée.

 

En Belgique, 50 tonnes par an sont débarquées, le chinchard est principalement capturé en prise accessoire des chaluts à perche visant les poissons plats ; il est vendu aux alentours de 0,43 euro/kg sous criées belges. En 2016, la Belgique a également importé 1 400 tonnes de chinchard.

 

Le chinchard Trachurus mediterraneus, appelé « chinchard à queue jaune » est présent principalement dans le sud du golfe de Gascogne et en Méditerranée. Peu de données sont disponibles sur l’état des stocks de cette espèce. Elle n’est pas considérée comme fortement exploitée et sa population semble variable, probablement en réaction à des changements écologiques. Les deux espèces de chinchard sont difficiles à distinguer.

 

 

À RETENIR

  • Le chinchard est un petit pélagique goûteux, bon marché, mais mal aimé des consommateurs français et belges.
  • L’espèce est de moins en moins abondante en Atlantique Est en raison du mauvais niveau de recrutement de juvéniles dans le stock de reproducteurs, dû à de mauvaises conditions environnementales.
  • Privilégiez le chinchard pêché le long des côtes portugaises qui est le plus abondant de tous.
  • Le chinchard provenant des autres stocks (mer du Nord et golfe de Gascogne) est à consommer avec modération en raison des faibles niveaux de biomasse.
  • Évitez les poissons de petite taille (< 25 cm). Privilégiez les achats des poissons adultes (> 25 cm).
  • Sa chair fondante est délicieuse crue, en marinade, au barbecue, en sushi…