Colin d'Alaska | Guide des espèces

Colin d'Alaska

Theragra chalcogramma


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  • Pacifique Nord, de l’Alaska au nord du Japon
  • Chalut de fond

 


Dernière mise à jour : juin 2020

 

Le colin d’Alaska est un gadidé, comme le cabillaud ou le lieu noir. Il vit dans le Pacifique Nord entre 100 et 500 mètres de profondeur. Il vit en moyenne 12 ans mais peut atteindre l’age de 30 ans. Il atteint sa maturité sexuelle vers 3-4 ans quand il mesure environ 30 cm. Adulte, il mesure entre 40 et 70 cm et pèse entre 0,5 et 1,5 kg mais il peut mesurer jusqu’à 90 cm et peser 3,9 kg. Cette espèce croît rapidement et est caractérisée par une importante fécondité. Les femelles peuvent produire jusqu’à 2 millions d’œufs en l’espace de quelques semaines.

 

Le colin d’Alaska a un comportement pélagique au cours de ses premières années de vie et devient démersal quand il est sexuellement mature. Il se déplace dans les eaux plus profondes en hiver et dans les eaux peu profondes près des côtes d’Alaska au printemps pour se reproduire et se nourrir. Il se nourrit de plancton, krill, crevettes et petits poissons mais comme beaucoup d’autres poissons, il a des comportements cannibales ; il est son principal prédateur pour la classe d’âge 0 (poissons nés dans l’année). Le colin d’Alaska représente une source importante de nourriture pour les otaries et les phoques. 

 

 

 

Le colin d’Alaska est réputé pour bien résister à la pression de pêche, en raison de ses caractéristiques biologiques : maturité précoce et grande fécondité. 

 

 

La pêche au niveau mondial 

Les captures mondiales de colin d’Alaska sont passées d’environ 6 millions de tonnes à la fin des années 80, à environ 3 millions de tonnes ces dernières années. Les principaux pays pêcheurs sont la Russie (plus grand producteur mondial), les Etats-Unis et le Japon. 

 

 

La gestion des différents stocks  

Une douzaine de stocks distincts de colin d’Alaska peuplent toute la largeur du Pacifique Nord subarctique. La gestion de ces stocks est du ressort des administrations nationales (États-Unis, Japon, Russie, Corée). La Convention pour la conservation et la gestion du colin d’Alaska du centre de la mer de Béring a été signée le 16 juin 1994 par la Chine, le Japon, la Corée du Sud, la Pologne, la Russie et les États-Unis pour réguler les stocks se chevauchant dans le Donut Hole (zone de haute mer entourée des zones économiques exclusives Américaines et Russe).
 

Avec environ 3 millions de tonnes débarquées annuellement, cette espèce est la première ressource halieutique destinée à la consommation humaine dans le monde. 

 

 

Stocks américains

Les stocks américains (zone 67 Pacifique Nord-Est) comprennent le golfe d’Alaska, l’est de la mer de Bering, les îles Aléoutiennes et l’île Bogoslof. Les mesures de gestion de ces stocks ont été mises en place par le Conseil de Gestion des Pêcheries du Pacifique Nord à travers un plan de gestion, qui a été développé en 1982 pour l’est de la mer de Bering, et les îles Aléoutiennes et en 1978 pour le golfe d’Alaska et mis à jour régulièrement. Il comprend des mesures telles qu’un système de licence, un nombre limité de pêcheurs, un quota, des périodes de pêche, des zones fermées, des obligations de déclaration de captures, des règles en matière d’engins de pêche autorisés et de prises accessoires, des contrôles menés par des observateurs. De plus, des règles spécifiques sont mises en place pour réduire la concurrence que les chalutiers font aux lions de mer, mammifères marins en danger qui se nourrissent du colin d’Alaska.  Depuis 2011, de nouvelles mesures ont également été mises en place pour réduire les prises accessoires de saumon.

 

-Le TAC (Total Admissible de Captures) du stock de la mer de Béring orientale, le plus important de tous les stocks américains (> 80 % de l’ensemble) est de 1,425 million de tonnes pour 2020 et de 1,450 million de tonnes pour 2021. 

 

-Le TAC du stock des îles Aléoutiennes a été fixé pour l’année 2020 à 19 000 tonnes et celui de l’île de Bogoslof à 75 tonnes. Dans le golfe d’Alaska, deux stocks distincts sont identifiés (le stock de l’Est et celui de l’Ouest et du Centre) mais ils sont considérés comme un stock unique, en termes de gestion.

 

-Le TAC du stock du golfe d’Alaska a été fixé en 2020 à 115 930 tonnes et à 119 239 tonnes pour l’année 2021. Selon les dernières évaluations, ces stocks ne suscitent pas d’inquiétudes et sont exploités de manière durable. 

 

 

Autres stocks 

Les stocks russes se situent à l’ouest de la mer de Bering et la mer d’Okhotsk. Les mesures de gestion comportent des périodes de fermeture des pêcheries et des TAC (1,833 million de tonnes pour 2020). Une surpêche systématique est signalée dans l’ouest de la mer de Bering.

 

La principale pêcherie japonaise du colin d’Alaska se situe au large de la côte nord-est de Honshu et à l’est de Hokkaido. Le TAC a été revu à la baisse ces dernières années pour le faire correspondre aux avis des scientifiques (180 000 tonnes en 2016). La biomasse des reproducteurs se situe au-dessus de la limite de durabilité (397 000 tonnes en 2014, avec une limite de durabilité de 151 000 tonnes). Une stratégie de gestion pluriannuelle a été mise en place et des évaluations de la biomasse et du recrutement sont régulièrement réalisées. Le stock est considéré durable. 

 

Peu de données existent sur les mesures de gestion des stocks gérés par la Corée et l’état de ces stocks est donc peu connu.

 


 

 

Tous le mangent, peu le connaissent

Les statistiques de consommation reconnaissent rarement le colin d’Alaska : il est souvent inclus dans le large groupe des colins (ou « lieus »), où l’on retrouve le lieu noir et le lieu jaune. Ne le cherchez pas entier à l’étal du poissonnier : en Europe, il est commercialisé sous forme de filet sans peau ou de portions en frais ou surgelées, nature, panées, enrobées ou dans des plats cuisinés.

 

 

Des scientifiques ont récemment montré que le colin d’Alaska est en fait proche du cabillaud, d’un point de vue génétique. Ainsi, les biologistes lui ont attribué un nouveau nom Gadus chalcogrammus (remplaçant ainsi sa précédente appellation Theragra chalcogramma).

 

À RETENIR

  • Le colin d’Alaska est une espèce pleinement exploitée. La situation des différents stocks est très variable.
  • Les stocks américains et japonais font l’objet d’un plan de gestion strict et de suivis scientifiques précis, et sont considérés comme exploités de manière durable. 
  • Le stock russe de la mer d’Okhotsk est considéré en bon état. Celui de l’ouest de la mer de Béring a été systématiquement surpêché et peu de données sont disponibles sur son état actuel.
  • Peu de données sont disponibles sur les stocks gérés par les Coréens.
  • Trois pêcheries de colin d’Alaska ont obtenu l’écolabellisation MSC (Marine Stewardship Council) : la pêcherie de la mer de Béring et des îles Aléoutiennes, la pêcherie du golfe d’Alaska ainsi que la pêcherie russe de la mer d’Okhotsk (Pacifique Ouest).
  • Des volumes importants de colin d’Alaska, issus de pêcheries durables, sont commercialisés sous forme de filet  ou de surimi avec l’écolabel MSC et/ou  RFM (Responsible Fishery Management). 
  • Toutes les pêcheries de colin d’Alaska actuellement certifiées MSC utilisent  exclusivement des chaluts pélagiques.

À SAVOIR

Matière de base du surimi

Le « surimi-base » est la matière première utilisée par les industriels pour la fabrication de surimi. Si le colin d’Alaska a historiquement constitué la principale matière de base du surimi, aujourd’hui, il n’en représente guère plus de la moitié. D’autres espèces telles que le merlan bleu, le hoki, le merlan du Pacifique ou encore des pélagiques d’eaux froides sont utilisées dans la fabrication.[En lire plus : Fiche Le surimi).