Colin d'Alaska

Theragra chalcogramma


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  • Pacifique Nord, de l’Alaska au nord du Japon
  • Chalut de fond

 


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Dernière mise à jour : juillet 2018

 

Le colin d’Alaska est un gadidé, comme le cabillaud ou le lieu noir. Il vit dans le Pacifique Nord entre 100 et 300 mètres de profondeur. Il peut vivre 30 ans. Il atteint sa maturité sexuelle vers 3-4 ans quand il mesure entre 20 et 50 cm. Adulte, il peut mesurer jusqu’à 130 cm et peser 18 kg. Cette espèce croît rapidement et est caractérisée par une importante fécondité. Les femelles peuvent produire jusqu’à 2 millions d’oeufs en l’espace de quelques semaines. Le colin d’Alaska a un comportement pélagique au cours de ses premières années de vie et devient démersal quand il est sexuellement mature. Comme beaucoup d’autres poissons, le colin d’Alaska a des comportements cannibales ; il est son principal prédateur pour la classe d’âge 0 (poissons nés dans l’année). Les variables environnementales ont également un impact sur l’abondance de nombreux poissons tels que le colin d’Alaska. Ainsi, la prolifération de méduses, chassant les mêmes proies que le colin, affecte l’abondance de ce dernier.

 

Le colin d’Alaska est réputé pour bien résister à la pression de pêche, en raison de ses caractéristiques biologiques : maturité précoce et grande fécondité. 

 

 

Stocks plus ou moins connus

Une douzaine de stocks distincts de colin d’Alaska peuplent toute la largeur du Pacifique Nord subarctique. La gestion de ces stocks est du ressort des administrations nationales (États-Unis, Japon, Russie, Corée du Nord), ou de commissions internationales dans le cas de stocks chevauchant plusieurs eaux nationales. Les captures mondiales de colin d’Alaska sont passées d’environ 6 millions de tonnes, à la fin des années 80, à 3 millions de tonnes ces dernières années. Les stocks du Nord-Est gérés par les États-Unis font l’objet de recherches scientifiques et de publications régulières. Deux zones sont couvertes par le plan d’aménagement des poissons de fond des États-Unis : la mer de Béring et le golfe d’Alaska.

 

En mer de Béring, trois stocks sont identifiés : le stock Est de la mer de Béring, le stock des Îles Aléoutiennes et le stock de l’Île Bogoslof.

Le golfe d’Alaska est fréquenté par deux stocks distincts : le stock de l’Est et celui de l’Ouest et du Centre.

 

Avec environ 3 millions de tonnes débarquées annuellement, cette espèce est la première ressource halieutique destinée à la consommation humaine dans le monde. 

 

 

Eaux internationales

Quand le colin d’Alaska vit dans des stocks chevauchant les eaux nationales du Pacifique Nord, ceux-ci sont alors étudiés et gérés par la Convention pour la conservation et la gestion de colin d’Alaska du centre de la mer de Béring. Cette convention a été signée le 16 juin 1994 par la Chine, le Japon, la Corée du Sud, la Pologne, la Russie et les États-Unis. 

 

Stocks américains

Le TAC du stock de la mer de Béring orientale, le plus important de tous les stocks américains (> 80 % de l’ensemble) a été revu à la baisse, passant de 1,485 million de tonnes en 2006, à 815 000 tonnes en 2009, puis a été augmenté de nouveau à partir de 2012. Ce déclin entre 2006 et 2009 était dû, entre autres facteurs, à la surexploitation de certains stocks ainsi qu’à de mauvais recrutements (nombre de juvéniles intégrant le stock de reproducteurs) sur plusieurs années consécutives. Pour l’année 2018, le TAC est fixé à 1,364 million de tonnes.
Le plan de gestion des pêcheries comprend des mesures telles qu’un système de licence, un nombre limité de pêcheurs autorisés à prendre part à la pêcherie, un quota, des périodes de pêche, des zones fermées, des obligations de déclaration de captures, des règles en matière d’engins de pêche autorisés et de prises accessoires, des contrôles menés par des observateurs. De plus, des règles spécifiques sont mises en place pour réduire la concurrence que les chalutiers font aux lions de mer, mammifères marins en danger qui se nourrissent de cette espèce. Depuis 2011, de nouvelles mesures ont également été mises en place pour réduire les prises accessoires de saumon. 

 

Stocks russes

Les stocks russes de l’Ouest Béring et de la mer d’Okhotsk sont considérés en bon état. Ils sont évalués annuellement et gérés par le gouvernement russe. Des périodes de fermeture des pêcheries et des TAC ont été mis en place pour une gestion durable de la ressource. Pour l’année 2018, le TAC est fixé à 1,781 million de tonnes.

 

 

 

 

 

Tous le mangent, peu le connaissent

Les statistiques de consommation reconnaissent rarement le colin d’Alaska : il est souvent inclus dans le large groupe des colins (ou « lieus »), où l’on retrouve le lieu noir et le lieu jaune. Ne le cherchez pas entier à l’étal du poissonnier : en Europe, il est commercialisé sous forme de filet sans peau ou de portions en frais ou surgelées, nature, panées, enrobées ou dans des plats cuisinés.

La France a importé 55 000 tonnes de colin d’Alaska en 2016 depuis la Chine, les États-Unis et la Russie. La Belgique importe 10 850 tonnes par an qui sont transformées préalablement en Allemagne, aux Pays-Bas ou en Chine. 3 000 tonnes des imports sont transformées puis réexportées.

 

À RETENIR

  • Le colin d’Alaska est une espèce pleinement exploitée. La situation des différents stocks est très variable.
  • Les stocks américains, faisant l’objet d’un plan de gestion strict et de suivis scientifiques précis, sont considérés comme exploités de manière durable.
  • Les stocks russes sont considérés en bon état.
  • Peu de données sont disponibles sur les stocks gérés par les Coréens.
  • Trois pêcheries de colin d’Alaska ont obtenu l’écolabellisation MSC : la pêcherie de la mer de Béring, la pêcherie du golfe d’Alaska ainsi qu’une pêcherie russe dans le Pacifique Ouest.
  • Des volumes importants de colin d’Alaska, issus de pêcheries durables, sont commercialisés sous forme de filet ou de surimi avec l’écolabel MSC.

À SAVOIR

Matière de base du surimi

Le « surimi-base » est la matière première utilisée par les industriels pour la fabrication de surimi. Si le colin d’Alaska a historiquement constitué la principale matière de base du surimi, aujourd’hui, il n’en représente guère plus de la moitié. D’autres espèces telles que le merlan bleu, le hoki, le merlan du Pacifique ou encore des pélagiques d’eaux froides sont utilisées dans la fabrication

(voir fiche Le surimi).