Coquille Saint-Jacques

Pecten maximus, Zygochlamys patagonica,

Placopecten magellanicus, Argopecten purpuratus,

Mizuhopecten yessoensis, Mimachlamys crassicostata


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  • Chalut de fond
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Dernière mise à jour : juillet 2018

 

Les coquilles Saint-Jacques européennes Pecten maximus consommées en France sont issues de gisements localisés autour des Îles Britanniques. Elles peuvent également provenir du golfe de Gascogne (Glénan, baie de Quiberon, Pertuis charentais). Plus rarement, elles sont récoltées à la main toute l’année autour de l’Île Hitra, en Norvège, en Écosse et en Bretagne. Par ailleurs, de nombreuses autres espèces de pectinidés approvisionnent le marché européen sous la forme de « noix de Saint-Jacques » congelées :

 

• Zygochlamys patagonica, pêchée depuis 1996 au chalut de fond en Argentine ainsi qu’en Uruguay. La maturité sexuelle de cette espèce est atteinte à 2 ans. La taille minimale de commercialisation de 55 mm correspond à l’âge de 3-4 ans.

• Placopecten magellanicus ou Peigne géant des États-Unis et du Canada, est une coquille de pêche (drague, chalut de fond) dont les stocks sont fortement exploités. Elle est répartie sur deux sous stocks : Georges Bank et Mid Atlantic Bight. Cette espèce est généralement exploitée par un système d’assolement (certaines zones sont laissées en « jachère » entre 2 périodes d’exploitation). La gestion de la ressource prévoit un accès limité à la pêcherie et son contrôle est strict.

• Au Pérou et au Chili, Argopecten purpuratus est élevée en pleine mer dans des fermes aquacoles.

• Deux pectinidés que l’on retrouve sporadiquement sur nos marchés proviennent d’Asie :

  • Mizuhopecten yessoensis est produite au Japon.
  • Mimachlamys crassicostata, provient du Vietnam où l’état des stocks n’est pas connu. 

 

Record mondial de consommation

La France enregistre le record mondial de consommation de pectinidés avec 2,5 kg par habitant et par an. La coquille y est commercialisée soit entière vivante (production locale), soit en noix fraîche, surgelée ou encore en plats cuisinés.

 

 

Drague à coquilles

Les coquilles Saint-Jacques Pecten maximus, originaires des gisements français ou écossais, sont capturées à la drague à coquille. Engin très lourd qui racle le fond, la drague a un impact non négligeable sur l’environnement marin.

 

En Belgique 3 640 tonnes de pectinidés sont importées chaque année (dont un quart provient des États-Unis et du Canada, 16 % du Pérou et 10 % des pays de l’Est). Les Belges pêchent 766 tonnes par an dont plus de la moitié (54 %) est débarquée dans les criées à l’étranger en raison d’un prix de vente plus élevé qu’en Belgique.

 

La coquille Saint-Jacques est la première espèce en valeur pour la pêche artisanale au sein de la zone de pêche Manche, mer Celtique. 

 

 

Limitation saisonnière

La limitation saisonnière de la pêche en France (d’octobre à mai selon les gisements) résulte à la fois d’une réflexion commerciale (quota fixé en fonction des capacités d’absorption du marché, le marché d’été étant faible) et d’une volonté de conservation de la ressource. Cette fermeture saisonnière de la pêche a un réel intérêt biologique, puisqu’elle correspond à la fois à la période de ponte (de mai à septembre selon les zones et les années) et à la période de forte croissance des coquilles (en période d’abondance du phytoplancton au printemps et en été).

 

Gestion exemplaire, ou presque

Le caractère sédentaire et la forte productivité de cette espèce facilitent sa bonne gestion. Cependant, la forte variabilité du recrutement qui dépend de facteurs exogènes à la pêche (température de l’eau, caractéristiques nutritionnelles du milieu…) et la facilité de capture accentuent sa vulnérabilité. Des systèmes de gestion sont en place pour limiter cette variabilité.
La gestion des coquilles dépend fortement de la région dont on parle. Dans certaines zones, la gestion locale applique des règles strictes (saison de pêche et quotas). Dans d’autres zones, il n’y a presque pas de gestion du prélèvement par les professionnels. En 2013, le CIEM a pris l’initiative d’organiser et de normaliser la collecte de données scientifiques afin d’aider à une meilleure gestion des stocks.


Principales mesures de gestion :

 

• la taille minimale de commercialisation est fixée à l’échelle communautaire (10 cm, sauf en mer d’Irlande et Manche Est où elle est fixée à 11 cm).

• la taille des anneaux est de 92 mm pour les Français et limitée de 75 à 85 mm pour les Britanniques (même s’ils pêchent sur les mêmes zones que les navires français).

• en France, l’ouverture de la pêche (du 1er octobre au 15 mai) est fixée par arrêté ministériel. Cette pêche est sujette à conflits entre les Britanniques, les Irlandais et les Français car au-delà des 12 miles des côtes françaises, la pêche est ouverte toute l’année au Royaume-Uni et en Irlande. Le vote du Brexit au Royaume-Uni en 2017 ne laisse pas présager une amélioration de la situation dans les années à venir.

 

Stocks sous surveillance

• Le gisement coquillier de Manche Est, le principal en France, est exploité par près de 250 navires qui débarquent tout le long du littoral de Boulogne à Cherbourg. Il est également fortement exploité par les flottilles étrangères, britanniques et irlandaises notamment. Il peut être séparé en deux zones :

  • la Baie de Seine (à l’intérieur des eaux territoriales françaises ou 12 milles), zone la plus productive, à l’intérieur de laquelle il y a des mesures de régulations fortes et où les biomasses sont en augmentation régulière depuis 2008.
  • les eaux hors 12 milles sont sans réelles mesures de gestion existantes pour les flottilles anglaises et irlandaises. Les flottilles françaises sont soumises à l'ouverture de la saison de pêche (d’octobre à mai) 5 jours par semaine, aux quotas journaliers et à la limitation du nombre de dragues.

 

Le stock de Manche Ouest est particulièrement dense dans la baie de Saint-Brieuc où se concentre l’essentiel de l’activité de pêche, et ce malgré une diminution de la biomasse exploitable depuis 2011. Il existe d’autres gisements dans le golfe normand-breton produisant entre 1 000 et 2 000 tonnes par an sur Granville et Saint-Malo et de plus petits gisements au nord de la Bretagne (Lannion, Morlaix). Les stocks de ces zones se portent relativement bien.

Le stock de la rade de Brest est pêché au-delà du RMD (Rendement Maximum Durable). L’écloserie locale réensemence la zone afin de maintenir une population exploitable durable. La production globale est de l’ordre de 200 à 300 tonnes par an, dont la moitié est issue de semis d’écloserie.

Au Royaume-Uni, la pêche est menée tout au long de l’année par des dragueurs ainsi qu’une petite partie des captures par des plongeurs professionnels écossais. La gestion des stocks de coquilles Saint Jacques par les Britanniques dépend des zones concernées : aucune régulation n’existe en Écosse tandis que des licences sont mises en place dans le sud de la Cornouaille par exemple. L’état des stocks n’est que partiellement connu. La plupart sont considérés comme pleinement exploités et l’effort de pêche ne doit pas être augmenté.

 

 

 

À RETENIR

  • Les achats de coquilles Saint-Jacques peuvent être recommandés avec modération en raison de l’impact de la drague sur les fonds marins.
  • Les stocks de Manche Est, de Manche Ouest et les petits gisements de la façade Atlantique sont sous haute surveillance. Ils se portent globalement bien.
  • Sept pêcheries sont certifiées MSC dans le monde : les coquilles Mizuhopecten yessoensis du Japon et de la Chine, Zygochlamys patagonica d’Argentine, Placopecten magellanicus du Canada (2 pêcheries) et des Etats-Unis et Pecten maximus des îles Shetland. Les plats cuisinés qui utilisent cette matière première peuvent arborer le logo MSC.
  • Pour les espèces produites en aquaculture (Argopecten purpuratus), vérifiez les pratiques d’élevage avant tout achat.

À SAVOIR

Coquille Saint-Jacques ou pétoncle ?

Un débat anime les quais normands et bretons, sollicite la vigilance de la DGCCRF et fait perdre son latin au plus attentif des consommateurs. « Noix de Saint-Jacques » ou « Noix de pétoncle » ? Telle est la question qui se pose quant à la dénomination des noix de pectinidés. Certains diront que seules les espèces Pecten spp. devraient pouvoir s’appeler « Saint-Jacques », laissant l’appellation « pétoncles » aux autres espèces.
L’Organisation mondiale du commerce a tranché en 1996, en établissant que tous les pectinidés vendus sous forme de noix peuvent s’appeler « Saint-Jacques », sous réserve que leur dénomination scientifique et leur pays d’origine apparaissent clairement sur l’emballage.