Écrevisse

Procambarus clarkii


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Dernière mise à jour : juillet 2018

 

Plusieurs espèces d’écrevisse sont présentes sur le marché européen. Les espèces indigènes sont rares, aussi les produits d’importation sont-ils majoritaires. Nous listons ici les espèces qui ont, un jour ou l’autre, été présentes en Europe occidentale, et celles que nous consommons aujourd’hui :

 

l’écrevisse rouge, ou encore écrevisse noble Astacus astacus, est indigène en Europe. Cette espèce a été quasiment décimée par la peste des écrevisses, une maladie provoquée par le champignon Aphanomyces astaci, vers 1870 ;

l’écrevisse à pieds blancs, Austropotamobius pallipes, indigène en Europe, très sensible aux caractéristiques de son milieu, est menacée d’extinction (inscrite sur la liste rouge de l’UICN) ;

l’écrevisse de torrent, Austropotamobius torrentium, de petite taille, indigène en Europe, a quasiment disparu de France ;

l’écrevisse rouge de Louisiane, Procambarus clarkii, a été introduite en Europe par l’Espagne : résistante, invasive, elle s’adapte redoutablement bien, tout en perturbant les écosystèmes dans lesquels elle est introduite. Elle est aujourd’hui l’espèce la plus abondante en Europe ;

• Orconectes limosus, autre écrevisse américaine introduite en Europe, est aussi considérée comme nuisible, et peut être pêchée sans limitation ;

l’écrevisse à pattes grêles, Astacus leptodactylus, originaire de Turquie et d’Europe orientale, se plaît dans les eaux calmes et chaudes ;

l’écrevisse de Californie, Pacifastacus leniusculus, repérable à ses pinces rouges, est très résistante aux infections (à la peste des écrevisses notamment). Elle est devenue la principale espèce élevée en Suède et en Finlande, deux marchés importants pour cette famille d’espèces ;

le yabby d’Australie, ou écrevisse de Murray, Cherax destructor, présent dans les cours d’eau australiens, fait l’objet d’un élevage intensif. 

 

 

 

 

Sévère réglementation en Europe

Depuis les ravages de la peste de l’écrevisse vers la fin du XIXème siècle et l’introduction incontrôlée et préjudiciable d’espèces non indigènes, l’activité de pêche des espèces autochtones est sévèrement réglementée.
D’autres mesures interdisent l’importation, le transport et la commercialisation d’espèces exotiques à l’état vivant.

 

Importations massives

Les écrevisses de pêche ou d’élevage consommées en France, Belgique et Suisse, sont essentiellement importées. La Chine domine le marché des écrevisses de pêche et d’aquaculture.

 

En 2016, 516 tonnes d’écrevisses ont été importées en Belgique, dont 170 tonnes ont été à nouveau exportées après transformation.

 

 

Vivante ou congelée

Les écrevisses sont commercialisées :

 

• vivantes (principalement A. leptodactylus de Turquie). Astacus astacus, espèce sauvage réputée pour être la meilleure de toutes, est aujourd’hui très rare mais est encore présente sur quelques tables de restaurants ;

• surgelées, entières ou en queue, crues ou cuites (principalement P. clarkii de Chine) ;

• en saumure, présentées en queue décortiquée, cuite (principalement P. clarkii de Chine). 

 

 

 

 

La production mondiale d’écrevisses est estimée à 787 000 tonnes d’élevage (principalement Chine et États-Unis) et 15 000 tonnes de pêche (principalement Chine, États-Unis, Turquie).
La production de Yabby australien, fort modeste, est dépendante des précipitations et la période de sécheresse que le pays a traversé en 2014 et 2015 lui a été défavorable.

Le record de 280 tonnes enregistré en 2000 n’a depuis jamais été atteint (désormais, la production s’élève à peine au-dessus entre 30 et 70 tonnes annuelles).

 

 

 

À RETENIR

  • Les espèces d’écrevisses européennes autochtones sont en danger d’extinction.
  • Les écrevisses américaines sont envahissantes dans les cours d’eau européens et peuvent être pêchées et consommées sans restriction.
  • Les produits commercialisés surgelés ou en saumure proviennent principalement de Chine (produits de pêche et d’élevage).
  • Les écrevisses vivantes en provenance d’Australie (Yabby) ou de Turquie proviennent d’élevage.
  • Pour les écrevisses d’élevage, renseignez-vous sur les conditions de production auprès de votre fournisseur et privilégiez les élevages extensifs.

À SAVOIR

Sauvage parfois, d'élevage souvent

Les productions d’écrevisse sauvage en France, en Belgique et en Suisse sont limitées et sont bien souvent destinées aux marchés domestiques. La plupart des produits achetés par les professionnels proviennent de pays à forte production : les écrevisses de pêche sont principalement achetées en Chine, celles d’élevage proviennent de Chine, des États-Unis ou d’Australie.
La Chine domine le marché mondial d’écrevisses rouges (Procambarus clarkii) loin devant les États-Unis où les écrevisses (principalement Procambarus clarkii et Procambarus zonangulus) sont élevées de manière semi-extensive dans les rizières de Louisiane (environ 60 000 tonnes par an). L’essentiel de la production chinoise est exporté vers les États-Unis et l’Union européenne. Une part importante des écrevisses chinoises achetées par l’Europe est consommée en Scandinavie. L’écrevisse Procambarus clarkii domine largement la production mondiale d’élevage (99 % du marché) mais ne représente que 15 % du volume des captures mondiales d’écrevisses sauvages.