Églefin

Melanogrammus aeglefinus


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  • Atlantique Nord-Est : de l’Islande au nord de la Norvège jusqu’au

    golfe de Gascogne

  • Chalut de fond
  • Senne
  • Palangre
  • Filet

 


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Dernière mise à jour : juillet 2018

 

L’églefin est un poisson démersal de la famille des gadidés et vit entre 50 et 300 mètres de profondeur en Atlantique Nord. Il acquiert sa première maturité sexuelle vers l’âge de 4 ans chez le mâle et 5 ans chez la femelle, alors qu’elle mesure entre 33 et 46 cm selon sa localisation et qu’elle pèse environ 1,5 kg. L’églefin fait l’objet d’une importante pêche ciblée. Ce gadidé est principalement capturé au chalut de fond, au filet droit et à la palangre.

 

Capelans et églefins sont tous deux au menu des mammifères marins de l’Arctique. Plus les capelans seront abondants, plus l’églefin sera épargné par les phoques et les baleines.

 

 

Avec plus de 115 000 tonnes d’églefin importées (en équivalent poisson entier), 35 000 tonnes débarquées par an et des exportations marginales, le Royaume-Uni est le premier marché européen de l’églefin. Cette espèce, très populaire, y est notamment servie dans les quelque 11 000 « Fish and Chips » du pays ou sous forme fumée.

 

L’églefin est peu prisé en France au regard de la place que lui réservent les Britanniques. Outre-Manche, cette espèce se dispute, avec le cabillaud, les faveurs des consommateurs de « Fish and Chips ».

 

 

Mesures de conservation

La pêche à l’églefin fait l’objet d’un ensemble de mesures de conservation :

 

• les possibilités de capture s’élèvent à 64 977 tonnes en 2018 en Atlantique Nord-Est (eaux européennes et internationales) ;

• une taille minimale de commercialisation fixée à 30 cm dans l’ensemble des zones sauf dans le Kattegat et le Skagerrak où elle est de 27 cm ;

• depuis janvier 1997, les chaluts utilisés en mer de Barents et dans les eaux du Spitzberg doivent être équipés d’une grille d’échappement pour les juvéniles.

 

La Belgique débarque 150 tonnes par an (2016) d’églefin pêché principalement en mer Celtique et mer du Nord et importe 500 tonnes depuis les Pays-Bas, le Danemark, la France et la Suède.

 

 

Durabilité variable d'un stock à l'autre

Les derniers avis du CIEM concluent que :

 

• Le stock d’églefin de mer du Nord, du Skagerrak, Ouest Écosse (zones CIEM IV, IIIa et VIa) est en situation de surexploitation mais la biomasse reste dans les limites de sécurité biologique. Le CIEM recommande un niveau de captures de 48 990 tonnes en 2018 (36 024 tonnes capturées en 2016). En Ouest Écosse, les pêcheries ciblant la langoustine sont responsables de rejets très importants d’églefin (50 % des captures). Des mesures devraient être prises pour diminuer les rejets de juvéniles. Dans le cadre de la politique zéro rejet, des exceptions par pêcheries s’appliquent leur permettant de rejeter 4 % maximum de leurs captures annuelles d’églefin.

• Le stock d’Islande (mer de Barents et mer de Norvège, zones CIEM I et II) est exploité au niveau du RMD (Rendement Maximum Durable) depuis 2009. La pêche illégale a été fortement réduite dans cette zone qui fait l’objet d’un plan de gestion commun entre la Norvège et la Russie depuis 2004. Le CIEM recommande un quota de 202 305 tonnes en 2018 (233 416 tonnes capturées en 2016).

• Le stock des Îles Féroé (zone Vb) est dans un état critique, le CIEM recommande de réduire les captures à 4 570 tonnes en 2018. Un plan de gestion proposé par les différents acteurs de la filière (industriels, chercheurs et administrateurs) a été mis en place début 2018.

• Le stock de Rockall (zone VIb) a subi une série de mauvais recrutements annuels qui ont entraîné une chute de la biomasse reproductive entre 2010 et 2014. Depuis 2016, la biomasse et les niveaux d’exploitation sont de nouveau dans les limites de durabilité du stock. Le CIEM recommande des captures de 5 163 tonnes en 2018 (2 886 tonnes capturées en 2016 dont 10 % de juvéniles). Des mesures devraient être adoptées pour réduire les rejets ainsi que les prises de juvéniles. Un plan de gestion est actuellement évalué mais pas encore adopté.

• L’état du stock de mer d’Irlande (zone VIIa) est estimé en bon état et exploité durablement. Le CIEM recommande des captures à hauteur de 3 444 tonnes pour 2018. Le TAC s’élevait à 2 615 tonnes en 2017. Les prises de juvéniles représentent 23 % des captures.

• Le stock de mer Celtique et Manche (zone VIIb-k) semble en bon état malgré un taux d’exploitation légèrement supérieur au RMD. Le CIEM recommande de prendre des mesures pour limiter les prises de juvéniles (qui s’élèvent à 58 % des prises). Des dispositifs sélectifs (panneaux à mailles carrées) sont en place sur les pêcheries chalutières depuis le printemps 2012.

 

Églefin ou haddock

En France, l’églefin est présenté sous forme de filet frais à l’étal des poissonniers. L’églefin est également vendu sous forme de filet avec peau, fumé à froid. C’est lorsqu’il a subi cette transformation qu’il est appelé « haddock ». Les importations d’églefin en France s’élèvent à 4 600 tonnes en 2016.

 

 

 

À RETENIR

  • Les stocks d’églefin d’Islande, de Rockall, de mer d’Irlande et du Nord-Est Arctique sont plutôt sains et le niveau actuel d’exploitation est considéré durable.
  • Évitez l’achat d’églefin provenant des autres stocks.
  • Quatorze pêcheries d’églefin sont certifiées MSC (dont le groupement de pêche français Comapêche-Euronor) et opèrent en Atlantique Nord (eaux canadiennes, mer de Barents, mer du Nord, eaux islandaises et eaux norvégiennes).