Empereur

Hoplostethus atlanticus


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  • Chalut de fond (en zone profonde)

 


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Dernière mise à jour : juillet 2018

 

L’empereur, aussi appelé « hoplostète rouge », est un poisson vivant dans les grands fonds, plus précisément sur la pente du plateau continental et sur les reliefs en eau profonde, entre 400 et 900 mètres de profondeur. Il est remarquable par sa belle couleur rouge et sa gueule proéminente et osseuse. À ce jour, les connaissances de sa biologie, de son mode de vie et de sa distribution sont incomplètes. Cependant, ont été attestés son extraordinaire longévité (des individus de plus de 160 ans ont été observés) et son cycle de reproduction extrêmement lent (il faut compter 17 à 21 ans pour qu’une génération d’empereur se renouvelle).

 

Chalut de fond

La pêche en eau profonde s’est développée relativement récemment. Elle a été favorisée par la conjonction de la raréfaction d’espèces traditionnelles telles que le lieu noir, et de l’introduction d’innovations technologiques, avec notamment la mise au point de chaluts pouvant pêcher à grande profondeur, l’utilisation de sonars plus sophistiqués et de cartes sous-marines très détaillées. Les Russes se sont intéressés les premiers à l’exploitation des grands fonds dans les années 70 dans l’Atlantique Ouest et sur la ride médio-Atlantique. En Atlantique Nord-Est, les armements ont exploité quelques espèces profondes dont l’empereur à partir des années 90. Boulogne-sur-Mer, Lorient et Concarneau sont les principaux ports de débarquement d’espèces de grands fonds en France. Les espèces de grands fonds sont peu présentes sur le marché belge. Elles ne sont pas ciblées par les pêcheries belges ni importées.

 

Une longévité remarquable et une grande fragilité

La distribution de l’empereur couvre un vaste territoire en Atlantique Nord, qui pourrait comprendre plusieurs populations, sans que les biologistes aient pu à ce jour les distinguer. L’état de chacune de ces populations est mal connu. Les données existantes sur les différentes pêcheries d’empereur à travers le monde révèlent cependant un trait commun : une grande fragilité de cette ressource.


Le cas de l’empereur est symptomatique de l’exploitation d’une espèce sans connaissance du milieu et sans souci de préservation. En quelques années, les stocks d’empereur d’Atlantique Nord-Est ont gravement souffert, comme d’autres espèces de grands fonds.

 

Arrêt de la pêche

En raison de sa faible productivité biologique et sous l’effet d’une surexploitation, les stocks d’empereur ont rapidement décliné. Les populations d’empereur de l’Atlantique Nord-Est ne pouvant plus supporter d’effort de pêche, la Commission européenne a interdit la pêche de cette espèce en 2010. Depuis, cette interdiction a été reconduite chaque année (TAC fixé à 0).

 

 

À RETENIR

  • Les populations d’empereur de l’Atlantique Nord-Est ont décliné en raison d’une surexploitation. La pêche est suspendue depuis 2010.
  • L’empereur de l’Atlantique Nord-Est ne doit plus se trouver sur les marchés. S’il vous est proposé, ne l’achetez pas.
  • Le pêcherie néo-zélandaise d’empereur est certifiée MSC.
  • Évitez d’acheter de l’empereur de toute autre origine, en l’absence de preuve de la durabilité

À SAVOIR

Ce poisson des grands fonds a tout d’abord été appelé « hoplostète » en référence à son nom scientifique, ou encore « hoplo » dans le milieu professionnel. Par la suite, l’appellation « empereur » a été préférée. Ce nom viendrait du passé impérial de son premier port de débarquement, Boulogne-sur-Mer, face à l’Angleterre. Boulogne-sur-Mer avait été retenue par Napoléon 1er pour y rassembler ses armées et abriter sa flotte en vue d’une invasion. L’empereur a également été appelé « beryx » par confusion avec une autre espèce de poisson de grand fond.

 

La pêcherie d’empereur de Nouvelle-Zélande a été certifiée MSC en 2016. Cette certification a créé une forte polémique en raison de l’utilisation du chalut de fond entre 800 et 1 200 mètres pour cibler cette espèce, alors que cette même année, la pêche au-delà de 800 mètres de fond a été interdite dans les eaux de l’Union européenne.

Le diagnostic porté sur le stock montre une exploitation compatible avec le RMD.

Ces débats montrent l’importance de l’exploitation raisonnée et contrôlée en particulier sur des stocks extrêmement fragiles et vulnérables.