Espadon

Xiphias gladius


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  • Eaux tropicales et tempérées des océans Atlantique, Pacifique et Indien.
  • Mer Méditerranée

 

  • Palangre
  • Harpon
  • Filet maillant

 


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Dernière mise à jour : juillet 2018

 

L’espadon est un grand pélagique migrateur, remarquable par son grand rostre aplati dont il se sert pour assommer ses proies. A l’âge adulte, il peut mesurer plus de 4 mètres et peser plusieurs centaines de kilos. L’espadon est très largement distribué dans les eaux tropicales, tempérées et même parfois dans les eaux froides du globe. Il est cependant plus abondant dans des eaux dont les températures de surface sont comprises entre 18 et 22°C mais peut aller chercher ses proies, notamment des céphalopodes, jusqu’à 700 mètres de profondeur dans des eaux à 7°C. L’âge des espadons est difficile à déterminer mais il semblerait que plus de 50 % des femelles soient matures vers l’âge de 5 ans, alors qu’elles mesurent environ 180 cm (en Lmf(1)).

 

Situation variable selon les stocks

Stocks Atlantique

 

Les stocks de l’Atlantique sont suivis par la CICTA (Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l’Atlantique) et leur pêche fait l’objet de recommandations. Des TAC et des quotas nationaux sont établis et une taille minimale de capture est fixée à 125 cm (avec une tolérance de 15 %) ou 119 cm (avec une tolérance 0 (longueurs Lmf(1))).

 

La biomasse du stock Atlantique Nord est en augmentation depuis 1997. Ce stock n’est plus considéré en état de surexploitation grâce aux mesures de conservation et de gestion de la CICTA. Les captures 2016 se sont élevées à 11 296 tonnes. Le TAC 2018 est établi à 13 200 tonnes.

Le stock Atlantique Sud semble légèrement surexploité et la biomasse du stock est en-dessous du niveau de durabilité. En 2016, les captures pour ce stock s’élevaient à 10 002 tonnes, les scientifiques recommandent de ne pas établir un TAC au-delà de 13 000 tonnes. Le TAC de 2018 à 2021 a été établi par l’ICCAT à 14 000 tonnes annuelles.

En Méditerranée, la pêche à l’espadon se situe au-delà du RMD (Rendement Maximum Durable) : l’effort de pêche est presque deux fois plus important que le niveau du RMD. Cette pêche est caractérisée par la capture de nombreux immatures (les individus de moins de trois ans représentent 20 à 35 % des prises en poids). Les captures en Méditerranée sont en baisse depuis la fin des années 80 (elles sont passées de 20 300 tonnes à 9 100 tonnes en 20 ans). La CICTA impose un arrêt des captures pendant trois mois par an depuis 2009.
Dans leur évaluation 2014-2015, les scientifiques conseillent de réduire la mortalité par pêche de 20 % en utilisant une technique de pêche plus sélective des gros individus appelée la palangre mésopélagique, qui capture à une plus grande profondeur que la palangre de surface. En 2016, un plan de reconstitution est adopté et des premiers quotas sont appliqués afin de permettre le rétablissement du stock méditerranéen d’ici 15 ans.

 

Autres stocks

 

Le stock de l’océan Indien ne montre pas de signe de surexploitation, la mortalité par pêche actuelle est inférieure au niveau d’exploitation du RMD. Il est principalement pêché à la palangre (85 %). Les principaux pays pêcheurs ciblant l’espadon dans l’Océan Indien sont Taïwan, la Chine, le Sri Lanka, l’Indonésie et l’Espagne. Localement, dans le Sud-Ouest de l’océan Indien la biomasse reproductive se situe en dessous du RMD mais l’effort de pêche y est limité. L’espadon pêché à la Réunion est exporté vers l’Europe.

Le stock du Pacifique Sud-Est est caractérisé par une biomasse élevée du stock reproducteur et est exploité en deçà du niveau assurant le RMD.

Le stock du Pacifique Sud-Ouest est exploité au niveau du RMD.

Le stock du Pacifique Nord-Est ne souffre pas de surexploitation. Les captures d’espadon à la palangre sont, dans certaines zones et à certaines périodes de pêche, associées à des prises d’espèces non désirées (requins, mammifères marins, tortues, oiseaux marins…).

 

Frais ou fumé

L’espadon est commercialisé sous forme de tranche fraîche ou surgelée (avec ou sans peau). Il est également commercialisé fumé à froid en fine tranche. En 2016, 2 334 tonnes d’espadon ont été importées en France. Les principaux fournisseurs du marché français sont l’Espagne, le Chili et le Vietnam. Les fournisseurs du marché belge, dont les importations s’élèvent à 1 300 tonnes annuelles, sont le Sénégal, les Pays-Bas, le Chili, la France et le Vietnam.

 

 

 

 

En 2015, la production mondiale d’espadon s’élève à 126 281 tonnes, dont 32 570 tonnes proviennent de l’océan Atlantique, 40 755 tonnes de l’océan Indien et 52 955 tonnes du Pacifique. Les principaux pays producteurs sont l’Espagne (26 260 tonnes), Taïwan (15 067 tonnes) et le Japon (11 900 tonnes).


Dans l’océan Atlantique, les captures d’espadon semblaient assez stables depuis une vingtaine d’années (40 000 tonnes environ) mais diminuent depuis 2008. Dans le Pacifique, l’exploitation continue de progresser. L’exploitation dans l’océan Indien est caractérisée par une baisse des prises depuis 2005 liée aux actes de pirateries particulièrement nombreux dans la zone occidentale.

 

(1) Lmf - Longueur maxillaire fourche : longueur entre la pointe du maxillaire inférieur et la fourche caudale, c’est-à-dire sans compter la longueur du rostre, maxillaire supérieur

À RETENIR

  • Les principales sources d’approvisionnement du marché européen en espadon sont l’océan Atlantique, l’océan Indien et la mer Méditerranée.
  • Les captures d’espadon à la palangre sont associées à des prises accessoires de requins, de tortues marines, d’oiseaux marins et parfois de mammifères marins.
  • Évitez l’espadon en provenance de Méditerranée qui souffre de surexploitation. Privilégiez les autres provenances dont les stocks sont pleinement exploités.
  • Assurez-vous de ne pas acheter d’espadons immatures ou de morceaux (longes, filets) venant de poissons immatures et donnez votre préférence aux poissons issus des pêcheries à la canne ou au harpon.
  • Quatre pêcheries d’espadon opérant en Atlantique et dans le Pacifique sont certifiées MSC.

À SAVOIR

Espadon et pêche illégale

La Commission Internationale pour la conservation des Thonidés de l’Atlantique (CICTA), dont l’Union européenne est partie prenante, a adopté, en 1995, un plan d’action visant à assurer l’efficacité du programme de conservation de l’espadon de l’Atlantique.
En 1998, la CICTA a désigné le Belize et le Honduras et, en 2002, la Sierra Leone comme pays dont « les bateaux pêchent l’espadon dans l’Atlantique d’une façon qui porte atteinte à l’efficacité des mesures prises par cette organisation pour la conservation du stock ».

En conséquence, les importations de l’Union européenne d’espadon de l’Atlantique originaires du Belize et du Honduras ont été interdites à partir de 2000, celles originaires de la Sierra Leone ont été interdites à partir de 2004. Ces mesures ont par la suite été levées pour le Honduras et le Belize. Les importations d’espadon en provenance de la Sierra Leone sont toujours interdites.
La réglementation de l’UE en termes sanitaires a aussi limité les importations d’espadon de certains pays, notamment des Seychelles depuis 2003, en raison de concentration de métaux lourds supérieure aux valeurs admissibles des normes européennes. En 2005, l’UE a révisé le niveau acceptable de cadmium dans la chair d’espadon de 0,05 partie par millions (ppm) à 0,3 ppm maximum conduisant à un maintien de l’interdiction de l’importation de l’espadon des Seychelles sur le marché européen.