Grenadier

Coryphaenoides rupestris

Macrourus berglax


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  • Chalut de fond en zone profonde (hors UE)

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Dernière mise à jour : juillet 2018

 

Le nom « grenadier » regroupe les poissons de nombreuses espèces appartenant à la famille des macrouridés. Deux espèces sont consommées :

 

le grenadier de roche Coryphaenoides rupestris ;

le grenadier gris Macrourus berglax.

 

Le grenadier vit dans les eaux entre 600 et 800 mètres de profondeur, de la fin de l’été jusqu’en automne et peut se rencontrer à plus de 2 600 mètres de profondeur. Il jouit d’une remarquable longévité, pouvant atteindre 60 ans. Mais sa croissance est très lente et les poissons capturés sont de petite taille. La taille de première maturité sexuelle est de 50 cm pour un âge moyen de 10 ans.

 

Sa morphologie, avec un corps en pointe très effilé, lui vaut d’être appelé « queue de rat ». Son nom usuel « grenadier » lui viendrait de son introduction sur le marché français par le port de Boulogne-sur-Mer, ville où Napoléon réunit la Grande Armée, avec des régiments de grenadiers, en 1804.

 

Chalutiers industriels

Les Russes ont été les pionniers de l’exploitation du grenadier dans les années 70. L’effondrement des stocks de lieu noir dans les années qui ont suivi a stimulé la recherche et la valorisation de nouvelles espèces, ainsi que l’exploitation des grands fonds.

Aujourd’hui, Russes, Polonais, Espagnols, Danois, Féringiens et quelques autres se partagent, avec les Français, cette ressource qui vit entre le plateau continental et les grands fonds océaniques.

La période de pêche a lieu principalement en automne, lorsque le poisson est présent entre 600 et 800 mètres de fond pour les pêcheurs européens. Le reste de l’année il se retrouve à des profondeurs plus importantes où il peut être pêché par les pêcheurs russes et féringiens. Depuis janvier 2017, il est interdit de pêcher au-delà de 800 mètres dans les eaux européennes.

 

La pêche de grands fonds a été un sujet très controversé en France et en Europe. Suite à la médiatisation des enjeux environnementaux liés aux techniques de chalutage en eau profonde, des enseignes françaises de la grande distribution ont annoncé début 2014 l’arrêt de la vente d’espèces de grands fonds.
Le niveau de captures du grenadier en Europe a ainsi chuté de 9 000 tonnes en 2010 à 3 000 tonnes en 2015.
La pêche en eau profonde a été débattue au niveau européen.

 

Niveau actuel d’exploitation

Grenadier de roche (Coryphaenoides rupestris)

Après une période de surexploitation du grenadier de roche jusqu’au début des années 2000, le CIEM considère que le stock principal d’Atlantique Nord-Est (zones Vb, VI, VII et XIIb) est exploité durablement depuis 2011. Le niveau de captures recommandé pour 2018 est de 3 971 tonnes (1 480 tonnes ont été débarquées en 2015). Pour les autres stocks d’Atlantique Nord-Est, les données étant insuffisantes, les scientifiques recommandent de ne pas augmenter le niveau de capture actuel par approche de précaution. Ils recommandent également de ne pas cibler le grenadier de roche dans la zone Skagerrak-Kattegat (zone IIIa) où il est particulièrement vulnérable.

Grenadier gris (Macrourus berglax)

Les stocks en Atlantique Nord-Est sont dans un état préoccupant. Les scientifiques recommandent de minimiser les prises de grenadier gris.

 

En anglais « blue grenadier » signifie hoki (Macruronus novaezelandiae), une autre espèce de grands fonds pêchée dans le sud du Pacifique

 

Filet de poisson blanc cherche remplaçant

Le grenadier est présent sur nos étals sous forme de filet frais ou congelé sans peau. Débarqué entier, il est fileté dans les ateliers de mareyage de Lorient, principal port de débarquement de cette espèce. Les chalutiers industriels soviétiques et polonais filettent le poisson directement en mer. Les filets de grenadier sont apparus sur le marché des poissons blancs dans les années 90 comme une alternative aux espèces traditionnelles qui souffraient de surexploitation (cabillaud, lieu noir, églefin). Sa visibilité décroît progressivement sur les marchés européens depuis les années 2010 suite à la suspension de sa vente par de nombreuses enseignes engagées contre la pêche de grands fonds.

 

 

À RETENIR

  • De croissance lente, le grenadier jouit d’une remarquable longévité.
  • Sa faible productivité ne lui permet de supporter que de faibles niveaux d’exploitation.
  • Après une période de surexploitation, l’état des stocks de grenadier s’améliore dans les eaux européennes suite à la mise en oeuvre de mesures de gestion des pêcheries, mais continuez de limiter l’achat de cette espèce, en raison de sa fragilité biologique.
  • La pêche au chalut en eau profonde a un impact sur les écosystèmes des grands fonds. Cette technique est interdite au-delà de 800 mètres en Europe, depuis 2017, mais perdure au niveau international. Évitez l’achat de poisson pêché au chalut de grands fonds sans garantie de durabilité de la pêcherie concernée.

À SAVOIR

Interdiction de la pêche au-delà de 800 mètres, pour protéger les espèces d’eaux profondes

Depuis les années 80, les espèces de grands fonds ont représenté une opportunité pour les pêcheurs face à la réduction des stocks des principales espèces de l’Atlantique Nord-Est. Ces espèces de grands fonds sont mal connues ; leur lente croissance les rend très vulnérables à l’exploitation par la pêche et leur exploitation a un impact sur la biodiversité et les écosystèmes marins des grands fonds quasiment inexplorés à l’heure actuelle.

 

L’Union européenne a mis en place des mesures de conservation : [En lire plus]

 

Pêche en haute mer

Au niveau international, l’Assemblée Générale des Nations Unies a adopté, en 2006, une résolution (61/105) visant à protéger les écosystèmes marins de l’impact de la pêche en haute mer (non soumis aux règlements nationaux). [En lire plus]