Hareng

Clupea harengus


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  • Atlantique Nord-Est : des eaux islandaises (à l’Ouest) à la mer de Barents (à l'Est) jusqu'au golfe de Gascogne au Sud
  • Atlantique Nord-Ouest
  • Senne
  • Chalut pélagique

 


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Dernière mise à jour : juillet 2018

 

Petit pélagique grégaire et grand migrateur, très abondant en Atlantique Nord-Est, le hareng fréquente les eaux de la Norvège (au Nord) à celles du golfe de Gascogne (au Sud). Il est également présent sur les côtes Atlantique Ouest, du Groenland à la Caroline du Sud aux États-Unis. Le hareng remonte à la surface la nuit afin de se nourrir de plancton. Sa couleur bleue sur la face dorsale et blanche sur la face ventrale est une technique de camouflage pour les prédateurs évoluant au-dessus et en-dessous des bancs de hareng.

 

Ses fortes concentrations au moment du frai ont de tout temps attiré les pêcheurs dans de vastes campagnes saisonnières de pêche. Le hareng a fait la fortune de régions, de villes et de sociétés marchandes d’Europe du Nord. En France, Boulognesur-Mer et Fécamp se sont enrichies dès la fin du XIXème siècle grâce à ce clupéidé. D’une longévité allant de 10 à 25 ans, le hareng acquiert sa maturité sexuelle vers l’âge de 2-3 ans lorsqu’il mesure 16-17 cm. Ses oeufs ont une surface collante qui leur permet de se fixer sur le fond ou sur les algues lors de la ponte. Sa taille varie selon le stock, le hareng de la Baltique étant le plus petit de tous alors que celui du stock atlantoscandien, au large de la Norvège, peut dépasser 40 cm.

 

Stocks importants et pêche durable

Le hareng est en Europe un exemple emblématique de la fragilité de la ressource halieutique et des conséquences de l’effondrement d’un stock.
La disparition du hareng dans les années 70 a entraîné la fermeture de nombreux ateliers de transformation. Il a fallu 20 ans pour que les stocks de la mer du Nord se reconstituent. La population de hareng de l’Atlantique Nord-Est est répartie en plusieurs stocks. Les principaux sont :

 

Le stock atlanto-scandien (hareng norvégien à frai printanier), le plus grand stock de l’Atlantique Nord-Est, a une population reproductrice en baisse depuis 2009, en raison d’une série de mauvais recrutements de juvéniles dans le stock reproducteur. Le niveau de capture est cependant conforme au niveau du RMD (Rendement Maximum Durable) et au plan de gestion, signé entre l’Union européenne, les Îles Féroé, la Russie, la Norvège et l’Islande en 1999.

Les stocks de la mer du Nord (hareng à frai automnal) sont exploités à un niveau durable. Le CIEM recommande que les activités telles que l’extraction de granulats ou les constructions sous-marines soient suspendues afin de ne pas détruire les zones de ponte.

Des stocks côtiers (golfe de Bosnie, golfe de Riga, mer d’Irlande) de moindre importance, ont leur propre migration et zone de reproduction.

 

Sous toutes les formes

Le hareng est exploité intensivement pour la consommation humaine et accessoirement pour la fabrication d’huile et de farine destinées à l’alimentation animale (aquatique et terrestre). Cette espèce est commercialisée sous un grand nombre de présentations : entier ou en filet (frais, fumé et/ou salé) ou encore en marinade. En raison d’un risque élevé de parasites (Anisakis simplex, Pseudoterranova decipiens) en Europe, le hareng est toujours congelé avant d’être vendu (-20°C pendant 24 heures) ou placé dans une marinade. Ses oeufs et sa laitance sont également appréciés. Inscrit dans les traditions régionales, notamment du nord de la France, le hareng porte autant de noms qu’il y a de modes de transformation :

 

le hareng saur salé (10 jours) et fumé est principalement vendu en filet pelé ;

le gendarme, hareng saur encore plus salé et plus fumé, est vendu entier ;
le bouffi, hareng entier plein (ni vidé, ni étêté), à peine salé (24 heures), prend une couleur jaune paille lors du fumage ;
le kipper, fait à partir d’un hareng de grande taille, à peine salé et fumé, est présenté ouvert à plat ;
le rollmops est un filet avec peau, mariné dans du vinaigre avec des aromates. Il peut également être conservé dans de la crème.

 

TAC et taille minimale

La principale règle de gestion des stocks de hareng est le TAC (Total Admissible de Captures) européen, divisé en quotas nationaux. Cet instrument a été introduit dans certaines pêcheries dès 1974 (Ouest Écosse et mer Celtique). Depuis 1996, les captures de juvéniles par la pêche minotière sont également réglementées. Par ailleurs, la capture du hareng est assujettie à une taille minimale marchande de 20 cm en mer du Nord et de 18 cm dans le Skagerrak et le Kattegat.

 

 

 

Le stock de la mer du Nord (hareng à frai automnal) a souffert d’un recrutement faible au début des années 2000 avec un risque de réduction de la capacité de reproduction.
En conséquence, l’Union européenne et la Norvège ont défini un plan d’aménagement de la pêcherie en 2008. Mais en décembre 2011, en réponse à la présence d’une forte biomasse de hareng, les deux parties ont abandonné ce plan d’aménagement et se sont entendues pour accroître de 100 % les possibilités de captures par rapport aux 200 000 tonnes de l’année précédente. Les captures 2016 s’élevaient à 563 600 tonnes. Pour 2018, le CIEM recommande des captures maximales de 517 891 tonnes.

À RETENIR

  • Le hareng est l’un des poissons les plus abondants de l’Atlantique Nord-Est avec des captures annuelles dépassant 2 millions de tonnes.
  • Après l’effondrement des stocks, dû à la surpêche dans les années 70, la ressource s’est reconstituée.
  • Proposez à vos clients du hareng sous toutes ses formes.
  • Seize pêcheries de hareng sont écolabellisées MSC au Royaume-Uni, au Canada, aux Îles Féroé, en France (FROM Nord), en Irlande, au Danemark, en Norvège, en Suède et aux Pays-Bas.

À RETENIR

Historiquement, la Belgique est un pays pêcheur, transformateur (fumage) et consommateur de hareng. Son quota de pêche annuel s’élève à 9 500 tonnes et est aujourd’hui échangé avec d’autres pays contre des quotas d’autres espèces. Par ailleurs, 4 400 tonnes sont importées en moyenne chaque année dont 634 tonnes sont transformées et exportées. En terre flamande, le hareng a permis de sauver de la famine les populations locales pendant les deux guerres mondiales. Le hareng était alors l’unique espèce autorisée à la pêche.

 

Aux Pays-Bas, le premier hareng pêché au début de l’été était par tradition offert à la Reine. Le hareng est extrêmement riche en matière grasse (16 %) durant cette période (juin-juillet).

Il est alors consommé entier cru par les néerlandais, sous le nom de « maatjesharing ».

 

Le hareng peut être mis en conserve puis gardé plusieurs années afin de le laisser se bonifier.