Langouste

Palinurus spp.

Panulirus spp.

Jasus lalandii


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Dernière mise à jour : juillet 2018

 

La langouste est un grand crustacé caractérisé par l’absence de pince et par la présence de longues antennes. Les épines qui ornent sa carapace et ses antennes lui servent de bouclier efficace. De plus, pour se défendre, une rétractation rapide de son abdomen (queue) la propulse hors d’atteinte de ses ennemis. La langouste affectionne les fonds rocheux et, de jour, elle peut se protéger dans les anfractuosités. La qualité exceptionnelle de la chair de langouste et sa relative rareté selon les stocks expliquent son prix très élevé. En conséquence, cette famille d’espèces fait l’objet d’exploitations intenses dans le monde entier. 

 

Des Bahamas ou d’Australie

On trouve sur les marchés français, belge et suisse, par ordre d’importance, les espèces suivantes :

 

• la langouste des Caraïbes, dite de Cuba (Panulirus argus), vivant en Atlantique Ouest, des Bermudes et de la côte Est des États-Unis au golfe du Mexique et à la mer des Caraïbes • la langouste rouge européenne (Palinurus elephas), du nord de l’Ecosse au sud du Maroc, en mer Méditerranée et en mer Egée ;

• la langouste rose ou langouste de Mauritanie (Palinurus mauritanicus), du nord de l’Irlande au sud du Sénégal et en mer Méditerranée occidentale ;

• la langouste du Cap (Jasus lalandii), dans les eaux occidentales d’Afrique du sud, du sud de la Namibie au Cap de Bonne Espérance ;

• la langouste d’Australie (Panulirus cygnus), sur les côtes occidentales de l’Australie. 

 

Les langoustiers « mauritaniens » de la pointe Bretagne qui exploitaient les eaux d’Afrique de l’Ouest étaient concentrés dans les ports finistériens de Camaret et de Douarnenez. L’année 1961 aura enregistré la plus forte production de langoustes, avec près de 3 600 tonnes. Cette pêcherie a pris fin dans les années 80.

 

 

Pour la pérennité des stocks

Les stocks de langoustes à travers le monde sont pleinement exploités. Si certains stocks ne sont pas en danger (Panulirus cygnus d’Australie, Palinurus elephas en Méditerranée occidentale), d’autres présentent des états préoccupants (Palinurus mauritanicus et Palinurus elephas des côtes de l’Atlantique). L’état des stocks de Panulirus argus de l’Atlantique Ouest n’est pas connu avec précision. Les efforts de gestion de la langouste du Cap (Jasus lalandii) en Afrique du Sud portent leurs fruits et cette espèce n’est pas menacée par la surpêche sur la côte Sud. En revanche, le stock situé sur la côte Ouest est en péril, l’effort de pêche est trop important et la pêche illégale y perdure.

 

En raison de la forte valeur marchande de ces espèces, du caractère souvent artisanal de leur exploitation, les pêcheries de langoustes font, dans la plupart des cas, l’objet de règles précises de gestion visant la pérennité des stocks et la durabilité de l’activité. Parmi les règles communes d’exploitation, la protection des immatures est courante par l’instauration d’une taille minimale de capture réglementaire. Celle-ci varie en fonction des espèces. Dans les eaux européennes, la taille minimale est fixée à 95 mm (longueur mesurée à partir de l’arrière de l’une des orbites jusqu’à la bordure distale du céphalothorax). Des règles nationales plus restrictives existent, ainsi cette taille est portée à 110 mm en France et en Cornouaille anglaise. Par ailleurs, dans de nombreuses pêcheries, des périodes de fermeture de plusieurs mois existent notamment durant la période de mue ou lorsqu’il y a une forte proportion de femelles grainées. L’interdiction de capture des femelles grainées est aussi en rigueur pour de nombreux stocks, c’est le cas en France depuis 2016 pour la zone Atlantique-Manche. Tout comme pour le homard, les données déclaratives se sont améliorées. Néanmoins, il arrive que des captures frauduleuses hors des contraintes imposées par les gestionnaires des pêcheries (notamment le non-respect de la taille minimale) soient pratiquées.

 

Importée des quatre coins du monde

Le marché d’Europe occidentale est approvisionné par des apports locaux forts limités (quelques centaines de tonnes) et par des produits importés des quatre coins du monde, soit vivants, soit surgelés. Les importations françaises, belges et luxembourgeoises sont composées à presque 85 % de langoustes surgelées (en queue principalement) et 15 % de langoustes sous autres formes (vivantes, cuites ou crues non surgelées, toutes formes confondues). Les principales sources d’approvisionnement sont :

 

• les Bahamas (Panulirus argus) ;

• les États-Unis (Panulirus argus) ;

• le Nicaragua (Panulirus argus) ;

• l’Australie (Panulirus cygnus) ;

• et l’Afrique du Sud (Jasus lalandii). 

 

En 2016, 1 130 tonnes de langoustes ont été importées en Belgique pour l’industrie de la transformation, dont 58 % du Nicaragua et 30 % des Bahamas.

 

À titre d’exemple, quelques points de la réglementation de pêcheries de langoustes

Panulirus argus des Bahamas

• Saison fermée du 1er avril au 31 juillet.

• Taille minimale « queue » : 14 cm.

• Taille minimale « carapace » : 8,90 cm.

• Permis de pêche obligatoire.

• Taille de casier réglementée : 91,5 cm de longueur, 61 cm de largeur et 61 cm de hauteur.

• Interdiction de pêcher les langoustes grainées.

 

Jasus lalandii d’Afrique du Sud

• Saison fermée du 1er mai au 15 novembre.

• Taille minimale « entière » : 80 mm.

• Permis obligatoire pour la pêche récréative avec un maximum de 4 langoustes par personne et par an.

• Interdiction de pêcher les langoustes grainées.

• Total Admissible de Captures (TAC) fixé pour la pêche professionnelle et pour la pêche récréative.

 

Palinurus elephas côtes Atlantique-Manche en France

• Saison fermée du 1er janvier au 31 mars.

• Taille minimale : 110 mm.

• Interdiction totale de capture des langoustes femelles grainées.

• Plusieurs zones d’interdiction de pêche.

 

Ces réglementations datent des années 2000 suite à l’implication de tous les acteurs de la pêche pour améliorer l’état du stock.

 

 

À RETENIR

  • Tous les stocks de langouste sont exploités intensément.
  • Évitez la langouste rouge et rose des côtes Atlantiques dont l’état des stocks est précoccupant.
  • Privilégiez les langoustes provenant de Méditerranée, d’Australie et du sud de l’Afrique du Sud.
  • La taille minimale de commercialisation de la langouste européenne est fixée à 95 mm (longueur du céphalothorax) pour celle pêchée en Atlantique et Manche et 90 mm pour celle de Méditerranée, mais certains pays, comme la France, l’ont fixé à 110 mm.
  • Quatre pêcheries de langouste sont certifiées MSC : une pêcherie mexicaine (Panulirus interruptus dans le Pacifique), une pêcherie australienne (Panulirus cygnus), une pêcherie chilienne (Jasus frontalis) et une pêcherie de l’île Tristan da Cunha (Jasus tristani)

 

À SAVOIR

Rouge et rose

Dans les années 50, les langoustes rouges (aussi appelées langoustes royales) et les langoustes roses ont fait l’objet d’une importante exploitation par les caseyeurs bretons au large des côtes bretonnes et de la côte Ouest africaine. Par la suite, en raison de l’exclusion des navires français des eaux nationales étrangères, du partage de la ressource avec d’autres nations européennes et du déclin des stocks, les débarquements français ont chuté drastiquement, passant de quelque 3 000 tonnes par an à moins de 200 tonnes par an. Mais ces données sont sous-estimées car, en raison de leur forte valeur marchande, les langoustes ont pu faire l’objet de captures et de ventes non déclarées.

Aujourd’hui, l’état inquiétant du stock de langouste rouge d’Atlantique dans les eaux françaises a été signalé par l’Ifremer au Comité national des pêches maritimes et de nouvelles mesures de gestion ont été mises en place afin de favoriser le retour d’un stock reproducteur conséquent.