Maquereau

Scomber scombrus


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  • Atlantique Est, de l’Islande (au nord) jusqu’aux côtes africaines (au sud), incluant la mer Méditerranée et la mer Noire.
  • Chalut pélagique
  • Ligne 
  • Palangre
  • Filet

 


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Dernière mise à jour : juillet 2018

 

Le maquereau est reconnaissable entre tous avec sa belle livrée de zèbre bleu et son ventre blanc. Ce pélagique grégaire et rapide (environ 10 km/h) est apparenté aux thons. Il vit en bancs qui peuvent être parfois très importants, ce qui facilite sa capture. Sa distribution géographique est vaste.

Dans l’Atlantique Est, il fréquente la zone allant des côtes islandaises à la mer de Barents jusqu’aux côtes d’Afrique de l’Ouest. Il affectionne également la mer Méditerranée et la mer Noire. Il existe deux grandes populations distinctes de maquereau en Atlantique Nord-Est, celle de la mer de Norvège et celle de la mer Celtique. Cette dernière passe l’hiver à l’entrée de la Manche, avant de se disperser des deux côtés de la Grande-Bretagne, ou plus vers le Sud le long des côtes françaises. Le maquereau (mâle et femelle) acquiert sa maturité sexuelle vers l’âge de trois ans, quand il atteint 30 cm. Il peut vivre jusqu’à 20 ans. Cette espèce est très abondante en Atlantique Nord. La production française de maquereaux, en majorité issue des grands chalutiers congélateurs, a évolué ces 50 dernières années de 40 000 tonnes à 13 000 tonnes annuelles. Le maquereau est principalement débarqué aux Pays-Bas où le prix de première vente est plus élevé. En France, Boulogne-sur-Mer est le premier  port de débarquement, recevant quasiment 50 % de l’ensemble de la production française. 

 

Ne possédant pas de vessie natatoire, le maquereau doit nager sans s’arrêter… pour ne pas couler.

 

 

 

 

 

 

Gestion commune difficile

Entre 2001 et 2005, les captures ont dépassé le niveau de limite biologique de renouvellement du stock, étant supérieures aux avis des scientifiques et aux TAC annuels. Un plan de gestion du stock en Atlantique Nord-Est a été adopté en octobre 2008 par les Îles Féroé, la Norvège et l’Union européenne. Ce plan, conforme à l’approche de précaution du CIEM, prévoyait de limiter les captures à environ 600 000 tonnes en 2011, soit une réduction des prises de 34 % par rapport à 2010.

Cependant, les captures ont été largement supérieures au niveau recommandé car malgré le plan de gestion commun, l’Islande et les Îles Féroé ont décidé unilatéralement d’augmenter leur quota respectivement de 2 000 à 130 000 tonnes et de 25 000 à 85 000 tonnes, suite à l’augmentation de la biomasse observée dans les eaux islandaises qui n’avait pas été prise en compte dans la répartition norvégo-européenne, basée sur des clefs anciennes de partage.
Cette décision unilatérale a été sévèrement critiquée par les autorités européennes, les pêcheurs européens et les ONG.
Pour se donner les moyens d’une pression efficace, la Commission européenne a proposé en décembre 2011, l’adoption d’un règlement qui permettrait de sanctionner les pays fournisseurs de l’UE autorisant une exploitation non durable de leurs ressources halieutiques.
En 2013, l’Union européenne décide d’interdire l’importation de hareng et de maquereau des Îles Féroé en raison du non-respect de la gestion commune de ces deux stocks. Les Îles Féroé ont alors lancé une procédure, devant l’OMC (Organisation mondiale du commerce) contre cette décision, cette procédure a été depuis retirée en raison du règlement du conflit.

 

Deux espèces de maquereau présentes dans l’océan Indien et dans l’océan Pacifique se retrouvent également sur le marché européen : le maquereau espagnol Scomber japonicus et le maquereau tacheté Scomber australasicus. L’état de leurs différents stocks est inconnu.

 

 

Réglementation et arrêt du conflit

En 2014, les Îles Féroé, la Norvège et l’UE trouvent enfin un accord sur la répartition du TAC 2015 (Total Admissible de Captures réparti ensuite en quotas de pêche), et sur un nouveau plan de gestion allant jusqu’en 2018, mettant ainsi fin à 5 ans de conflit. Cependant, cet accord ne suit pas les préconisations du CIEM : le TAC global est fixé à 1 235 000 tonnes alors que les scientifiques recommandaient une limite de captures à 868 500 tonnes. Depuis 2014, le plan de gestion est suivi par les trois parties de l’accord. Pour 2018, le CIEM préconise des captures de 550 948 tonnes alors que le TAC établi par les pays membres de l’accord s’élève à 816 798 tonnes.
Le niveau actuel d’exploitation est estimé au-dessus du Rendement Maximum Durable bien que le stock jouisse d’une très importante biomasse reproductive. Le CIEM recommande également de maintenir les mesures de protection du stock reproducteur de mer du Nord.

 

Mariné au vin blanc

Le maquereau est une espèce courante, consommé sur tout le territoire français ainsi qu’en Belgique et en Suisse. En France, la consommation moyenne est de l’ordre de 600 g par habitant et par an. Le maquereau est commercialisé entier frais, en filet frais ou congelé, en filet fumé (à chaud) ou encore en conserve. Sous cette dernière forme, le filet de maquereau mariné au vin blanc est le numéro un des ventes.

A l’inverse, en Belgique, le maquereau est principalement consommé en filets (fumé, cuit à la vapeur avec ou sans herbes) ou en conserve (dans l’huile ou en sauce). La Belgique débarque 143 tonnes et importe 3 600 tonnes de maquereau annuellement (toutes espèces confondues), en provenance du Danemark, du Royaume-Uni et des Pays-Bas. 800 tonnes sont réexportées après transformation.

 

 

 

 

À RETENIR

  • Le maquereau est un poisson pélagique semi-gras (riche en oméga trois), présent le long de nos côtes.
  • Le stock d’Atlantique Nord-Est de ce petit pélagique n’est aujourd’hui pas en danger et sa consommation peut être recommandée.
  • À l’achat, préférez des individus de plus de 30 cm afin de s’assurer qu’ils aient eu le temps de se reproduire.
  • Le maquereau d’Atlantique Nord-Est est certifié MSC.

À SAVOIR

Box et taille minimale

Une taille minimale de capture est imposée sur le maquereau. Elle est de 30 cm en mer du Nord (zones IVa, IVb, IVc), de 20 cm dans les autres zones de l’Atlantique Nord-Est et de 18 cm en Méditerranée. Une tolérance de 10 % de poisson n’ayant pas la taille minimale est acceptée. La taille de première maturité sexuelle est de 30 cm (en Atlantique Nord-Est).
Un « box maquereau » a été instauré en Manche dans une zone délimitée : il protège la nourricerie située au sud des côtes de Cornouailles anglaises. Pour chaque navire, les captures de maquereaux ne peuvent pas dépasser 15 % du poids total des captures, toutes espèces confondues, sauf dérogation accordée aux petits métiers comme la ligne.