Merlan | Guide des espèces

Merlan

Merlangius merlangus


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  • Atlantique Nord-Est, du nord de la Norvège jusqu'au Portugal
  • Chalut de fond / pélagique
  • Senne
  • Filet
  • Ligne

 


Dernière mise à jour : juin 2020

 

Le merlan est un poisson bentho-pélagique que l’on trouve entre 30 et 100 mètres de profondeur. Il appartient à la prestigieuse famille des gadidés qui compte entre autres le cabillaud, le lieu noir et le lieu jaune parmi ses membres. La tache noire qu’il porte à la base des pectorales et la ligne latérale de couleur foncée sont ses signes distinctifs. Le merlan atteint sa maturité sexuelle entre 1 et 3 ans, quand il mesure environ 31 cm en mer Celtique, 25 cm en mer du Nord et 20 cm dans le golfe de Gascogne. Il peut atteindre 70 cm et peser 3 kg.
Sa durée de vie est d’environ 20 ans. Les jeunes merlans vivent en zone côtière puis s’éloignent vers le large lorsqu’ils ont 1 an.

 

Le jeune merlan a l’habitude de se protéger de ses prédateurs en vivant à proximité des méduses et de leurs tentacules urticantes.

 

 

France, Angleterre, Irlande

Présent dans tout l’Atlantique Nord-Est, les principales zones de captures de merlan sont :

 

la mer du Nord et la Manche orientale ;

la mer Celtique.

 

Le merlan est, le plus souvent, capturé en association avec le cabillaud, l’églefin et la plie dans le cadre d’une pêche chalutière mixte. En France, il est également capturé à la ligne ou au filet, en pêche côtière, et accessoirement dans le cadre de la pêche chalutière de langoustine. En Belgique, il est capturé au chalut à perche visant la plie et la sole. 

 

 

Le merlan Merlangius merlangus ne doit pas être confondu avec le merlan bleu Micromesistius poutassou. En France  le merlan bleu est essentiellement utilisé pour la production  de surimi (voir la fiche produits dérivés). Tous les autres pays le transforment en farine (sauf l’Espagne et le Portugal  qui le consomment directement). Micromesistius poutassou possède trois nageoires dorsales bien séparées contrairement à Merlangius merlangus qui  a trois nageoires dorsales continues.

 

 

Stocks en bon état malgré des prises accessoires élevées

Le stock de mer du Nord et Manche Est (zones 4, 7.d) : ce stock est estimé surpêché et dégradé : la biomasse est juste en-dessous du seuil de durabilité et le taux d’exploitation au dessus du niveau permettant le RMD (Rendement Maximum Durable).

En 2018, les prises s’élevaient à 28 035 tonnes, dont 35 % sont rejetés (individus sous la taille réglementaire, notamment). Pour l’année 2020, les scientifiques du CIEM recommandent des captures maximales de 22 082 tonnes. Ce stock, qui représente une unité biologique, est couvert par deux TAC distincts (mer du Nord et zone 7 (sauf 7.a)). 

Le stock de la mer Celtique  (zone 7.b-c, 7.e-k) : ce stock est surpêché et effondré : la biomasse reproductive est en forte diminution depuis 2012 et est estimée en 2019 en dessous du seuil au-delà duquel les risques de non renouvellement sont forts. Le CIEM recommande, en suivant le plan de gestion européen, de limiter les captures entre 4 157 et 6 481 tonnes pour 2020.

Les rejets sont en baisse mais continuent d’exister (15 % en 2018). Depuis le printemps 2012, des dispositifs sélectifs (panneaux de mailles carrées) sont en place sur les chalutiers opérant en mer Celtique. 

 

 Le stock du golfe de Gascogne et des côtes Ibériques (zones 8 et 9.a) : l´état actuel du stock n´est pas bien connu, mais le niveau d´exploitation semble durable. Les scientifiques recommandent de ne pas dépasser les 2 276 tonnes pour la période 2020-2021. 

 

• Le stock de mer d’Irlande (zone 7.a) : le stock est surpêché et effondré depuis plusieurs décades et les scientifiques recommandent l’absence de captures depuis le début des années 2000. En 2018, les captures étaient estimées à 900 tonnes, essentiellement de prises accessoires, sous la taille réglementaire pour la plupart, dans le cadre de pêcheries ciblant la langoustine. 

 

 

Entre 2004 et 2013, les rejets de merlan étaient très importants et avoisinaient en volume et poids les captures qui étaient effectivement commercialisées et consommées. Les rejets  sur cette espèce sont interdits depuis le 1er janvier 2016.  A ce jour, les mesures techniques de conservation de la ressource comprennent une taille minimale de commercialisation fixée à 23 cm dans les zones Skagerrak, Kattegat et Sound, et à 27 cm dans les autres zones.

 

 

Chair blanche

Le merlan a été le plat du pauvre jusqu’à la fin du XXe siècle. Il était transformé pour l’alimentation animale. Il est depuis devenu un mets apprécié et recherché. En France, il est vendu principalement frais, entier, vidé. Sa chair blanche et feuilletée a un goût délicat lorsque le poisson est très frais. Malheureusement assez fragile, le merlan s’altère vite. Le développement des filets en barquette libre-service limite le gaspillage qui peut en résulter. Le merlan de ligne est le préféré des restaurateurs et le merlan « façon Colbert », le favori des amateurs. En Belgique et aux Pays-Bas, il est traditionnellement cuisiné frit, façon « Fish and Chips ».

 

 

 

 

 

 

 

Le merlan Merlangius merlangus ne doit pas être confondu avec le merlan bleu Micromesistius poutassou. En France le merlan bleu est essentiellement utilisé pour la production de surimi (voir la fiche produits dérivés). Tous les autres pays le transforment en farine (sauf l’Espagne et le Portugal qui le consomment directement). Micromesistius poutassou possède trois nageoires dorsales bien séparées contrairement à Merlangius merlangus qui a trois nageoires dorsales continues.

 

 

 

À RETENIR

  • Seuls les stocks de merlan du golfe  de Gascogne et des côtes ibériques peuvent être recommandés avec modération (en raison du taux élevé de prises accessoires de merlan sous taille).
  • Évitez le merlan d’autres provenances  dont les stocks sont surpêchés et dégradés, voire effondrés.
  • De grande qualité gustative quand il est très frais, le merlan est fragile et se détériore rapidement lors des manipulations pendant et après capture. Les poissons de ligne sont les mieux valorisés.
     

À SAVOIR

LES REJETS

Les navires de pêche européens rejettent une partie non négligeable des poissons, crustacés et mollusques qu’ils capturent, soit parce que ces prises ne sont pas ou plus autorisées (quota atteint), soit parce que ces animaux sont sous la taille légale de commercialisation, soit parce qu’ils n’ont, aux yeux des pêcheurs pas assez de valeur marchande, ou tout simplement parce qu’ils sont impropres à la consommation. 

 

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