Merlu | Guide des espèces

Merlu

Merluccius merluccius/ Merluccius australis

Merluccius capensis/ Merluccius paradoxus

Merluccius hubbsi / Merluccius gayi


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  • Atlantique Nord-Est, de la Norvège à la Mauritanie
  • Mer Méditerranée
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  • Pacifique Sud-Est
  • Chalut de fond
  • Filet
  • Ligne
  • Palangre

 


Dernière mise à jour : juin 2020

 

Le merlu appartient à la famille des merlucidés. Plusieurs espèces de merlu sont commercialisées en Europe :

 

• Merluccius merluccius vit dans les eaux de l’Atlantique Nord-Est, de la Norvège à la Mauritanie, et en Méditerranée ;

• Merluccius capensis et Merluccius paradoxus sont présents en Atlantique Sud-Est ;

• Merluccius gayi vit dans le Pacifique Sud-Est ;

• Merluccius hubbsi vit en Atlantique Sud-Ouest ;

• Merluccius australis, dans le Pacifique Sud ;

• Merluccius productus dans le Pacifique Nord-Est fréquente les eaux des États-Unis et du sud du Canada.

 

Chasseur de nuit très vorace, le merlu se nourrit surtout de poissons mais également de crustacés et de mollusques. L’âge de première maturité sexuelle du merlu européen Merluccius merluccius est environ 4 ans pour les mâles et 7 ans pour les femelles lorsqu’elles mesurent 60 cm et pèsent aux alentours de 1,5 kg. A 20 ans, les femelles peuvent mesurer 1 mètre. La ponte a lieu entre février et juillet.

 

La Belgique débarque 50 tonnes annuelles de merlu (principalement  de mer du Nord) et importe 710 tonnes supplémentaires (toutes espèces confondues) pour sa consommation nationale dont  50 % d’Uruguay et d’Argentine (Merluccius hubbsi).  

La France importe 16 500 tonnes par an de merlu (toutes espèces confondues) et 15 424 tonnes de Merluccius merluccius ont été débarquées sous criées françaises en 2017. 

 

 

Pêche intensive de merlus de petite taille

Le merlu, toutes espèces confondues, fait l’objet d’une exploitation intensive. En Europe, elle est menée par des chalutiers, des fileyeurs et des palangriers. Les captures sont principalement destinées aux marchés du sud de l’Europe, Espagne en tête, qui affec tionne particulièrement les merlus de petite taille. Dans les années 90, plus de la moitié des merlus capturés étaient immatures, et au début des années 2000, l’espèce était en dessous des limites biologiques de sécurité. Des dispositifs plus sélectifs ont été imposés, ainsi qu’un durcissement de l’application de la réglementation, via un plan d’urgence en 2001. Actuellement, la taille minimale de commercialisation du merlu européen est fixée à 27 cm dans l’Atlantique Nord-Est, à 30 cm dans le Kattegat et le Skagerrak et à 20 cm en Méditerranée.

 

 

Etat des stocks très variable

En Europe, la population de Merluccius merluccius d’Atlantique Nord-Est est composée de trois stocks distincts :

 

Le stock Nord de l’Atlantique Nord-Est (du golfe de Gascogne à la Norvège) est en bon état. Il présentait un état inquiétant au début des années 2000. Un plan d’urgence a été introduit en 2001 avec, entre autres mesures, l’obligation d’un maillage à 100 mm pour les chaluts ciblant cette espèce afin de laisser s’échapper les juvéniles. En 2004, le plan d’urgence a été remplacé par un plan de restauration. Depuis 2006, la population de reproducteurs a considérablement augmenté atteignant en 2016 un niveau jamais observé sur la période étudiée, depuis 1978 ; la mortalité par pêche est revenue dans la limite d’une exploitation permettant le RMD (Rendement Maximum Durable) depuis 2011. Les scientifiques du CIEM recommandent de ne pas dépasser 104 763 tonnes en 2020. 

 

Le stock Sud de l’Atlantique Nord-Est ((côtes espagnoles et portugaises) jouit d’une biomasse reproductive en augmentation depuis 2007 et est, depuis 2007, au dessus du seuil de durabilité. En 2004, le CIEM avait recommandé la fermeture de la pêche et un plan de restauration a été adopté par l’Union européenne en 2005, avec des objectifs de réduction de la mortalité par pêche de 10 % par an. En 2019, même si la mortalité par pêche a sensiblement diminué, elle reste cependant toujours élevée (deux fois plus élevée que le niveau permettant le RMD) sans affecter les capacités de reproduction du stock. Cette pêcherie se caractérise par des rejets de l’ordre de 16 % des captures. Les scientifiques recommandent pour 2020 des captures comprises entre 4 694 et 8 991 tonnes (selon le Plan de Gestion européen). 

 

 Les stocks de Méditerranée : le plus important est le stock du golfe du Lion, qui est exploité très au-delà d’un niveau jugé durable. Une forte réduction de la mortalité par pêche est recommandée (de 60 à 70 % pour atteindre le RMD), en épargnant en particulier les juvéniles. L’état des autres stocks de Méditerranée (côte nord-est de l’Espagne, côte est de la Sardaigne, mer Adriatique, mer Egée) est mal connu. 

 

 

Plusieurs autres espèces sont pêchées hors des eaux européennes et exportées vers l’Europe :

 

Merluccius hubbsi  (Atlantique Sud-Ouest, eaux d’Argentine et d’Uruguay) est considéré comme largement surexploité et fait l’objet d’un plan de redressement qui semble porter ses fruits. L’introduction du règlement européen sur les certificats de captures (accompagnant chaque produit importé sur le marché européen et signé de l’État pavillon du navire de pêche) a permis aux autorités argentines de mettre en place un nouveau système de « limite maximum de capture par armement » qui devrait contribuer à réduire les captures non déclarées. Le taux de capture demeure cependant deux fois supérieur au niveau qui permettrait d’atteindre le RMD. 

 

Merluccius capensis et Merluccius paradoxus (au large de la Namibie et de l’Afrique du Sud) sur la côte Sud de l’Afrique du Sud  sont exploités durablement et les pêcheries qui l’exploitent sont certifiées MSC. Les stocks de Merluccius capensis et Merluccius paradoxus présents le long des côtes namibiennes sont en cours de certification MSC. 

 

Merluccius gayi (au sud du Pacifique Est), il existe deux sous-espèces différentes de merlus du Pacifique Sud, Merluccius gayi peruanus entre 0° et 14° de latitude Sud au large de l’Equateur et du Pérou et Merluccius gayi gayi, entre 19° et 44° de latitude Sud au large du Chili. Le stock péruvien a été surexploité pendant plusieurs années jusqu’à épuisement.  a été surexploité pendant plusieurs années jusqu’à épuisement. Le gouvernement péruvien a imposé, fin 2002, une interdiction totale de cette pêche. Le stock a donné des signes de reprise deux ans après cette fermeture et l’industrie péruvienne a signé un protocole de pêche responsable mais le stock n’est toujours pas reconstitué. Le stock chilien est effondré et peu de mesures sont prises pour assurer son retour à des niveaux d’exploitation durable.

 

Merluccius australis (Nouvelle-Zélande et sud de l’Argentine) Le stock de Merluccius australis au large du Chili est considéré comme pleinement exploité et en cours de certification MSC. La pêcherie de Nouvelle-Zélande est certifiée MSC. 

 

Merluccius productus (Pacifique Nord-Est), une pêcherie américaine de Merluccius productus est certifiée MSC et l’ensemble de ses quatre stocks sont exploités durablement.

 

 

 

Frais ou surgelé

Le merlu européen (appelé « merlan » sur la côte méditerranéenne) est vendu entier frais (vidé avec tête) ou sous forme de darne. L’approvisionnement du marché de poissons frais est assuré en complément des captures européennes par des produits d’importation en provenance d’Afrique du Sud et de Namibie (Merluccius capensis et Merluccius paradoxus), d’Amérique du Sud via l’Espagne (Merluccius gayi) ou encore de Nouvelle-Zélande (Merluccius australis). L’industrie des plats cuisinés et du poisson pané fait également appel à cette matière première.
 

 

 

À RETENIR

  • Le stock Nord de l’Atlantique Nord-Est de Merluccius merluccius est exploité durablement. 
  • Merluccius australis et Merluccius productus pêchés dans le Pacifique peuvent être recommandés.
  • Les stocks, le long des côtes d’Afrique du Sud, de Merluccius capensis et Merluccius paradoxus ne suscitent pas d’inquiétude.
  •  Les stocks de Merluccius capensis  et Merluccius paradoxus le long  des côtes d’Afrique du Sud ne suscitent  pas d’inquiétude.
  •  Merluccius hubbsi d’Atlantique Sud-Ouest et Merluccius gayi du Pacifique Est sont actuellement surexploités et  leur consommation à éviter. 
  • Évitez le merlu Merluccius merluccius pêché dans le golfe du Lion, dont le stock est surpêché et très vraisemblablement effondré. 
  • Si vous l’achetez frais, préférez le merlu européen Merluccius merluccius de taille égale ou supérieure à 60 cm (> 1,4 kg poids éviscéré, soit de taille 1 ou 2).
  •  Plusieurs pêcheries de merlus sont certifiées MSC : quatre pêcheries européennes de Merluccius merluccius ; une pêcherie américaine du Pacifique Nord-Est de Merluccius productus ; une pêcherie de Nouvelle-Zélande de Merluccius australis et une pêcherie d’Afrique du Sud de Merluccius capensis  et Merluccius paradoxus. 
     

À SAVOIR

Taille de maturité sexuelle

Merluccius capensis : 45 à 60 cm.

Merluccius hubbsi : 36 cm pour les mâles et 40 cm pour les femelles.

Merluccius gayi : 65 cm pour les mâles et 85 cm pour les femelles.

Merluccius merluccius : 60 cm pour les femelles.