Poulpe | Guide des espèces

Poulpe

Octopus vulgaris


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Dernière mise à jour : juillet 2020

 

Le poulpe est une espèce qui se caractérise par un cycle biologique court, ce qui le rend très sensible aux variations du milieu. L’animal est réputé pour sa forte acuité visuelle et son intelligence. N’ayant pas de squelette interne, le corps est entièrement mou (hormis le bec) et comporte huit tentacules qui peuvent compter chacune plus de 200 ventouses. La taille à la première maturité sexuelle serait de 8 cm (longueur de manteau) pour les mâles et de 12 à 13 cm pour les femelles (en Méditerranée). A 15 mois, les poulpes pèsent plus de 2 kg.

 

 

Le poulpe commun Octopus vulgaris n'est pas la seule espèce vendue sur nos marchés.
De nombreuses autres espèces, issues à la fois de pêches européennes et importées depuis le reste monde, se retrouvent sur nos marchés : Octopus cyanea, Octopus maya, Octopus variabilis, Eledone cirrhosa, Eledone moschata, Amphioctopus aegina, Amphioctopus membranaceus, Callistoctopus macropus, Enteroctopus megalocyathus, Macroctopus maorum.
L'état des stocks de ces espèces n'est pas connu en raison du manque de données.

 

 

Chalut et turlutte

Les poulpes sont particulièrement abondants dans l’Atlantique Centre-Est au large des côtes africaines, du Maroc au Sénégal. Sur le banc saharien, ils font l’objet d’une pêche industrielle depuis le début des années 70. Initiée par l’Espagne et le Japon, cette pêche industrielle a été rejointe par des navires coréens et chinois. L’extension de la juridiction des États riverains dans les années 80 a permis aux États côtiers de s’approprier leurs ressources marines. Aujourd’hui, les armements industriels de Mauritanie et du Maroc sont des acteurs majeurs de l’exploitation du poulpe de l’Atlantique Centre-Est et les États riverains négocient des accords de pêche avec les pays étrangers pour leur autoriser l’accès et la pêche dans leurs eaux. La pêche au poulpe est pratiquée par des chalutiers ou des navires côtiers pêchant à la turlutte ou au casier à poulpe. 

 

 

Stocks pleinement exploités

Le poulpe fait l’objet d’exploitations intensives à travers le monde. Plusieurs stocks sont identifiés. Le dernier rapport (2018) du comité scientifique du COPACE (Comité des pêches pour l’Atlantique Centre-Est) indique leur état. 

 

Pour le stock commun du Sénégal et de la Gambie  les résultats des évaluations n’ont pas été concluants mais d’autres informations provenant des pêcheries, des campagnes scientifiques et des évaluations anciennes indiquent que ce stock est probablement surexploité.

 

• Le stock marocain  (zone de Dakhla) est actuellement surexploité et l’effort de pêche doit être limité. La pêcherie du poulpe fait l'objet de deux repos biologiques par an (arrêt de la pêche), depuis 1989, pour permettre à l'espèce de se régénérer en protégeant le stock parental. Malheureusement, pendant les périodes de repos, des épisodes de braconnage sont enregistrés. Selon l’Institut national de la recherche halieutique, le potentiel du poulpe est en train de reculer depuis quelques années. Le volume registré en 2017/2018 est très proche de celui de 2004-2005 (21 833 tonnes) quand l’effondrement de la ressource était enregistré. 

 

• Le stock du Cap Blanc en Mauritanie est pleinement exploité. Seuls les navires étrangers chinois sont autorisés dans cette zone par les autorités mauritaniennes. 

 

• Le stock de Guinée-Bissau est estimé encore sous-exploité ;

 

• Les stocks méditerranéens exploités par la France (1 700 tonnes annuelles débarquées dans les criées méditerranéennes françaises), la Tunisie, l’Italie et la Grèce sont pleinement exploités, sans risque d’effondrement. Le poulpe de Méditerranée fait l’objet d’un fort taux de rejet par les chaluts de fond (> 40 % car il est non ciblé et rejeté à la mer). Il ne fait pas partie des espèces soumises à l’obligation de débarquement (cette réglementation européenne étant non applicable en Méditerranée). 

 

Le poulpe de l’Atlantique Centre-Est est la première source d’approvisionnement du marché français et représente 40 % du total des captures démersales de cette zone (les espèces démersales vivent à proximité du fond). La pêche illégale sur cette espèce perdure sur le banc saharien.

 

 

Poids minimum de commercialisation

La commercialisation du poulpe est assujettie à un poids minimum fixé à 750 g, poids entier, dans les eaux européennes et à 450 g, poids de l’animal éviscéré, en Atlantique CentreEst. Cette mesure, applicable aux navires communautaires et extra-communau taires, vise à renforcer la protection des jeunes poulpes. Cette décision de Bruxelles répond à un avis scientifique du COPACE indiquant indiquant que les stocks de poulpe font l’objet d’une surpêche dans l’ensemble de la zone relevant de sa compétence. Selon les scientifiques, l’application d’un poids minimal de 450 g réduira la quantité de poulpes capturés par pêche de 25 % pour les femelles adultes et de 50 % pour les mâles adultes. 

 

 

Poulpe en salade

Le poulpe est commercialisé sous forme d’animal entier frais ou décongelé ; sous cette forme, sa consommation est limitée à quelques amateurs éclairés. Ce céphalopode est aujourd’hui de plus en plus vendu en morceaux cuits, assemblés dans des salades, avec ou sans autres ingrédients ou mariné.

 

 

 

 

 

 

À RETENIR

  • Les différents stocks de poulpe Octopus vulgaris  sont soit pleinement exploités (Mauritanie, Méditerranée), soit surexploités (Maroc). Seul le stock de Guinée-Bissau est encore sous-exploité. Le stock du Sénégal et de la Gambie est probablement surexploité.
  • Privilégiez le poulpe issu des pêcheries de Méditerranée, du Sénégal, et de Guinée-Bissau.
  • Évitez le pouple pêché au Maroc, au Sénégal et en Gambie.
  • Évitez d’acheter des individus pesant  moins de 750 g (entier) ou 450 g (éviscéré).
  • Une pêcherie des Asturies (Espagne) est certifiée MSC.

 

À SAVOIR

Commercialisation

 

La France a importé 28 830 tonnes de céphalopodes (poulpe, seiche, calmar) en 2017, 13 786 tonnes ont été débarquées en criées  la même année (dont 1 619 tonnes de poulpe) et 11 891 tonnes  en 2018 (dont 1 888 tonnes de poulpe).  La Belgique débarque environ 1 000 tonnes de céphalopodes  par an (dont 64 tonnes de poulpe). Environ 1 000 tonnes de poulpe supplémentaires sont importées chaque année d’Europe, d’Asie  du Sud-Est et d’Afrique.