Sole | Guide des espèces

Sole

Solea solea

Cynoglossus senegalensis


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  • Atlantique Est de la mer de Norvège aux eaux sénégalaises
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  • Chalut à perche
  • Chalut de fond
  • Trémail

Dernière mise à jour : juin 2020

 

Plusieurs espèces commercialisées sont appelées « soles » :

 

la sole commune (Solea solea), appelée également « sole franche » ou encore « sole de Douvres », du nom du port anglais où elle était autrefois débarquée en grande quantité, est de loin la plus courante sur nos tables ;

la sole du Sénégal (Cynoglossus senegalensis) et autres « soles langues » telles que sont appelées les soles tropicales, nous viennent des eaux africaines (Maroc, Mauritanie, Sénégal) ;

la sole pole ou sole blonde (Pegusa lascaris) au corps ovale ;

la sole perdrix (Microchirus variegatus), au corps rayé de bandes sombres, est moins fréquente.

 

 

Sole commune

La sole commune Solea solea est active la nuit (sa barbiche lui permet de sentir les mouvements de ses proies sur le fond sableux). Le jour, elle s’enfouit sous le sable à l’abri des prédateurs. Ses nourriceries se situent dans les estuaires et ses frayères au large. Elle peut vivre jusqu’à 25 ans. Elle atteint sa maturité sexuelle entre 2 et 5 ans, lorsqu’elle mesure entre 24 et 30 cm selon les zones et pèse entre 160 g (mer du Nord) et 200 g (golfe de Gascogne). Adulte, elle peut peser 2 kg.

 

 

Les stocks en bon état

Le stock de mer du Nord  (zone 4) est légèrement surpêché, malgré un taux d’exploitation en forte baisse depuis 1997. Sa biomasse reproductive est en forte augmentation, au-dessus du seuil de durabilité. Pour 2020, les scientifiques du CIEM proposent une limite de captures de 17 545 tonnes. 

 

Le stock de Manche Ouest (zone 7.e) est en bon état, exploité durablement, avec une biomasse en forte hausse. 

 

Le stock du golfe de Gascogne (zone 8) jouit d’une pleine capacité de reproduction. La réduction de l’effort de pêche appliquée depuis le début des années 2000 a porté ses fruits ; le stock est cependant estimé légèrement surpêché en 2018. • Le stock Est de la mer Celtique (zone 7.f-g) est en bon état, avec une forte diminution récente du taux d’exploitation, aujourd’hui compatible avec le RMD (Rendement Maximum Durable). Pour 2020, une limite de captures de 1 731 tonnes est recommandée par le CIEM. 

 

Le stock de Manche Est (zone 7.d), exploité à plus de 50 % par les pêcheurs français, est estimé en bon état. Le diagnostic n’est pas très précis, mais indique une forte baisse du taux d’exploitation depuis le milieu des années 2000 et une biomasse de reproducteurs en hausse depuis 2016. Pour 2020, le CIEM recommande une limite de captures de 2 846 tonnes.

 

Le stock de Skagerrak et Kattegat (zone 3.a). Le stock est estimé en bon état : sa capacité de reproduction, qui était en baisse depuis 2006, s’est améliorée depuis 2016 et est maintenant supérieure au seuil de durabilité. Le CIEM recommande de ne pas dépasser les 539 tonnes en 2020. 

 

 

Stocks en danger ou en reconstitution

• Les stocks de poissons plats des côtes de l’Afrique de l’Ouest (dont la sole Cynoglossus senegalensis), fortement exploités et avec un potentiel reproducteur extrêmement faible, sont en situation critique.

 

Le stock de mer d’Irlande (zone 7.a) est en voie de reconstitution : le taux d’exploitation a fortement diminué depuis la fin des années 80 et est maintenant très faible, très en dessous du seuil permettant le RMD ; la biomasse qui était à son plus bas niveau en 2014, est en forte augmentation, bien qu’encore en dessous du seuil de durabilité. La recommandation scientifique pour 2020 est de ne pas dépasser les 561 tonnes. 

 

 

Pêche ciblée

 

La sole est un poisson benthique qui vit sur les fonds sableux ou vaseux. Elle se capture principalement au chalut à perche (Belgique, Pays-Bas), au chalut de fond et au filet maillant  ou trémail (Normandie, golfe de Gascogne, sud de l’Angleterre).  Sa forte valeur marchande en fait une source importante de revenu pour les pêcheurs qui l’exploitent (4 938 tonnes débarquées dans les halles à marée françaises à 13,27 euros le kg en prix de première vente en 2017).

En Belgique, 2 014 tonnes de sole ont été débarquées en 2019  et vendues entre 8.50 et 15 euros le kilo. Les pêcheurs la ciblent en particulier en mer du Nord (4), Manche-Est (7.d), dans le Canal de Bristol et en Irlande de l’Est (7.f-g). En été, ils descendent même jusqu’au golfe de Gascogne (8.a-b). 

 

 

Un poisson apprécié

Poisson à la chair délicate, au goût distinctif mais peu prononcé, réputé sans arêtes (il est facile de lever les filets sans y laisser une arête), la sole est très appréciée des gourmets de tous âges. Elle est principalement vendue fraîche, entière, en filet ou encore prête à cuire, c’est-à-dire vidée, pelée et sans tête. Des filets sans peau sont également vendus surgelés.

 

 

 

 

En lire plus

Pour en apprendre plus sur la vie de la sole commune, rendez-vous sur le réseau social encyclopédique Fishipedia.

À RETENIR

  • Les différents stocks de sole en Europe connaissent des situations variables.
  • Privilégiez la sole pêchée dans le golfe de Gascogne, Manche, mer du Nord et Skagerrak-Kattegat exploitée durablement
  • Le stock de mer d’Irlande est en voie  de reconstitution. Les soles provenant de ce stock sont à consommer avec modération.
  • Préférez les soles d’au moins 30 cm (250 g) qui ont eu le temps de se reproduire.
  • Évitez la sole provenant des côtes  de l’Afrique de l’Ouest dont les stocks  sont épuisés. 
  • L’exploitation de la sole du Sénégal est considérée comme non durable. Sa consommation est à éviter (comme tous les stocks de poissons plats des côtes de l’Afrique de l’Ouest).
  • La pêche au chalut à perche et l’utilisation de mailles de 80 mm sont accompagnées d’importantes prises accessoires de cabillauds et plies en dessous de la taille commerciale réglementaire.
  • Trois pêcheries de sole commune  (une danoise, une hollandaise et la pêcherie française FROM Nord) sont certifiées MSC. 

À SAVOIR

Sous haute surveillance

 

Les règles régissant les conditions d’exploitation des différents  stocks de soles comprennent :

•  une taille minimale de commercialisation de 24 cm pour  Solea solea (25 cm en Hauts-de-France et Normandie) ;

•  une taille des mailles des filets réglementée (80 mm pour  le chalut ; 100 mm pour le filet avec dérogation à 90 mm).  A noter que les mailles de 80 mm entraînent des rejets  importants de plies et cabillauds sous taille ;

• des TAC (Totaux Admissibles de Captures) ;

•  des limites sur la puissance des navires et le nombre  de jours de pêche autorisé par an.