Thon albacore

Thunnus albacares


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  • Ceinture tropicale des trois océans : Pacifique, Atlantique et Indien
  • Senne
  • Canne
  • Filet maillant
  • Palangre
  • Ligne

 


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Dernière mise à jour : juillet 2018

 

Avec plus d’un million de tonnes capturées chaque année, l’albacore est la deuxième espèce de thonidés débarquées dans le monde. Présente dans les eaux tropicales et subtropicales mondiales (sauf en Méditerranée), cette espèce affectionne les eaux aux températures comprises entre 20 et 30°C jusqu’à 250 mètres de profondeur. Il peut se regrouper avec d’autres thonidés par banc de même taille. Les tailles communes des adultes capturés sont entre 40 et 170 cm (soit 1,2 kg et 100 kg) et les poissons atteignent leur maturité sexuelle lorsqu’ils mesurent 100 cm en moyenne (entre l’âge de 2 et 3 ans). Le thon albacore peut atteindre 200 kg pour 2,5 mètres de long et a une longévité de 8 ans.

 

Attention

Le thon albacore (notamment en provenance des Maldives et de l’Afrique du Sud…) est parfois vendu sous l’appellation thon à chair rouge. Vérifiez le nom latin du produit que vous achetez.

 

Tous les thonidés sont extrêmement vulnérables à une augmentation de la pression de pêche du fait de leur ciblage par plusieurs engins de pêche (senne sur bancs libres et DCP, palangre pélagique notamment).

 

 

À la senne

L’albacore est pêché dans les trois grands océans, principalement à la senne. Il se regroupe facilement autour des DCP (dispositifs de concentration de poissons - voir À SAVOIR), ce qui facilite sa capture. Son exploitation est partout croissante depuis plus de 50 ans.

 

Stocks pleinement exploités

Stock de l’Atlantique : après une période de surexploitation, les niveaux de capture actuels (115 000 tonnes en 2015, 102 000 tonnes entre 2011 et 2015) sont jugés durables et la biomasse augmente progressivement vers un niveau optimal (selon données 2016). Cependant, la CICTA recommande fortement de réduire la mortalité par pêche des juvéniles sur DCP qui impacte le niveau maximum soutenable des captures. Un moratoire interdisant la pêche sur DCP en janvier et février sur une zone au large allant du Ghana à la Guinée équatoriale est en vigueur depuis 2013.

Stock Pacifique Est : selon les dernières évaluations de 2016 (captures de 195 000 tonnes en 2015), la biomasse de reproducteurs a augmenté ces dernières années et le niveau de mortalité par pêche dans le Pacifique Est se situe légèrement en-dessous du niveau d’exploitation au Rendement Maximum Durable (RMD). Des mesures de conservation pour limiter la capacité de flotte ont été prises par l’IATTC : 62 jours par an de fermeture de pêche pour les senneurs supérieurs à 182 tonnes de capacité de charge, une fermeture saisonnière de la pêche à l’ouest des îles Galápagos où les captures de juvéniles sont importantes, ainsi que l’obligation de débarquements pour tous les senneurs de listao, thon obèse et thon albacore.

Stock du Pacifique Centre et Ouest : ce stock dont les captures ont atteint 526 000 tonnes en 2015 ne souffre pas de surexploitation et est exploité au niveau du RMD. Cependant les situations varient d’une zone à l’autre et la mortalité par pêche ne doit pas augmenter dans la partie Ouest. Des mesures de gestion ont été mises en place notamment un moratoire de 3 mois (de juillet à septembre) interdisant la pêche sous DCP dans les eaux nationales et internationales entre 20°N et 20°S.

Stock de l’océan Indien : l’évaluation de 2016 (niveau des captures de 398 000 tonnes en 2015) montre que la biomasse du stock et la pression par pêche se situent hors du domaine de durabilité du stock. L’effort de pêche augmente depuis 2011. Des efforts pour limiter les prises de juvéniles de thons et les prises accessoires d’espèces sensibles (requins, tortues, mammifères marins) ont été entrepris et doivent être poursuivis. Les flottilles de senneurs européens ont mis en place des programmes d’observateurs embarqués, co-financés par l’Union européenne, afin d’obtenir des données sur ces prises accessoires et les rejets. En ce qui concerne les pêcheries artisanales et semi-industrielles (Iran, Sri Lanka, Inde, Indonésie), peu d’informations sont disponibles, les niveaux des prises accessoires sont sans doute très élevés, particulièrement pour les fileyeurs et les palangriers. En 2016, les scientifiques recommandaient de baisser de 20 % les captures d’albacore (niveau des captures de 2014) de l’océan Indien.

 

Conserves et tranches fraîches

Le thon albacore est très utilisé dans l’industrie de la conserve en Europe. Il est par ailleurs commercialisé en longes fraîches (filet) sans peau. Transformé sous cette forme dans les pays producteurs, le produit est vendu par les grossistes servant les marchés de détail et de la restauration. A l’étal du poissonnier, le thon albacore est exposé en longe également, puis débité en tranche à la demande du consommateur.
En 2016, la Belgique a importé 3 202 tonnes de thon albacore : 23 % d’Italie, 21 % des Pays-Bas, 12 % d’Allemagne et 10 % d’Espagne ; la plupart des importations (89 %) sont sous forme préparée ou en conserve.

 

Sous l’appellation « thon rouge » sont vendues illégalement d’autres espèces de thon (comme le thon albacore Thunnus albacares de l’océan Indien ou de l’Atlantique). Vérifiez le nom latin de l’espèce au moment de l’achat.

 

 

 

À RETENIR

  • Le thon albacore est l’un des thons les plus courants sur les marchés européens.
  • La capture abondante de juvéniles d’albacore sur les dispositifs de concentration de poissons (DCP) pose problème. Évitez les achats de thon albacore pêché sur DCP en raison des prises accidentelles élevées de juvéniles de thons et d’espèces menacées qu’ils entraînent.
  • Le thon albacore du Pacifique et celui d’Atlantique peuvent être recommandés (évitez ceux pêchés sur DCP - dispositif de concentration de poissons).
  • Évitez le stock de l’océan Indien actuellement surexploité.
  • Huit pêcheries de thon albacore du Pacifique sont certifiées MSC.

 

À SAVOIR

Les objets flottants dérivants

Les objets flottants dérivants (ou DCP - dispositif de concentration de poissons), qu’ils soient naturels ou artificiels, ont un pouvoir concentrateur sur de nombreuses espèces pélagiques.
Les pêcheurs exploitant les grands pélagiques déploient des radeaux pour attirer les poissons. Les DCP attirent tout un écosystème : à la fois les espèces ciblées (y compris les juvéniles) et des espèces non ciblées (requins, raies…). Au niveau mondial, les prises autour des DCP représentent plus de la moitié des captures mondiales de thons tropicaux. Dans l’océan Indien, ce taux est de 60 % pour la pêche à la senne. Ces objets de concentration entraînent un changement du comportement biologique des poissons et leur impact écologique n’est pas complètement identifié.


En Atlantique, un moratoire interdit depuis 1997, la pêche sur DCP pendant 3 mois, chaque année entre novembre et janvier (période de reproduction), avec obligation d’observateurs embarqués pendant ces 3 mois. Malgré la réduction du nombre de bateaux initialement présents en Atlantique, le niveau d’effort de pêche reste constant en Atlantique car certains navires présents dans l’océan Indien et le Pacifique viennent pêcher en Atlantique. L’ONG internationale Greenpeace a lancé une opération « coup de poing » en 2016 contre Petit Navire et Thaï Union afin de pousser les industriels à limiter ou supprimer leurs approvisionnements issus de la pêche sur DCP, responsables de nombreuses prises accessoires d’espèces menacées et sous-tailles. Certains armements sont certifiés « FAD free » (sans DCP) et séparent ainsi dans leur cale les poissons pêchés sur banc libre de ceux pêchés à l’aide de DCP. On retrouve cette appellation sur les boîtes de conserve en bout de chaîne de transformation du produit.

 

De nombreuses enseignes européennes ont depuis développé une gamme de thon en conserve pêché sur banc libre ou à la ligne.

La certification MSC de la pêcherie de thon du Pacifique fait l’objet de polémique.
En effet, cette certification porte sur la pêche à la senne sur banc libre mais la même pêcherie capture également des thons sur Dispositifs de Concentration du Poisson.