Thon albacore | Guide des espèces

Thon albacore

Thunnus albacares


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  • Ceinture tropicale des trois océans : Pacifique, Atlantique et Indien
  • Senne
  • Canne
  • Filet maillant
  • Palangre
  • Ligne
  • Aucun élevage

 

 


Dernière mise à jour : janvier 2022

 

Biologie 

  • ÉCOLOGIE : Le thon albacore peut atteindre 200 kg et mesurer 2,50 m à l’âge adulte. C’est une espèce migratrice qui peut se regrouper avec d’autres thonidés par banc de même taille.
  • TRAITS DISTINCTIFS : Corps fusiforme, dos bleu acier, ventre blanc argenté, deuxième nageoire dorsale et nageoire anale très longues et jaunes, pinnules jaunes sans bordure noire.
  • HABITAT : Espèce pélagique qui vit dans les eaux entre 20 et 30°C, souvent jusqu’à 500 m de profondeur.
  • ALIMENTATION : Calamars, crustacés et poissons.
  • MATURITÉ SEXUELLE : 100-115 cm LF (1) (2-3 ans).
  • PÉRIODE DE FRAI : Golfe du Mexique : de mai à août. Sud-Est des Caraïbes : de juillet à novembre. Océan Atlantique : de décembre à mars.

Le thon albacore peut atteindre 200 kg et mesurer 2,50 m à l’âge adulte. C’est une espèce migratrice qui peut se regrouper avec d’autres thonidés par banc de même taille

 

Pêche

Avec plus d’un million de tonnes capturées chaque année, le thon albacore (Thunnus albacares) est la deuxième espèce de thonidés exploitée dans le monde (1 562 192 tonnes en 2018) après le thon listao (Katsuwonus pelamis) (3 161 308 tonnes en 2018).

Le thon albacore est essentiellement pêché dans l’océan Pacifique (60 %), puis l'océan Indien (30 %) et dans l'océan Atlantique (10 %). Il est capturé principalement à la senne. Son exploitation est partout  croissante depuis plus de 50 ans. Elle est souvent pratiquée à l’aide de DCP (2), (environ 40 % des prises à la senne), afin de regrouper les poissons et faciliter les prises. Les poissons capturés sous DCP ont un poids moyen de 3 à 4 kg (il s'agit majoritairement d'individus immatures).

La flotte européenne pêche principalement dans l’océan Indien (78 240 tonnes sur un total de 118 556 tonnes débarquées en 2018) ; le principal pays pêcheur est l’Espagne (57 675 tonnes en 2018. À noter  des enjeux de déclaration : du thon albacore pêché en excédent du quota serait débarqué en tant que thon obèse), suivie par la France (57 449 tonnes en 2018). 

La Belgique ne cible pas cette espèce.

 

                  

 

 

 

 

 

 

La Polynésie française a débarqué 2 289 tonnes en 2018. 

La Polynésie française a débarqué 2 289 tonnes en 2018.

 

 

 

Tous les thonidés sont extrêmement vulnérables à une augmentation de la pression de pêche du fait de leur ciblage par plusieurs engins de pêche (senne sur bancs libres et DCP, palangre pélagique notamment).

 

Gestion des Stocks

Les stocks de thon albacore sont gérés par des Commissions internationales telles que la CICTA (3), la CTOI (4), la CCPOC (5) et la CITT (6), selon la zone géographique.

Des mesures spécifiques sont prises par ces commissions, dans leur zone de compétence :

 

 

État des stocks du thon albacore. 

Vert : stocks jugés en bon état ; Rouge : stocks dégradés et surpêchés.

 

Pacifique occidental et central 

  • Limitation du nombre de senneurs congélateurs à senne coulissante (supérieurs à 24 mètres), au même niveau que celui de 2013.
  • Limitation de leur effort de pêche (nombre maximal de jours de pêche autorisé/limites de captures).

Pacifique Est 

  • Limitation de la capacité des senneurs à senne coulissante, au même niveau que celui de 2002 (sauf exception).
  • Fermeture annuelle de la pêche (72 jours en 2020) dans certaines zones spécifiques, pour les senneurs à senne coulissante de capacité supérieure à 182 tonnes et à tous les palangriers de plus de 24 mètres.

Océan Atlantique 

  • Définition d’un TAC (7) et de quotas. Le TAC, établi sur base des avis scientifiques, est resté le même depuis 2012 mais les captures ont été systématiquement supérieures (sauf en 2013).

Océan Indien 

  • Limitation de la capacité des flottes de pêche, au même niveau que celui de 2003.
  • Définitions des limites de captures. La flotte européenne (Espagne, France, Italie) pêchant dans les eaux de compétence de la CTOI a le plus grand quota.
  • À noter que beaucoup de pays ne sont pas concernés par ces limites de captures et que d’après les scientifiques, elles sont en général très mal respectées.
Taille minimale de capture : aucune
 


Etat des stocks

• Stock de l’Atlantique 

Biomasse en déclin continu mais estimée supérieure au seuil de durabilité.

Taux d’exploitation globalement en augmentation avec des fluctuations, depuis le milieu des années 2000. En 2018 sa valeur était estimée autour du niveau du RMD (8).

Les scientifiques sont préoccupés par les captures dépassant les TAC ces dernières années. Ils recommandent de baisser les captures afin d’éviter la surpêche (captures recommandées 120 000 t - 135 689 t capturées en 2018).

Les scientifiques estiment que les mesures de gestion actuelles sont insuffisantes si ce niveau élevé de prises venait à se maintenir. Ils recommandent aussi l’adoption de mesures efficaces afin de réduire la mortalité par pêche des juvéniles, qui impacte négativement la production durable à long terme et l’état du stock.

 

Stock du Pacifique Est 

Biomasse reproductive et taux d’exploitation estimés hors du niveau de durabilité du stock (238 780 t capturées en 2018). Les scientifiques recommandent de limiter l’effort de pêche des senneurs sur les bancs libres, ainsi que sur les objets flottants.

 

Stock du Pacifique Centre et Ouest   

Biomasse reproductive estimée supérieure au seuil de durabilité.

Taux d’exploitation en augmentation, mais estimé inférieur au niveau du RMD (666 970 t capturées en 2018).

Les scientifiques recommandent de ne pas augmenter les captures et de développer des mesures pour réduire la mortalité par pêche des juvéniles.

 

Stock de l’Océan Indien 

Biomasse reproductive et taux d’exploitation estimés hors du niveau de durabilité du stock. Les captures sont en augmentation depuis 2010 et cela a considérablement accru la pression sur le stock.

En 2018, les scientifiques recommandaient une réduction de captures jusqu'à ce que la prochaine évaluation (2021) soit réalisée, mais cette recommandation n’a pas été suivie et les captures de 2019 (427  240 t) étaient encore supérieures au niveau estimé du RMD (403 000 t). Les scientifiques recommandent aussi de poursuivre les efforts pour limiter les prises élevées de juvéniles et les prises accessoires d’espèces sensibles (requins, tortues, mammifères marins).

Les flottilles de senneurs européens ont mis en place des programmes d’observateurs embarqués, cofinancés par l’UE, afin d’obtenir des données sur ces prises accessoires et les rejets. En ce qui concerne les pêcheries artisanales et semi-industrielles (Iran, Sri Lanka, Inde, Indonésie), peu d’informations sont disponibles et les niveaux des prises accessoires sont sans doute très élevés, particulièrement pour les fileyeurs et les palangriers.

 

Sous l’appellation « thon rouge » sont vendues illégalement d’autres espèces de thon (comme le thon albacore Thunnus albacares de l’océan Indien ou de l’Atlantique). Vérifiez le nom latin de l’espèce au moment de l’achat.

 

 CONSOMMATION

Le thon albacore est très utilisé dans l’industrie de la conserve en Europe (la législation européenne n’impose pas de mentionner le nom de l’espèce mise en boîte).

Il est par ailleurs commercialisé en longes fraîches (filet) sans peau. Découpé en longes dans les pays producteurs, le thon est vendu par les grossistes servant les marchés de détail et de la restauration. La France importe principalement du thon albacore cuit et préparé depuis les Seychelles et l’Espagne. La Belgique importe principalement du thon albacore préparé ou en conserve depuis la Côte d’Ivoire, l’Italie et l’Espagne.

 

 MSC • Vingt-trois pêcheries de thon albacore sont certifiées : (vingt-et-une opérant dans le Pacifique et deux dans l’Atlantique) une pêcherie de Tahiti, composée de petits palangriers et exploitant la zone économique des 200 miles de Polynésie française (Pacifique central), est certifiée depuis 2018.

 

 

 

(1) Longueur à la fourche

(2) Dispositif de concentration de poissons...[En lire plus ]

(3) Commission internationale pour la conservation des thons de l'Atlantique (ICCAT en anglais)

(4) Commission des thons de l'océan Indien (IOTC en anglais)

(5) Commission des pêches du Pacifique occidental et central (WCPFC en anglais)

(6) Commission interaméricaine du thon tropical (IATTC en anglais)

(7) Total admissible de captures

(8) Rendement Maximum Durable

ÉLÉMENTS CLÉS

  • Le thon albacore est la deuxième espèce de thonidés la plus pêchée

    au monde.

  • Le stock du Pacifique occidental et central, ainsi que celui de l’Atlantique sont estimés en bon état, mais l’augmentation des captures et le dépassement des avis scientifiques et des TAC en Atlantique inquiètent les scientifiques.

  • Les stocks du Pacifique Est et de l’océan Indien sont estimés  dégradés et surpêchés.

  • La pêche sous DCP entraîne des prises accidentelles élevées de juvéniles de différentes espèces de thon et d’espèces menacées.

  • Cette espèce ne fait l’objet d’aucune taille minimale de capture.

RECOMMANDATIONS D'ACHATS

➜À privilégier : stock du Pacifique occidental et central.

➜À consommer avec modération : stock de l’Atlantique (stock estimé en bon état mais captures supérieures aux TAC et aux avis scientifiques).

➜Privilégiez les individus ayant une LF > à 115 cm, ou les grandes longes/tranches issues d’individus matures ayant eu le temps de se reproduire.

➜Vérifiez le nom latin de l’espèce : sous l’appellation thon rouge est parfois vendu illégalement du thon albacore.

➜À éviter : stock du Pacifique Est, stock de l’océan Indien.

➜Évitez le thon albacore pêché sous DCP ; certaines pêcheries sont certifiées

➜FAD free (sans DCP) et on retrouve cette appellation sur les boites de conserve.

Renseignez-vous sur l’origine du thon frais, surgelé, transformé ou en conserve, avant tout achat.